5 min de lecture Attentats à Paris

"13 novembre - Fluctuat Nec Mergitur", Netflix signe un documentaire pour la mémoire

NOUS L'AVONS VU - Sur Netflix à partir du 1er juin, la série-documentaire se veut être un devoir de mémoire de l'attentat le plus meurtrier en France, avec des témoignages inédits et souvent glaçants qui nous replongent dans l'horreur de cette soirée d'automne sanglante.

Le Carillon dans le Xe arrondissement de Paris a été visé par l'attaque terroriste du 13 novembre 2015
Le Carillon dans le Xe arrondissement de Paris a été visé par l'attaque terroriste du 13 novembre 2015 Crédit : Netflix
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Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Des images bouleversantes, des sons traumatisants, et des témoignages glaçants. Netflix vous replonge dans l'horreur du 13 novembre 2015 à travers une mini série-documentaire de trois épisodes sur les attentats de Paris et Saint-Denis, les plus meurtriers de France depuis la Seconde Guerre mondiale. Disponible à partir du 1er juin sur la plateforme de streaming en ligne, il a été réalisé par les frères Jules et Gédéon Naudet. 

Trois parties d'une cinquantaine de minutes chacune qui glacent le sang. Pourtant, 13 novembre - Fluctuat Nec Mergitur ne sera soumis a aucune restriction d'âge, ni de message préventif pour le public. Le documentaire s'ouvre sur Paris s'éveille de Jacques Dutronc accompagné d'images d'une capitale apaisée. Ce jour-là, elle profite d'un temps particulièrement doux pour un mois de novembre.

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13 Novembre : Fluctuat Nec Mergitur | Bande-annonce officielle [HD] | Netflix

La première partie se concentre, chronologiquement, sur les terrasses. Mais d'abord le Stade de France. On retrace la soirée à travers des témoignages inédits, de rescapés par exemple, comme Bilal Mokono, depuis en fauteuil roulant. Aussi le vigile qui a empêché l'un des kamikazes de s'introduire dans l'enceinte. Ou encore François Hollande, qui raconte qu'il a du prendre une décision cruciale : ne rien dire pour éviter la panique des spectateurs et garder tout le monde à l'intérieur du stade. Au total, on compte quarante témoignages : 25 de rescapés et 15 d'intervenants, dont Anne Hidalgo et Bernard Cazeneuve.

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S'enchaînent les récits des survivants des terrasses, qui se sont cachés derrière des chaises, des tables. Les appels téléphoniques passés aux pompiers et à la police tout au long de la soirée. "On tire sur la terrasse", peut-on entendre. Et ces appels qui se multiplient, les adresses qui changent, sans être jamais très éloignées les unes des autres. Les forces de sécurité qui tentent alors de comprendre ce qu'il se passe. Et où ça se passe. En à peine quelques minutes, les secours sont débordés. Et les terroristes ne sont toujours pas entrés dans le Bataclan. 

On suffoque dans le Bataclan

Là encore, des témoignages inédits d'otages des trois kamikazes dans la salle de concert. Un survivant qui raconte s'être caché dans les combles sous le toit, et que l'on entend chuchoter à la police que les terroristes tirent encore en-dessous de lui. Une otage qui rapporte que l'homme qui s'est pris une balle dans son appartement, la 89e victime de l'attaque, a en fait été abattu par un des terroristes, comme dans un jeu. "Je l'ai eu", aurait lancé le jihadiste avec un sourire. 

Des scènes détaillées qui nous font littéralement entrer dans l'enceinte de la prise d'otages, sans plus en ressortir. On suffoque avec les survivants et les victimes. On a peur avec eux. On partage leur souffrance. La peur d'y passer. 

Comme ce rescapé qui a perdu sa compagne avec qui il était au concert, et comment il a du abandonner son corps pour pouvoir lui-même sortir. Cette autre spectatrice qui a du se cacher en-dessous de corps inertes pour sauver sa peau. Autant d'histoires insupportables qui résonnent des jours plus tard et qui rappellent la douloureuse période les semaines, voire les mois, qui ont suivi l'attentat. 

Enfin, la troisième partie est davantage centrée sur l'assaut et le sauvetage des derniers spectateurs restés à l'intérieur. Le poignant récit du commissaire Molmy en charge de la BRI qui ordonne l'assaut dans la salle malgré ses doutes, pour apprendre un peu plus tard qu'un de ses amis est décédé dans la foule. Le bilan des victimes au milieu de la nuit, est toujours provisoire. Ils comptent 124 morts, il y en aura 130 en tout

Le documentaire se termine sur des discours plein d'espoir, malgré les difficultés des rescapés à "tourner la page". "À la fin, c'est toujours l'amour qui gagne, et il faut que ça reste comme ça", conclut l'une des témoins. Certains sont retournés voir les Eagles of Death Metal à l'Olympia pour le concert des rescapés, qui s'est ouvert sur une reprise de Paris s'éveille.

On avait ce besoin de trouver quelque chose de beau dans l'horreur

Les réalisateurs Jules et Gédéon Naudet
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"Ce documentaire a commencé le 11 septembre d'une certaine façon pour nous", explique sur RTL l'un des deux frères Naudet lundi 28 mai. Les réalisateurs ont été témoins et rescapés de l'attentat de New York en 2001. Ils ont été les seuls à filmer l'impact des avions sur les tours jumelles du World Trade Center et ont donc expérimenté le traumatisme de voir la mort en face à cause du terrorisme. 

Alors, lorsque la douce soirée du 13 novembre 2015 se transforme en théâtre de la terreur, ils ont senti le besoin de s'en emparer. "On est Parisiens, nos parents habitent ici, et quand c'est arrivé, on s'est retrouvés d'une certaine façon dans cette horreur", même s'ils n'y étaient pas directement. "On avait ce besoin de trouver quelque chose de beau dans l'horreur", ajoutent-ils.

"C'est un film d'auteur, ce n'est pas du reportage, ce n'est pas de l'enquête, donc c'est autre chose, c'est une parole extrêmement libre", ajoute à son tour Marie Drucker, qui co-produit la série-documentaire.

Trop tôt ?

Toutefois, l'association de victimes 13Onze15 : Fraternité et Vérité a fait part de ses "expresses réserves sur la démarches" et ses "plus vifs regrets que cette production qui se veut un documentaire sur les conséquences du terrorisme aborde le sujet en choisissant d'occulter la douleur du deuil". 

C'est ce que l'association a notamment envoyé à ses adhérents après avoir reçu l'un des deux réalisateurs à son siège. Elle regrette notamment que le choix ait été fait de ne faire parler que des survivants et non des proches de victimes, horsmis deux témoins mais qui sont aussi des rescapés. Sur son compte Twitter, l'association a ainsi dénoncé : 

Jointe par RTL.fr, 13Onze15 estime également qu'il est "encore trop tôt" et que "même si l'on s'en défend", "il y a derrière tout cela une forme de sensationnalisme" ainsi qu'une "forme d'exploitation commerciale", pointant ainsi la volonté, intrinsèque à une telle production, d'avoir de l'audience. Cela se traduit dans la construction du documentaire : la première partie se termine par exemple sur les premiers coups de feu au Bataclan enregistrés sur des images amateur. Une fin d'épisode qui peut rappeler les méthodes du cliffhanger, utilisé par des séries classiques pour susciter l'envie de voir la suite.

Quant à la seconde association de victimes, Life for Paris, d'après son porte-parole contacté par RTL.fr, l'ancienne présidente, Caroline Langlade, a mis en relation les réalisateurs avec la plupart des rescapés présents dans le documentaire. Caroline Langlade a fait la promotion de 13 novembre - Fluctuat Nec Mergitur sur les réseaux sociaux. Et les témoins auraient été plutôt satisfaits du rendu selon le porte-parole. Il précise que l'association respectera sa politique concernant toutes les œuvres qui ont un rapport avec l'attentat de novembre : ne pas commenter. 

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2018-06-01 08:35:00
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