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Xavier Bertrand à propos des retraites : "Il y a de la place pour le dialogue"

Le secrétaire général de l'UMP répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. "Quand certains responsables politiques et notamment le Parti socialiste, nous disent qu'il faut retirer cette réforme (sur les retraites, Ndlr), ce n'est tout simplement pas possible", a lancé Xavier Bertrand. "Quand il y a des manifestants qui disent 'il faut des précisions, il faut des avancées notamment sur la pénibilité, les polypensionnés', là oui, il y a une nécessité de continuer le dialogue", a-t-il ajouté.

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Xavier Bertrand.

Xavier Bertrand : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Les manifestations d'hier contre le projet de réforme des retraites vous ont-elles impressionné, Xavier Bertrand ?

Il y avait du monde. Il y avait du monde dans la rue...

Plus que vous ne l'imaginiez ?

C'est une mobilisation importante à laquelle on s'attendait, les responsables syndicaux l'avaient dit, on voyait bien que c'est une manifestation importante ; et pourquoi ? Parce que c'est une réforme importante. Alors, il faut respecter celles et ceux qui ont défilé hier, qui ont manifesté, en faisant bien attention au message qui s'est exprimé.

C'est-à-dire ?

Quand certains, notamment des responsables politiques comme le Parti socialiste, nous disent qu'il faut retirer cette réforme et ne pas réformer, c'est tout simplement pas possible.  Par contre quand il y a des manifestants qui disent, "il faut des précisions", "il faut justement des avancées sur la pénibilité, les polypensionnés", là oui, il y a une nécessité de continuer le dialogue en permanence. Je fais bien la différence entre les deux positions : la position des salariés qui disent : on me demande de travailler plus longtemps mais dans ces cas-là, il faut des aménagements. Il y en a déjà un certain nombre dans la réforme.

Par exemple - et je pense qu'il y a un besoin de pédagogie très important -, certains nous disent : "Mais moi, j'ai commencé à travailler très jeune, avant 18 ans ; je ne veux pas aller jusqu'à 62 ans". Ces personnes-là n'iront pas jusqu'à 62 ans. Ces personnes-là partiront à 60 ans. Ca a été peu dit, hier, dans les défilés ; j'ai envie de le répéter, de le rappeler et de dire que sur ces points, il y a de la place pour le dialogue.

Donc, le Président de la République, tout à l'heure en Conseil des ministres, devrait préciser sur quel point, polypensionnés, carrière longue, pénibilité... Le projet de loi peut évoluer ? François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, donc qui est du côté des manifestants gentils, pas du côté des socialistes méchants, puisque je vois que vous faites une petite distinction entre les deux... Le secrétaire  général de la CFDT : "Que l'âge de départ à la retraite à taux plein fixé dans la loi à 67 ans, demeure là où il est aujourd'hui : à 65 ans". Et Gérard Larcher, président du Sénat, a expliqué ceci dans "Le Monde" d'hier : il faut que l'on chiffre la proposition de la CFDT, qu'on l'analyse, ce sera le travail du Sénat. Sur ce point, le projet de loi peut-il bouger, Xavier Bertrand ?

7 milliards d'euros manqueraient à l'horizon 2020, 2023. On fait comment ?

Donc, il ne le sait pas, Gérard Larcher !

7 milliards d'euros manqueraient.

Donc, Gérard Larcher ne le sait pas!

Je vais vous dire une chose sur ce point. Déjà il faut bien préciser les éléments que vous venez d'évoquer. L'âge de la retraite qui sera fixé en 2020, c'est 62 ans. Ce n'est pas 67 ans. Parce qu'on entend beaucoup de choses aujourd'hui. Il y a un peu - je tiens à le dire aussi - beaucoup de confusion dans les esprits, c'est 62 ans.

La possibilité de partir à la retraite, ce sera 62 ans ?

65, 67 ans, c'est l'âge auquel ne s'applique plus la moindre décote si jamais vous n'avez pas eu l'ensemble de vos trimestres. Ca veut dire qu'aujourd'hui, ça concerne à peu près 15 à 18% des Français. Je ne laisserais pas s'installer l'idée qu'on a changé, repoussé au-delà de 62 ans. C'est bien 62 ans.

62. Il est hors de question, d'après vous, que le moment où l'on touchera une retraite à taux plein, revienne  à 65 ans puisque dans le projet de loi, il est prévu que ce soit 67 ans. Il est hors de question que ça revienne à 65 ans, d'après vous ?

Jean-Michel Aphatie, on repousse de 60 à 62 ans, l'âge légal de la retraite. Il y a une cohérence, une logique à repousser donc de deux ans, les autres bornes d'âge, mais surtout je vais vous le dire : dans ces cas-là, la réforme ne serait plus financée ; dans ces cas-là, il vous manque 7 milliards d'euros ; et on va dire quoi aux Français ? Eh bien écoutez, parce qu'il y a ça qui nous a été demandé, eh bien tant pis ! Cette réforme n'est pas financée. Nous faisons, nous, un choix : c'est de sauver la retraite par répartitions. C'est vrai que ça demande du courage.

Alain Duhamel disait tout à l'heure, c'est vrai que pour les sondages, c'est vrai que ce n'est pas confortable de réformer, ça c'est vrai. Réformer, ce n'est jamais confortable et c'est même, je vous le dis franchement, pas forcément bon pour les sondages ; mais c'est vrai aussi que c'est la première fois qu'un gouvernement après trois ans et demi, continue des réformes importantes. Alors, c'est vrai qu'il faut du courage, c'est vrai.

Et d'ailleurs, je voudrais dénoncer ce matin l'attitude du Parti socialiste avec une hypocrisie totale de madame Aubry, hier, dans la presse. Ca a été peu souligné, je voudrais revenir... Hier, dans la presse dans le Parisien Aujourd'hui, madame Aubry dit la chose suivante très clairement. Elle dit : "Nous défendons la liberté pour les salariés de pouvoir partir à 60 ans, cela ne signifie pas de donner une retraite à taux plein pour tous les salariés à 60 ans". Ce qui veut dire que par hypocrisie, elle, elle veut garder les 60 ans mais elle veut, dans ces cas-là, baisser les pensions des retraités français. Nous, il n'en est pas question. Et ça, c'est tout le problème ! Quand on n'a pas le courage de regarder la réalité en face, on est obligé, dans ces cas-là, de baisser les pensions ; pas nous.

Voilà, c'est dit. On va suivre le débat sur les retraites. Il y aura, sans doute, une manifestation. Le Président de la république parle tout à l'heure ; donc, nous aurons l'occasion, Xavier Bertrand, d'en reparler.Vous acceptez de parler de votre rentrée politique à vous, Xavier Bertrand ?

Volontiers.

Vous avez été un punching-ball formidable depuis la fin août. "L'UMP manque de dynamisme, d'idées, d'adhérents" ; et comme c'est vous, le Chef de l'UMP, et que ces critiques-là sont venues de votre Parti, de membres de votre parti...

De quelques-uns.

Oui. Voilà. Jean-François Copé. Les deux ministres, plus Christian Jacob, qui ont signé une tribune dans "Le Figaro". Patrick Devedjian... Il y a un climat. Comment vous le vivez, Xavier Bertrand ?

Ecoutez, la première des choses quand on est à la tête de sa famille politique, quand on est dirigeant d'un parti politique, on me l'avait dit avant, je peux vous le confirmer, ce n'est pas le job, ce n'est pas la mission la plus facile. Mais c'est certainement l'une des plus passionnantes.

Vous avez envie d'y rester ?

Ah je n'ai pas la bougeotte !

Vous n'avez pas envie de quitter ce poste ?

Voilà un peu plus d'un an et demi, j'ai quitté le gouvernement volontairement. J'étais au ministère du travail, vous le savez bien, après avoir été ministre de la santé, j'étais ministre cinq années. Et quand ce choix m'a été proposé, quand j'ai été élu par le Bureau politique, oui j'ai eu le sentiment d'avoir une tâche passionnante à relever. Un an et demi après, je n'ai pas la bougeotte, Jean-Michel Aphatie...

Vous voulez aller jusqu'au bout du quinquennat ?

Ecoutez, la question c'est de savoir là où je suis utile. Je pense que je suis utile à la tête du Mouvement Populaire. Et maintenant ...

Si ça ne tient qu'à vous, vous voulez aller jusqu'au bout du quinquennat ?

Je vous l'ai dit : je n'ai pas la bougeotte ! Ce n'est pas dans ma nature. Maintenant ce qui est vrai, c'est que j'entends tout, je lis tout  mais moi, je ne rentre pas dans la polémique. S'il y en a bien...

Mais vous n'oubliez rien ?

Ah je n'oublie rien non plus.

D'accord.

Et s'il y en a bien un qui, là où il est, a cette vocation à rassembler à faire l'unité... D'ailleurs, la preuve ! Sur le dossier des retraites, notre unité, derrière le Président, derrière le gouvernement et autour d'Eric Woerth, c'est justement ce qui fait notre solidité pour pouvoir continuer les réformes. Vous savez ce qui intéressent les Français, ce ne sont pas les petites polémiques, c'est d'agir tout simplement pour eux.

Ca veut dire ?

C'est ce que nous faisons avec cette réforme des retraites.

Savez-vous qui veut votre place, Xavier Bertrand ?

Je ne sais pas. Voilà, il y a quelques mois, je crois que personne n'en voulait. Là aujourd'hui, il y a un certain nombre qui veulent...

Alain Duhamel...
   
... Alain Duhamel veut ma place ?

... Alain Duhamel, lundi, donnait un nom. Ecoutez : "Il est bien clair que Jean François Copé quand il se rase, le matin, et qu'il se regarde dans sa glace, voit le visage de celui qu'il voudrait voir à la tête de l'UMP". Voilà.

Vous êtes sûr qu'il n'y a que lui !

Non. Mais vous êtes sûr qu'il la veut, lui ?

Ecoutez, qu'il y ait eu des ambitions et de l'agitation, en rentrée, vous voulez que je vous dise : c'est assez courant d'ailleurs.

Mais ce n'est pas bon signe !

Eh bien, ça montre une chose, c'est qu'un parti politique, c'est quelque chose qui compte...

Non, ce n'est pas bon signe pour vous. C'est que, voilà il y a un petit problème quoi !

Ecoutez, je vais vous dire une chose. Vous me parliez des adhérents, il y a plus d'adhérents qu'il n'y en avait l'an dernier.

C'est formidable.

Est-ce que nous sommes présents notamment sur les différents dossiers dans le soutien au Président ? Oui, c'est le cas. Maintenant, je vais vous dire, Jean-Michel Aphatie, ce que j'ai dit, hier, aux parlementaires ; et j'étais très sensible à l'accueil des députés, hier, c'est que nous avons une vocation : soutenir le Président de la République ; et si nous voulons gagner 2012, il faut déjà réussir la réforme des retraites et réussir ce mois de septembre. Travailler pour les Français, il n'y a que ça qui compte.

Xavier Bertrand - qui n'est pas à la retraite de l'UMP, mais enfin, on ne sait jamais ! - était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée.
   

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2010-09-08 10:00:00