1 min de lecture Décès

Laurent Gerra emprunte la voix de Jean d'Ormesson en guise d'hommage

L'humoriste a régulièrement emprunté la voix de l'écrivain et académicien, décédé dans la nuit du 4 au 5 décembre 2017.

Laurent Gerra
Laurent Gerra prend la voix de Jean d'Ormesson, disparu à l'âge de 92 ans
Crédit Média : Yves Calvi Crédit Image : Romain Boé
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Faut-il dire "le" ou "la" ministre ? Jean d'Ormesson, imité par Laurent Gerra, a la réponse. "J'entends encore François-René de Châteaubriand, que j'ai très bien connu, me dire un jour de séance plénière à l'Académie française, je le cite, deux points, et j'ouvre ses illustres guillemets : 'Les zélateurs de la féminisation à tout-va tentent d'imposer leur ignorance en piétinant la grammaire, ce qui est une manière de crime culturel'. Car la grammaire est un des piliers essentiels de la langue, et donc de la civilisation".

"Comme l'avait déjà précisé le fondateur de l'Académie, Richelieu, que j'ai très bien connu, le mot ministre est du genre masculin du genre non marqué, héritier immémorial du neutre latin", poursuit l'écrivain, toujours imité par l'humoriste. 

"Par conséquent, si une femme, qui est une personne, occupe cette fonction, elle doit en accepter le genre, et donc admettre de se faire appeler 'madame le ministre', de même qu'on dit 'madame l'ambassadeur' ou 'madame le préfet'", ajoute-t-il.

Un hommage à l'homme de grammaire

"Pourtant l'usage tend à l'emporter sur la grammaire", lui fait remarquer Mademoiselle Jade. "Vous avez raison. Et pour être honnête, je vous avouerais que parfois je ne parviens pas bien à distinguer la fonction de la personne", concède alors Jean d'Ormesson.

Et de donner un exemple : "Si vous dites 'Le cafetier a renversé la cafetière sur le lit' ou 'Le cuisinier a astiqué la cuisinière', vous voyez bien que les personnes et les fonctions ne peuvent pas se confondre. car si vous dites 'La cuisinière a astiqué le cuisinier', il est évident qu'alors la personne n'a pas la même fonction que dans la situation précédente", fait remarquer l'académicien, toujours imité par Laurent Gerra.

Conclusion ? "Comme me le susurra un jour Madame de Staël, que j'ai très bien connue, 'en grammaire comme en amour, faisons fi des vieilles lois'. Il faut vivre avec son temps. Finalement qu'on dise  'madame le ministre' ou 'madame la ministre', cela ne me gêne pas. Je dirais même, comme le disait mon ancêtre, je m'en tamponne le coquillard", conclut-il.

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