2 min de lecture A la croisée des destins

Gérard de Villiers, le romancier aux 200 "SAS"

À LA CROISÉE DES DESTINS - L'écrivain baroudeur Gérard de Villiers, décédé en 2013, avait publié la célèbre série de romans "SAS" qui raconte les aventures du prince autrichien Malko Linge.

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Gérard de Villiers, le romancier aux 200 "SAS" Crédit Image : AFP / Archives, Patrick Kovarik | Crédit Média : Jean-Alphonse Richard | Durée : | Date : La page de l'émission
Jean-Alphonse Richard
Jean-Alphonse Richard Journaliste RTL

1965 : le père de James Bond, Ian Fleming, vient de mourir. C'est le moment pour Gérard de Villiers de croiser son destin avec Malko Linge, SAS prince du château de Liezen. Le successeur de 007 est une mosaïque de maîtres espions croisés par l'auteur.

SAS à Istanbul est le premier opus des aventures de Malko. 199 vont suivre, et faire le tour du monde : de Escale à Pago Pago à La veuve de l'ayatollah, en passant par Mortelle Jamaïque. La recette Villiers met vite en couverture des filles pulpeuses et vénéneuses armées de kalachnikovs. Les serveuses du George V sont les premières à jouer les covergirls.

Sexe, violence, barbouzes et dictateurs : Gérard de Villiers écrit un opéra de papier en noir et blanc, le bien le mal. Il a choisi son camp.

Succès total : un SAS est acheté toutes les quinze secondes à la fin des années 70. Gérard de Villiers est le Victor Hugo du roman d'espionnage. Mais c'est un homme seul.

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Entre deux voyages et la sélection des Malko girls pour la prochaine couverture, de Villiers roule en Jaguar et reçoit avenue Foch. Cigare et costume blanc : une belle réussite pour cet aristo né, comme Malko, désargenté. "Quand vous êtes au fond d'une mine d'or à creuser, vous avez beaucoup de mal à jeter votre pioche, même si vous êtes fatigué. Ça finit par être une prison dorée", explique-t-il.

Une prison où l'écrivain est seul face à son double. Car même si SAS n'est pas qu'une collection sulfureuse, même si de Villiers a annoncé l'assassinat de Anouar el-Sadate ou le bourbier syrien, c'est un paria littéraire. Même le cinéma, où James Bond triomphe depuis longtemps, le boude. On compte seulement deux films à la gloire de SAS, vite oubliés.

La reconnaissance viendra presque trop tard. Déjà victime d'un cancer qui le ronge et dont il ne dit rien, la presse américaine célèbre Gérard de Villiers comme un visionnaire. Il a 83 ans. Il rentre d'Afghanistan, son dernier voyage, écrit Sauve-qui-peut à Kaboul, puis La vengeance du Kremlin, l'ultime SAS.

Gérard de Villiers, décédé en octobre 2013, ne souhaitait aucune suite. Malko est mort avec lui.

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