1 min de lecture Pierre Moscovici

VIDEO - Sur RTL, Pierre Moscovici confirme que le taux du livret A sera abaissé à 1,75%

Le ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. Pierre Moscovici a confirmé que le taux du livret A passera de 2,25% à 1,75% le 1er février.

Pierre Moscovici était l'invité de RTL mardi 23 octobre 2012
Pierre Moscovici était l'invité de RTL mardi 23 octobre 2012 Crédit : RTL.fr
Jean-Michel Aphatie et Bénédicte Tassart

Le Livret A

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Pierre Moscovici :


Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Pierre Moscovici.

Pierre Moscovici
: Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Le gouverneur de la Banque de France vous propose de ramener au 1er février la rémunération du Livret A de 2,25% à 1,75%. Suivrez-vous cette recommandation ?

Je suivrai cette recommandation ; et donc le taux du Livret A sera bien à 1,75%. Mais peut-être faut-il expliquer le processus.
  
Allez-y !
   
Il y a une formule et une procédure de décision. La formule c'est que le taux du Livret A est égal à l'inflation +0,25%, sauf quand on invoque des circonstances exceptionnelles liées au pouvoir d'achat.

L'inflation est tombée à 1,2% ; et donc ça menait à 1,45%, arrondissons à 1,5%. C'était la position initiale du gouverneur de la Banque de France. J'en ai discuté avec lui et nous sommes tombés d'accord sur le fait qu'il y avait quand même un souci des Français par rapport à leur pouvoir d'achat ; et donc le gouverneur a été convaincu, facilement d'ailleurs parce qu'il a été tout à fait ...
   
... Il partageait votre analyse...


... En tout cas, nous avons réussi à la partager
   
D'accord.

Dans une négociation avec le pouvoir du gouverneur et puis, le pouvoir aussi de conviction du ministre. Et donc nous avons rajouté un coup de pouce de 0,25%, ce qui fait que le pouvoir d'achat du Livret A, je veux y insister...
   
... Allez-y, allez-y !


.... Sera le plus important depuis deux ans.
   
Le taux baisse mais le pouvoir d'achat est important. C'est difficile à comprendre. Donc...

   
... Le pouvoir d'achat, c'est la différence entre le taux et le taux d'inflation.
   
D'accord.

Il y a deux ans, c'était François Baroin qui était ministre. On avait fixé le taux à 2,25% avec une inflation à 2%. Ca faisait  0,25% de pouvoir d'achat. Il y a un an, on avait maintenu 2,25% alors que l'inflation était à 2,4%. Ca veut dire que les épargnants perdaient 0,15%. Je l'ai conservé à 2,25% cet été alors que l'inflation était à 1,9%.  L'inflation ayant beaucoup baissé, elle est à 1,2% ; et donc en réalité, le pouvoir d'achat c'est-à-dire ce qu'on gagne par rapport à l'inflation est plus élevé que depuis deux ans. Et donc ...
   
... La difficulté psychologique : 1,75. On se dit : c'est pas cher payé.
   
C'est aussi pour ça que j'ai  tenu à ce qu'il y ait ce coup de pouce, en tout cas l'invocation des circonstances exceptionnelles qui permettent de préserver et même d'augmenter le pouvoir d'achat du Livret A parce que c'est le placement préféré des Français, parce que c'est une épargne largement populaire. C'est vrai que nous l'avons déplafonné mais pour permettre davantage de financement pour le logement social. Et j'insiste sur ce point parce qu'il faut être conscient que : oui c'est une ressource pour ceux qui possèdent un Livret mais c'est un coût aussi parce que ça joue sur les taux d'intérêt.
   
En baissant le taux, on permet à la politique monétaire de se transmettre à l'économie. Donc, les taux d'intérêt devraient baisser d'autant. 50 points de base. Et j'ajoute que s'agissant du mouvement HLM qui souhaitait cette baisse, c'est aussi un coût parce que c'est ce qu'ils empruntent au fonds d'épargne géré par la Caisse des Dépôts et Consignations. Et donc, je pense que nous avons un très bon compromis parce que ça permet à la fois de maintenir et même d'accroître le pouvoir d'achat du Livret A. Ca permet aussi de faire baisser les taux d'intérêt et ça permet enfin d'inciter à la construction de logement social et nous savons que nous en avons besoin, doublement, à la fois parce qu'il y a une demande de logement social et parce qu'il y a un besoin de construction dans ce pays. Donc, je pense que franchement c'était la bonne décision. Je crois qu'elle sera comprise.

Le taux baisse ; et c'est une bonne nouvelle pour les détenteurs de Livret A.
   
Pour le pouvoir d'achat, en effet ; et pour le logement social ; et pour la politique monétaire.

On change de sujet, Pierre Moscovici. Accord entre syndicats et patronat, vendredi soir, sur des modifications du contrat de travail. Est-ce que vous pensez que ça pourra avoir une influence positive sur l'évolution du chômage en France ?

Oui, je crois. C'est, bien sûr, l'objectif. On s'est interrogé sur le fait de savoir si c'est un accord historique. Je ne sais pas. L'histoire juge plus tard. Mais en attendant, ce qui est certain c'est que c'est l'accord le plus important depuis trente ans et que c'est aussi la concrétisation d'une méthode : le dialogue social qui avait été annoncé par le Président de la République et par le Premier ministre sur la grande conférence sociale. Et enfin, ça permet, je crois en effet, d'avoir plus de souplesse, d'utiliser des alternatives aux licenciements de manière plus aisée quand il y a...
   
... Éviter qu'il y ait des plans sociaux...

... Et donc, s'adapter et prévoir des mutations mais aussi donner aux salariés davantage de droits. D'abord, faire en sorte que le contrat à durée indéterminée  redevienne le contrat de droit commun, renchérissant le contrat à durée déterminée. Faire en sorte en suite que quand un individu, une personne, traverse des périodes de chômage, eh bien il ait des droits qui se rechargent ou qui se portent et enfin, généraliser la complémentaire santé...
   
Un seul syndicat le soutient cet accord.

Non, pas un seul syndicat, trois syndicats évidemment...
   
... La CFDT. Sur les trois grands syndicats, CGT, FO y sont opposés  ; la CFDT, seule, le soutient.
   
Les accords représentatifs ont des règles et ces règles sont évidemment respectées puisqu'il y a aussi deux autres syndicats.
   
L'opposition radicale de la CGT, vous en dites quoi ?
   
Écoutez, je pense que c'est une bataille de convictions. Moi je suis persuadé que sur cet accord, les salariés y sont gagnants. Ils gagnent de nouveaux droits. Ca facilite la création d'emplois. Nous avons dans ce pays une cause. Le Président de la République a dit : inverser la courbe du chômage d'ici 2013. Je pense que cet accord concourt à la fois à la modernisation sur le long terme du marché du travail et aussi à cette inversion de la courbe du chômage.
   
Et les députés socialistes sont obligés de voter cet accord sans changer une virgule ?
  
Je crois qu'il faut être dans la logique du dialogue social. Et donc, la transposition c'est ça, la logique sociale démocrate.
   
Sans changer une virgule ?

J'appelle aussi sans le changer, j'appelle aussi la CGT et Force ouvrière à bien réfléchir, c'est-à-dire il ne faut pas lutter contre cet accord. On peut ne pas le signer, on peut avoir des convictions mais laissons la dynamique se déployer et laissons cet accord faire ses preuves. Et moi je suis persuadé qu'il est positif, qu'il est utile et même qu'il est très important. Il complète la politique économique du gouvernement. Cette mutation vers le redressement productif, vers le redressement de l'emploi, vers la mutation, la modernisation de l'économie française.

Confirmez-vous, Pierre Moscovici, les informations publiées par latribune.fr : PSA Peugeot Citroën pourrait racheter Opel avec l'aide de General Motors et de l’État ?

   
Non, je ne les confirme absolument pas. Je ne les infirme pas non plus. Qu'on se comprenne bien ! Il y a eu, cet été, chez PSA un Plan Social important, que le gouvernement a discuté, qu'il a infléchi et il y a eu aussi des difficultés dans la banque PSA Finances et là, nous avons apporté une garantie d'Etat. Ca, c'est l'intervention de l'Etat. Elle ne doit pas aller plus loin. Et donc, il ne s'agit pas de prendre des participations dans PSA, c'est une entreprise privée.
   
En revanche, ce qui est vrai, c'est qu'on a changé la gouvernance qui est un administrateur indépendant, que nous allons discuter de la stratégie d'entreprise. Il y aura peut-être des inflexions stratégiques mais c'est à l'entreprise de les décider. Les Pouvoirs Publics seront normalement informés.
   
Mais les informations ne sont pas bonnes.
   
Mais moi je vais vous dire une chose surtout. Je suis, vous le savez, aussi élu d'une région où PSA a son plus important site de production à Sochaux, je crois en l'avenir de cette entreprise. Il y a une place pour elle sur le marché mondial. Je ne parle pas que du marché européen.

Je voulais vous soumettre, Pierre Moscovici, pour terminer les propos de l'acteur Gérard Lanvin. C'est toujours les suites de l'affaire Depardieu. "Les impôts, dit Gérard Lanvin, je suis d'accord pour les payer ; mais pas pour qu'on me prenne pour une pute. J'ai honte de notre pays. Je conseille à mes enfants de partir. Moi, à 75%, je ne crains rien ; mais si on me propose deux films, je risque d'en refuser un et ça mettra cent personnes dans l'embarras".Avez-vous bien évalué les conséquences psychologiques de votre taxe à 75%, Pierre Moscovici ?

D'abord, nous allons maintenant la reprendre cette taxe puisque le Conseil Constitutionnel a  censuré.
   
Vous voyez ses effets ?
   
Mais nous reprendrons cela. C'est-à-dire un effort exceptionnel de ceux qui ont le plus d'argent pour permettre le redressement du pays. Vous savez, moi je ne veux pas du tout entrer dans ce genre de polémique avec Gérard Lanvin après Gérard Depardieu. Ce que je veux dire : non, nous sommes patriotes. Que ce pays est un pays auquel on doit s'attacher.

Mais vous avez bien mesuré les conséquences psychologiques ?

   
Il ne faut conseiller à personne de partir. Et vous savez, ce qu'il dit n'est pas exact, parce que quand on est dans certaines professions, notamment les professions du cinéma, on peut lisser l'impôt sur plusieurs années. Donc, même l'argument factuel, n'est pas juste.

Pierre Moscovici venu apporter une bonne nouvelle ce matin : le pouvoir d'achat du Livret A augmente. C'était sur RTL.

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Le ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. Pierre Moscovici a confirmé que le taux du livret A passera de 2,25% à 1,75% le 1er février.
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2013-01-15 07:55:00
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