1. Accueil
  2. Culture
  3. Arts et spectacles
  4. "Take Me I'm Yours" : l'expo qui bouleverse le rapport entre l'art et son public
2 min de lecture

"Take Me I'm Yours" : l'expo qui bouleverse le rapport entre l'art et son public

REPLAY - Le musée La Monnaie de Paris propose jusqu'au 8 novembre, l'exposition "Take Me I'm Yours". Le principe : payez l'entrée, admirez les œuvres inédites d'une quarantaine d'artistes, et emportez-les si vous le souhaitez.

L'exposition "Take me I'm Yours" s'installe à la Monnaie de Paris jusqu'au 8 novembre
L'exposition "Take me I'm Yours" s'installe à la Monnaie de Paris jusqu'au 8 novembre
Crédit : ERIC PIERMONT / AFP
"Take Me I'm Yours" : l'expo qui bouleverse le rapport entre l'art et son public
03:10
Monique Younès & Mathilde Cesbron

À la Monnaie de Paris, les visiteurs payent 12 euros l'entrée, mais peuvent emporter tout ce qui est exposé. C'est le concept de Take Me I'm Yours, (prenez-moi, je suis à vous)  que l'on peut visiter jusqu'au 8 novembre. Quel intérêt ? Nous faire réfléchir. Cette exposition ne ressemble à aucune autre. C'est d'ailleurs plus une proposition qu'une exposition à proprement parler. On interroge d'ailleurs le rôle de ces expositions où les œuvres sont sacralisées, intouchables et visibles à une distance respectable, avec la menace pesante des alarmes stridentes. Lieux policés et quelque peu policiers. Faire une exposition sur le don, l'échange dans un monde archi surveillé, enregistré, et où le commerce règne sur l'art.

C'est une exposition très politique. Le commissaire de l'exposition Take Me I'm Yours est Zurichois, il s'appelle Hans Ulrich Obrist, et c'est un des hommes les plus influent de l'art contemporain. Il a demandé à 44 artistes de 5 générations différentes d'imaginer des œuvres, de la carte postale à l'application numérique. Que peut-on emporter ? Plein de choses. Des confetti portant l'inscription "be quiet" de James Lee Byars. Je n'ai pas touché aux vieux habits abandonnés par Christian Boltanski parce que j'étais certaine de ne jamais les porter, en revanche j'ai pris un badge de Gilbert et Georges, une carte postale de Yoko Ono, j'ai même échangé un euros contre un écu. N'oublions pas que nous sommes à la Monnaie de Paris, un lieu, où il est question d'échange, et même du taux de change. J'ai pris aussi un dvd qui s'efface au fur et à mesure qu'on le lit, il a été imaginé par Philippe Parenno, pour finir, je n'ai pas résisté aux bonbons bleus qui tapissent l'œuvre de Felix Gonzales Torres.

Derrière le côté ludique, un message

Mais derrière le côté amusant, ludique, il y a parfois un message. Felix Gonzales Torres, l'auteur de cette distribution de bonbons, était un artiste américain d'origine cubaine. En 1995, atteint du sida, sachant qu'il ne lui reste plus longtemps à vivre, il expose à la Serpentine Gallery de Londres  son poids en bonbon. Plus les gens prenaient des bonbons plus son poids disparaissait, symbolisant l'avancement de sa maladie. Il est mort en janvier 1996. C'est l'hommage que lui rend la monnaie de Paris où l'exposition Take Me I'm Yours vous permet aussi de sentir, de tester et même d'échanger des œuvres. Car vous pouvez en apporter, aussi. Et si vous ne voulez pas payer les 12 euros du ticket d'entrée, sachez que samedi c'est la nuit blanche à Paris et l'exposition à la Monnaie de Paris sera gratuite de 19h à 7h du matin. 

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/