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Xavier Bertrand : "Sarkozy espionne les journalistes ? Du grand n'importe quoi !"

Le secrétaire général de l'UMP répondait aux questions de Philippe Corbé mercredi matin. Xavier Bertrand a qualifié de "grand n'importe quoi" les accusations du "Canard enchaîné" selon lesquelles Nicolas Sarkozy supervise "personnellement" l'espionnage de certains journalistes chargés de la couverture d'affaires sensibles. Il a par ailleurs jugé "possible" que Jean-François Copé prenne sa place à la t^te du parti majoritaire, soulignant que cette question relevait du choix de Nicolas Sarkozy.

Xavier Bertrand invité de RTL le 3 novembre 2010
Xavier Bertrand invité de RTL le 3 novembre 2010 Crédit : La rédaction de RTL
Jean-Michel Aphatie et La rédaction numérique de RTL

La chronique en vidéo :



Philippe Corbé : Bonjour, Xavier Bertrand.


Xavier Bertrand : Bonjour.

Titre du "Canard Enchaîné" ce matin à la "Une" : "Nicolas Sarkzoy supervise l'espionnage des journalistes". Alors ?

C'est du grand n'importe quoi. Ce n'est pas la première fois que le Canard Enchaîné est pris en flagrant délire. Ce n'est pas la première fois, mais bon, il reste dans la même veine.

C'est du grand n'importe quoi, et pourtant il y a quelques mois, vous disiez à propos de ces journalistes qu'ils avaient des "méthodes fascistes". S'il y vraiment a des "méthodes fascistes" dans ce pays, c'est normal que l'Etat les contrôle, les surveille.

Ne confondons pas ! J'ai dit cela précisément sur les méthodes qu'avait utilisé Médiapart dans un dossier précis. Mais quand je vous dis que ce n'est pas la première fois pour le "Canard Enchaîné". Rappelez-vous : voilà quelques mois, le "Canard Enchaîné" avait dit que dans le futur avion du Président de la République, il y aurait même une baignoire. Une baignoire, c'était déjà du grand n'importe quoi. Et je crois, vous même sur votre antenne, vous aviez repris cette information complètement farfelue.

Ce qui avait corrigé par la suite.

Ben voilà, ça avait été corrigé à la suite.

Et bien voilà, on verra si le "Canard Enchaîné" corrige. L'UMP organise aujourd'hui la première de ses conventions thématiques qui doivent préparer le projet du parti pour la présidentielle 2012. Le premier sujet auquel vous vous attaquez, est un gros sujet : l'Education nationale. Il y a une semaine, Jean-François Copé vous a un peu coupé l'herbe sous le pied en proposant d'établir un examen à la fin du CM2 pour empêcher que des élèves qui ne maîtrisent pas bien la lecture et l'écriture rentrent en Sixième. Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise idée ?

Et si on parlait de complémentarité. Complémentarité entre les travaux que peuvent faire les clubs comme Génération France...

... Celui de Jean-François Copé.

Complémentarité avec également les travaux qui ont eu lieu dans les départements. On a eu à Sète, la semaine dernière, à Vitré également, des ateliers pour préparer justement, ce rendez vous sur l'éducation, avec une idée phare : tout commence par l'éducation, c'est le titre de ce rendez-vous.

Examen en fin de CM2 ?

Je vais y venir... Sur lesquels ont travaillé notamment Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez. Et on travaille tous ensemble. D'ailleurs, j'ai invité à travailler cet après-midi, Jean-François Copé, comme les secrétaires nationaux à l'éducation.

Vous allez applaudir son idée d'examen à la fin du CM2 ?

Alors là -essus, on a un point qui est précis. Un constat : au moment où on rentre au collège, 15% des enfants ne savent pas lire. Voilà la réalité aujourd'hui. Et si vous faîtes l'examen à la fin, je suis tenté de dire qu'il est déjà très tard.

Donc, c'est une mauvaise idée ?

Non, attendez, ne cherchez pas à caricaturer. Ce sont des sujets sérieux, que les sujets de l'éducation et qu'il faut bien voir, on parle des enfants, on parle de ce qu'on a de plus cher, et que ça vaut la peine d'élever les questions...

Il faut passer l'examen plus tôt ?

Oui, beaucoup plus tôt. Et l'objectif que je veux fixer, que le Mouvement populaire veut fixer, c'est que 100% des enfants à la fin du CE1 puissent maîtriser les savoirs fondamentaux : la lecture et l'écriture. Parce que si, à la fin du CE1, vous n'avez pas réglé ces problèmes pour les enfants, après il est beaucoup trop tard. Et il faut savoir que tous ces jeunes qui ne maîtrisent pas la lecture ou l'écriture, ces savoirs fondamentaux, après c'est beaucoup plus compliqué pour eux et c'est là qu'ils sont décrochés.

Qu'est-ce qu'il se passe à la fin du CE1, s'ils ne maîtrisent pas la lecture. Est ce qu'ils redoublent ?

Non, stage intensif. Stage intensif, l'été pendant les vacances, ça peut être aussi en dehors des cours.

Avec des professeurs virtuels ou d'autres professeurs ?

Il y a un constat, il y a un objectif, il y a ensuite des moyens. Nous proposons notamment que les recteurs passent avec les écoles, des contrats pour pouvoir justement voir comment on va progresser dans telle ou telle école. Et de proposer aux professeurs, leur laisser le choix pour qu'ils aient à la fois de nouvelles responsabilités, qu'ils aient aussi de nouvelles rémunérations...

Des heures sup rémunérées ?

Ecoutez, l'école républicaine c'est que le soutien scolaire c'est que ça ne soit pas réservé à quelques uns et que le soutien scolaire soit fait à l'école, par les professeurs. C'est la conception que je me fais de l'école républicaine.

20% des élèves quittent le collège avec de graves lacunes en français et en maths, selon un récent rapport du Haut Conseil de l'Education. Est-ce qu'il faut mettre fin au mythe du collège unique en France ?

Oui, à l'idée du collège unique, je préfère l'idée du collège pour chacun. Et je ne joue pas du tout sur les mots. L'idée est la suivante : c'est que les enfants sont différents. Mais que ça n'est pas avec une structure unique, avec une pédagogie unique que l'on peut régler les problèmes.

C'est quand même l'idée d'un socle culturel commun pour toutes les générations de Français ?

Ce n'est pas du tout la même chose. Le socle commun, il est essentiel ; et il faut à mon sens, centrer l'école là dessus : lire, écrire, compter. Il faut aussi que l'école sache ouvrir les enfants. C'est la question des langues étrangères qu'il faut développer. C'est la question aussi, pour moi aussi, c'est pas un tabou, de l'ouverture sur la vie professionnelle. C'est quelque chose d'essentiel. Mais ce que nous proposons par exemple, c'est qu'il y ait moins de professeurs différents au collège, en Sixième/Cinquième, mais qu'ils puissent justement dispenser plus de matières, et être plus présents devant les enfants...

Et tout cela avec plus de liens avec le primaire ?

Voilà, c'est-à-dire que l'on puisse avoir en quelque sorte, primaire et collège, une logique renforcée, comme on pourrait avoir lycée-université, une autre logique renforcée. Je pense que c'est aussi, en ouvrant davantage les jeunes sur le monde professionnel que l'on peut réussir notre idée. L'idée des Troisièmes pro existe, l'idée de Quatrième pré-pro, c'est-à-dire que l'on puisse dès la Quatrième pouvoir davantage expliquer avec des modules professionnels ce que sont les métiers qui seront enseignés dans un lycée professionnel.

Parmi les sujets dont on parle souvent à Droite ou à Gauche, à propos de l'école, l'idée d'un code vestimentaire commun. Est-ce que vous voulez, vous, peut-être jusqu'à une sorte d'uniforme ou de tenue pour tout le monde ?

Je sais qu'on entend souvent cela. Je sais qu'il y a régulièrement un débat. Imaginez que tous les enfants de France, 12 millions d'élèves aient tous un uniforme, c'est une image qu'on voit au Japon, en Allemagne, en Angleterre. Je ne suis pas sûr que ce soit transposable en France. En revanche, qu'il y ait une tenue correcte, une tenue décente, je pense que c'est indispensable.

Ca pourrait être quoi ? Un tee-shirt commun, de la même couleur pour tout le monde ?

Il y a différentes initiatives dans certaines écoles aujourd'hui. On dit aux enfants, c'est le cas du règlement intérieur, ça doit être un tee-shirt. En Outre-Mer, les jeunes en Martinique, je crois, ont à la fois un jean et un chemisier. Ca doit être l'initiative de qui ? De chaque établissement. Et je pense d'ailleurs qu'il faut, et c'est ce que je vais proposer, qu'il y ait en quelque sorte, une charte entre l'établissement et la famille. Vous savez, j'ai des enseignants qui m'ont dit l'autre jour à Saint-Quentin : "Le dialogue avec les parents, on l'a souvent à la grille de l'école". Il faut qu'il y ait un véritable entretien personnalisé. Cette question de la tenue décente, de règle vestimentaire. Elle peut se faire dans l'établissement, avec le règlement intérieur. Mais je pense, qu'imposer pour tout le monde de la même façon, je ne suis pas sûr que ce soit dans nos traditions.

Ce n'était quand même pas très sympa de la part de Jean(-François Copé de vous avoir coupé l'herbe sous le pied, déjà qu'il va vous prendre votre place à la tête de l'UMP dans quelques jours.

Ecoutez, j'entends, je lis tout cela. Est ce que Jean-François Copé peut me succéder à la tête de l'UMP. C'est possible.

Il fera un bon secrétaire général de l'UMP ?

Ce que je sais, c'est que le secrétaire général de l'UMP, sera nommé par le Président de la République. Parce que celui qui est à la tête de sa famille politique, relève forcément de la nomination du Président de la République. Maintenant ce sera le choix du Président de la République le remaniement ministériel.

Jean-Louis Borloo sera aussi un bon Premier ministre ?

Je vous l'ai dit, c'est le Président de la République qui choisit.

"Colombo", c'est son surnom parmi les députés UMP...

Ecoutez, j'entends beaucoup de choses. Il y a en ce moment vous savez, certains de nos amis parlementaires ne sont pas très sympas dans leurs commentaires. Ce n'est pas nouveau, il y a toujours beaucoup d'agitation avant les remaniements. Ce que je sais, c'est que pour les Français qui nous écoutent, je pense que les questions d'éducation les intéressent.

Et vous, vous rentrez au gouvernement ? Vous entrez au gouvernement, Xavier Bertrand ?

Ma situation, mon emploi dans trois semaines ou dans un mois, ça n'intéresse personne. En revanche, la question de faire reculer le chômage, ça, ça intéresse tous les Français. La question de la dépendance...

Ce qui vous intéresse, c'est d'aller aux Affaires sociales et à l'Emploi ?

Oui, je pourrais aussi vous dire que continuer à ce que dans notre pays, on continue à vivre en sécurité, c'est un objectif.

Au ministère de l'Intérieur ?

Juste un point, juste un point. Ne nous trompons pas. Si nous n'avons pas les mêmes priorités que les Français, les Français s'éloigneront de la politique ; et ça j'en ai vraiment pas envie.

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