2 min de lecture Jean d'Ormesson

Jean d'Ormesson, la mort d'un Immortel

PORTRAIT - Jean d’Ormesson, célèbre écrivain et académicien français, est mort d’une crise cardiaque dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de 92 ans.

Jean d'Ormesson, la mort d'un Immortel
Crédit Média : Bernard Lehut Crédit Image : NICOLAS MESSYASZ/SIPA

"Les bains de mer, les femmes et les livres... voilà, dans l'ordre, ce que je préfère". Jean d'Ormesson, qui est décédé dans la nuit de lundi 4 à mardi 5 décembre à l'âge de 92 ans, s'amusait à répéter cela. Comme toujours chez lui, l'apparente légèreté recèle une vérité profonde et ce bon mot résume bien l'homme : un épicurien voué au bonheur, un séducteur insatiable et un érudit joyeux.

Son éducation et ses origines aristocratiques y sont pour beaucoup. Le petit Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d'Ormesson, surnommé le moustique en famille, passe son enfance entre le château maternel de Saint-Fargeau dans l'Yonne et les pays où son père, André, est nommé ambassadeur : l'Allemagne en pleine montée du nazisme, la Roumanie, le Brésil. De retour à Paris, élève à Normale Sup, puis agrégé de philosophie, Jean d'Ormesson papillonne dans les années d'après-guerre, d'une carrière à l'Unesco au journalisme et à l'écriture.

Il publie en 1956 son premier livre L'amour est un plaisir, sans succès. La reconnaissance des lecteurs vient dix ans plus tard avec Au revoir et merci. Sacrée pirouette du destin puisque l'ouvrage est censé sonner l'adieu de Jean d'Ormesson à la littérature. Deux autres réussites suivent, La Gloire de l'empire et Au plaisir de Dieu consacré au berceau familial de Saint-Fargeau.

J'ai été de ceux qui ont dit avec un côté presque benêt que je suis le ravi de la crèche

Jean d'Ormesson
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En 1973 Jean d'O, comme l'appelle ses proches, est élu à l'Académie française. Un an plus tard il décroche son bâton de maréchal journalistique en prenant la direction du Figaro. Il démissionnera en 1977. Sur le plateau d'Apostrophes, le charme de sa conversation et ses yeux bleus crèvent régulièrement l'écran. Jean d'Ormesson conquiert définitivement le public en se revendiquant comme l'écrivain du bonheur. "Au fond, j'ai été de ceux qui ont dit avec un côté presque benêt que je suis le ravi de la crèche, c'est-à-dire un crétin qui dit que la vie est belle", lançait-il à l'époque.

L'image d'un éternel jeune homme

Et c'est peut-être pour s'entendre dire une dernière fois que la ville est belle que François Mitterrand a invité Jean d'Ormesson, homme de droite, à partager son petit déjeuner le matin de son départ de l'lysée en 1995. Le tête-à-tête garde aujourd'hui encore son mystère.

L'auteur de C'était bien n'a jamais porté de montre comme pour mieux défier le temps qui passe, ça lui réussissait. Pieds nus dans ses mocassins, une autre de ses habitudes, l’œil malicieux, le teint toujours hâlé, de retour du ski ou d'une virée en mer, Jean d'Ormesson nous laisse l'image d'un éternel jeune homme.

Jean d'Ormesson, mort d'un Immortel
Crédit Média : RTLnet Crédit Image : NICOLAS MESSYASZ/SIPA
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