2 min de lecture Littérature

Louis Aragon vu par Jean d'Ormesson, l'un de ses admirateurs

PORTRAIT - Jean d'Ormesson était fasciné par le poète Louis Aragon. Il lui avait rendu hommage à de multiples reprises.

L'Homme du jour
L'Homme du jour du 05 décembre 2017
Crédit Média : Bénédicte Tassart Crédit Image : AFP

Jean d'Ormesson admirait Louis Aragon plus que tout. S'il devait se faire tatouer un prénom, ce serait celui d'Aragon, disait-il : "Ce nom sonore qui n'a pas besoin de prénom". Quand l'auteur des Yeux d'Elsa est mort en 1982, Jean d'Ormesson lui rend hommage dans un article publié dans Le Figaro et intitulé "Tombeau pour un poète".

"Aragon était sans doute le dernier des géants de notre histoire, écrit-il. Ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas se retrouveront dans le souvenir de ce magicien sans égal, réaliste et lyrique, sentimental et narquois, imprudent et superbe".

Et pourtant, au premier abord, rien ne rassemblait d'Ormesson et Aragon. "Tout me séparait de lui, et avant tout le communisme", raconte d'Ormesson. L'un des créateurs du mouvement surréaliste avait adhéré au Parti Communiste en 1927. Il y avait également un rôle de dirigeant. Aragon s'est bâti sur trois rencontres, explique d'Ormesson : André Breton, Elsa Triolet et Staline.

Aragon n'a pas besoin d'académie pour devenir immortel, il l'est déjà

Jean d'Ormesson
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"Je n'ai jamais été communiste, rigolait Jean d'Ormesson. Mais le communisme, comme la religion, est une façon d’espérer. J'ai toujours admiré les communistes qui attendaient la révolution. Avec Aragon, nous sommes unis par l'amour des livres et des mots, par la puissance des rêves". Et comme trait de génie de l'écriture d'Aragon, de citer cette première phrase du roman Aurélien : "La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide".

Il aimait tellement Aragon qu'il avait essayé de le faire entrer à l'Académie française. "J'ai réussi avec Marguerite Yourcenar, mais j'ai échoué avec lui. Mais Aragon n'a pas besoin d'académie pour devenir immortel, il l'est déjà..." Alors, en hommage, d'Ormesson pique des vers d'Aragon pour les titres de ses livres : C'est une chose étrange à la fin que ce monde en 2010 et Un jour je m'en irai sans avoir tout dit en 2013. Ces deux vers sont tirés du poème Les Yeux et la mémoire que d'Ormesson récitait par cœur. "Les mots d'Aragon, il me suffit d'y penser pour que les larmes me viennent au yeux".

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