1 min de lecture Vincent Peillon

VIDEO - Vincent Peillon veut donner en 2013 une formation à 20.000 jeunes sortis du système scolaire

Le ministre de l'Education nationale répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. Vincent Peillon a annoncé qu'il souhaitait donner une formation à 20.000 jeunes sortis du système scolaire en 2013, et a jugé "raisonnable" de parvenir à un objectif de 70.000 à la fin du quinquennat. Interrogé sur les rythmes scolaires, il a indiqué qu'un "majorité des enfants" passeront "aux quatre jours et demi" d'école par semaine à la rentrée 2013.

Vincent Peillon sur RTL le 4 décembre 2012
Vincent Peillon sur RTL le 4 décembre 2012 Crédit : RTL
micro générique
La rédaction de RTL et Jean-Michel Aphatie

L'interview intégrale de Vincent Peillon :

Jean-Michel Aphatie : bonjour, Vincent Peillon,

Vincent Peillon : Bonjour,

Chaque année, 140.000 Jeunes (estime-t-on) quittent le système scolaire sans diplôme, sans perspective professionnelle. On les appelle les "décrocheurs". C'est un phénomène connu, difficile de lutter contre ce phénomène. Vous présentez un plan, tout à l'heure. Quelles en sont les principales mesures, Vincent Peillon ?


D'abord, il y a deux choses. Les décrocheurs, il faut les raccrocher ; ça, c'est une fois que c'est fait.  Et c'est le plan qu'on va proposer aujourd'hui. Il faut une mobilisation générale pour essayer de faire en sorte que ces décrocheurs que nous connaissons maintenant, nous savons les identifier  -c'était la première chose-.  Le gouvernement précédent, la Droite, je lui rends hommage, a mis en place des plateformes : 360 qui permettent d'identifier ces décrocheurs.

C'était une priorité nationale, la lutte contre le décrochage en 2009.
   
Très important parce que c'est 20 à 25% de notre Jeunesse qui se retrouvent toujours les mêmes, ceux qui viennent déjà les milieux difficiles, qui se retrouvent sans formation et dans un pays où le diplôme fait l'emploi, sans emploi. Et donc, on le voit maintenant dans la pauvreté. Ce sont des douleurs individuelles, ce sont des trajets brisés. Mais pour la cohésion sociale, la cohésion civique du pays, la compétitivité dont on parle, c'est un drame. Donc, c'était une priorité. Il faut la poursuivre.
   
On sait les identifier mais on ne sait pas mettre en face des propositions. Et donc, aujourd'hui, je réunis tous les acteurs de la lutte contre le décrochage. Ils sont nombreux les régions, les missions locales, les plateformes, les professeurs. Et nous allons travailler à mettre en face des propositions. Alors, des propositions, ça veut dire quoi ? C'est du sur-mesure.
   
Vous savez que nous avons des lycées professionnels dans lesquels il y a des places vacantes. Des entreprises qui n'arrivent pas à recruter. Le service civique de Martin Hirsch, il sera présent.

Et donc chaque fois, nous allons mettre dans les établissements un référent qui identifiera ceux qui commencent à décrocher.

Deuxièmement, nous allons mettre en place des plateformes, des réseaux "objectif-emploi" où nous allons grouper des lycées et essayer de coordonner toutes ces places vacantes. 

Troisièmement, chaque Jeune va être reçu individuellement et pourra signer un contrat objectif emploi dans lequel nous lui proposerons une formation qualifiante en lien d'ailleurs, dans un certain nombre de cas, avec les entreprises.

L'objectif que je fixe. Aujourd'hui j'ai fait une étude pour mesurer sur ces 140.000, c'est le chiffre que l'on donne, combien on était capable de raccrocher.  Le chiffre que nous venons d'obtenir, c'est 9.500.
   
Raccrocher, c'est ça, ces 140.000 Jeunes qui sortent, à peu près 10.000 qu'on arrive à retrouver et à réinsérer ?
   
Voilà. On les fait revenir. On leur donne une formation. On les prépare à l'emploi...   
   
Et vous voulez augmenter ce chiffre ? 
   
Pour cette année, objectif 2013, je souhaiterais que nous passions à 20.000. Je crois que nous en sommes capables. Vous savez que l'objectif du Président de la république est qu'on diminue par 2, c'est-à-dire il faudrait arriver à 70.000 à la fin du quinquennat.

C'est un objectif raisonnable. Je remercie d'ailleurs tous ceux qui sont impliqués : l'agence du Service Civique et d'autres qui vont mettre en face ces propositions. Nous allons aussi mobiliser, par exemple, l'ONISEP ; et chaque Jeune pourra avoir sur son Mobile une carte géolocalisée des offres de formation car les gens ne savent pas ce qui est offert aujourd'hui, y compris dans le système éducatif.

Il vous faut des moyens pour ce plan ? Ou vous le faites en prenant des crédits ici ou là ? On imagine que ça coûte cher ?
   
Non. On le fait avec les moyens de l'Education Nationale, la mobilisation des régions. Nous n'avons pas besoin d'argent. Il y a les 3.000 places que Martin Hirsch et la ministre de la Jeunesse et des Sports, Valérie  Fourneyron, mobilisent mais elles étaient budgetées car vous savez aussi, une des difficultés de l'agence du Service Civique qui est une belle idée, c'est que ça s'adresse trop à des Jeunes déjà qualifiés : BAC +2, BAC +.3, qui viennent quelques mois et nous n'atteignons pas les décrocheurs. Nous, nous les identifions les décrocheurs. Nous pouvons leur donner une formation et donc avec l'agence du Service Civique, ils auront un SAS avec une activité pendant quelques mois, et nous, l'obligation derrière de leur donner une formation qualifiante. Ca ne coûte pas d'argent. Il y a des places vides, plusieurs dizaines de milliers dans nos lycées.
   
Pourquoi ils décrochent ? La faute aux enseignants ?  A notre système d'enseignement ?
   
Ça, c'est l'autre aspect. C'est l'autre aspect. Je vous remercie.

Car l'essentiel n'est pas de guérir. C'est de prévenir ; et ce pays doit le comprendre. Et c'est tout l'objet de la réforme de l'Education que je conduis. Pourquoi ? Ces 140.000 décrocheurs, nous savons QUI ils sont. Ce sont les mêmes qui sont en difficulté en Grande Section - CP - CE1 lorsqu'ils sont petits. D'abord, ce sont des difficultés sur les apprentissages fondamentaux. Ensuite, ce sont des échecs.    
   
On commence avec ?

Très tôt. Les trajectoires quand vous les regardez en France, ce sont des trajectoires qui se construisent très petits avec une école qui, dans le fond, sacrifie, sélectionne, brutalise 25% de sa Jeunesse.
   
Et on peut corriger ça ?
   
Bien entendu. C'est l'ensemble de ce que nous faisons. Nous le faisons en formant les professeurs, en étant capable de mettre le paquet sur le Primaire, en utilisant les ressources numériques pour rendre l'école plus attrayante, en améliorant les transitions entre l'école et le collège, en revalorisant les filières professionnelles.

C'est l'ensemble de ce que j'appelle la refondation républicaine de l'école, et c'est l'essentiel car une fois qu'ils sont sortis, nous avons à nous mobiliser et  nous allons le faire, pour les rattraper mais ce qu'il faut ce n'est pas les produire. Or, c'est nous qui les produisons. C'est le système tel qu'il est qui aggrave d'ailleurs.

Ça a bien été montré par l'étude de l'INGEP qui aggrave depuis quelques années cette production de décrocheurs, et donc il faut  -et c'est la mobilisation générale sur l'école, c'est la priorité à la Jeunesse-  il faut résoudre cela.

Vous aurez l'occasion, Vincent Peillon, de dialoguer avec les Auditeurs de RTL à partir de 8h15 de ce thème spécifique du décrochage.
Un autre sujet qui est là toujours devant nous sont les rythmes scolaires. Ce n'est pas facile visiblement à traiter comme question. Combien de communes assureront 4 jours et demi de classe dans le Primaire dès la rentrée de 2013, Vincent Peillon ?
   
N'étant  pas prophète, je ne peux vous le dire ; mais j'espère le plus grand nombre possible. Ca fait partie de la priorité au Primaire.
   
(rire)
           
Il y a trois choses :  la formation des enseignants, le changement des pratiques pédagogiques et dès demain, le ministère recevra pour l'accueil des Petits en Maternelle, pour le plus de maîtres que de classes, l'ensemble des syndicats et il faut changer les rythmes scolaires car notre pays ne peut pas donner que 144 jours par an aux élèves fin de Primaire.
   
Qu'est-ce que c'est dur ?
   
Toutes les grandes réformes ...
   
... Quelle résistance !

Vous savez, pour moi c'est passionnant parce que je suis convaincu que si on arrive, personne n'a réussi jusque là, ça veut dire que la France pourra se redresser. Je comprends tous les intérêts particuliers. Je comprends toutes les réticences. Je comprends toutes les inquiétudes mais je suis convaincu qu'autour de nos enfants, on peut se rassembler, se redresser, montrer qu'on va le faire. Je ne lâcherai pas, vous le savez, le morceau. J'ai le soutien du Président de la république. A la rentrée 2013, une majorité des enfants français seront aux 4 jours et demi. C'est leur intérêt et l'intérêt du pays.

Combien de communes ?  Le plus grand nombre.  Au moins le chiffre est précis !
Moi je fixe, je l'ai dit, plus de la moitié des enfants de France doivent être déjà ...
   
...D'accord...

... Et en 2014, précisons-le, tous les enfants de France.
   
D'accord. Arnaud Montebourg, votre collègue, a failli démissionner parce qu'il n'était pas content que Florange n'ait pas été nationalisée. Vous le soutenez ?
   
Je ne sais rien de tout ça. Le gouvernement est solidaire.
   
Vous n'avez pas lu les journaux ?

 
J'ai une amitié ...Je les lis le moins possible ... et de moins en moins.
   
(rire) ... Eh bien, dis donc pour un ministre de l’Éducation, c'est un bel exemple !
   
Mais oui, mais je lis quelques livres, ce n'est pas inutile, et surtout les commentaires personnels. J'ai une grande amitié pour lui. Je sais ce qu'il est capable de faire. J'ai mené, vous le savez, avec lui des combats. Je pense, par exemple, contre le blanchiment qui revient très à la mode : la taxe Tobin.  Il a sa nature, il est utile au gouvernement. Qu'est-ce qu'il faut ? Il faut que l'emploi soit préservé à Florange. Il faut que les investissements arrivent, que la filière industrielle puisse continuer. Je crois que c'est ça l'essentiel. Le reste, ce sont des commentaires.

Jean-Michel Aphatie :  Vincent Peillon qui soutient le presque "décrocheur"  Arnaud Montebourg. On parle du décrochage tout à l'heure.

Laurent Bazin :     Il s'est accroché, Arnaud Montebourg, si on a bien compris !
   

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Vincent Peillon Jean-Michel Aphatie L'invité de RTL
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