1 min de lecture Jean-Yves Le Drian

VIDEO - Jean-Yves Le Drian sur RTL : "La guerre sera longue au Mali"

Le ministre de la Défense répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Les forces terrestres françaises engagées au Mali "sont en train de remonter vers le nord" du pays, a annoncé Jean-Yves Le Drian. "On est en situation tout à fait positive par rapport à la semaine dernière, mais le combat continue, et ça sera long", a-t-il ajouté.

Jean-Yves Le Drian sur RTL le 16 janvier 2013
Jean-Yves Le Drian sur RTL le 16 janvier 2013 Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie

Retrouvez l'interview de Jean-Yves Le Driand en intégralité :

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-Yves Le Drian,
   
Jean-Yves Le Driand
: Bonjour,

Peut-on dire au 6ème jour de la guerre que l'armée française mène au Mali que leurs adversaires, les Islamistes Radicaux, sont affaiblis, peut-être désorganisés ?

Lorsque le Président de la république  a décidé, vendredi dernier, de provoquer l'intervention française avant qu'il ne soit trop tard, il y avait une opération, une offensive forte de groupes terroristes vraiment déterminés à descendre sous Mopti, au sud du Mali, et éventuellement après, sur Bamako. Il fallait bloquer immédiatement cette offensive surprise. Alors aujourd'hui ...

... Ce projet a été contrarié mais ces troupes ...

... Très contrarié sur l'Est où c'étaient des groupes liés à Ansar Dine, Mujao (ce sont des noms que les auditeurs commencent à connaître maintenant). Cette offensive-là, je crois, est en train de bien marcher. C'est un peu plus difficile à l'Ouest où nous avons les groupes les plus durs, les plus fanatiques, les mieux organisés et les plus déterminés et les mieux armés. Et là, c'est en cours mais c'est difficile. On était bien conscients depuis le départ que c'était une opération très difficile parce que ce sont ... on a à faire à plusieurs centaines, plus d'un millier (1.200, 1.300) terroristes bien organisés.
   
Pas plus ? Quelquefois, on lit d'autres chiffres.


Dans la zone là, oui. Dans la zone, notre évaluation est celle-là, dans la zone avec peut-être  des renforts demain. Voilà la difficulté.
   
Qui ?

C'est la raison pour laquelle les forces aériennes françaises frappent les bases arrières, en particulier Gao où là l'opération a parfaitement réussi. Donc, on est en situation tout à fait positive par rapport à la semaine dernière. Mais le combat continue. Et ça sera long. Il ne faut pas s'imaginer. Le but, c'est de faire en sorte que le Mali retrouve sa souveraineté, son intégrité sur l'ensemble de son territoire.
   
C'est-à-dire le but ? C'est que tous ces combattants saisissent  ...


...Soient extirpés, se diluent.
   
Ne soient plus sur ce territoire.   

Absolument.
   
Aujourd'hui, c'est une nouvelle phase de l'action militaire puisque des troupes françaises maintenant combattront au sol ?
   
Oui, aujourd'hui les forces terrestres sont en train de se déployer. Jusqu'à présent, nous avions fait en sorte qu'il y ait quelques forces terrestres à Bamako pour sécuriser d'abord nos populations, nos ressortissants, les ressortissants européens et sécuriser aussi la ville de Bamako. Là maintenant,  les forces terrestres françaises sont en train de remonter vers le Nord.

Qui arme et finance ces groupes d'Islamistes Radicaux ? On dit le trafic, mais peut-être aussi ...
   
... C'est un peu de tout. C'est un mélange de trafic, alors trafic de drogue bien évidemment. Les chemins de la drogue passent par le Sahel. C'est trafic d'armes, les trafics d'armes passent par le Sahel, y compris les armes de Libye. C'est le marché noir des armes, d'une certaine manière avec aussi l'argent des otages, de cet argent récupéré dans le passé par toute une série de transactions qui avaient été faites ...
   
Des États ?

Et c'est aussi les armes de Libye. C'est aussi les armes laissées par les Maliens.

Des États ? Quelquefois par l'Arabie Saoudite, du Qatar ?
   
Je ne peux pas vous dire.

Ou de groupes à l'intérieur de ces pays qui pourraient financer ces combattants ?
   
Peut-être des groupes.

Vous le savez, vous ne pouvez pas le dire. La diplomatie vous empêche de le dire ?
   
Non, non. Non, je n'ai pas de preuves.

On dit aussi que ces Islamistes se ravitaillent beaucoup en carburant puisqu'on voit -les images sont toujours saisissantes- ces pick-up dans le désert, se ravitaillent en carburant en Algérie ?
   
Si c'était le cas, ça ne l'est plus.
   
Pourquoi ?

   
L'Algérie a fermé ses frontières avant-hier soir. Le Président François Hollande s'est entretenu avec le Président Bouteflika, hier. Il a eu le soutien du Président Bouteflika.
   
Pas public ?Aucune autorité algérienne publique ne s'est exprimée encore.
   
Je pense que les Algériens vont poser les actes nécessaires dans les heures qui viennent, d'autant plus qu'ils nous ont laissé la liberté de circulation aérienne ; ce qui était un acte politique majeur.
   
Vous êtes certain du soutien de l'Algérie ?
   
Je suis certain que l'Algérie a considéré que sa problématique qui était d'aboutir à un accord entre les Touaregs, ce qui pouvait se concevoir, ce qui était d'ailleurs sans doute souhaitable,  cela a échoué parce qu'Ansar Dine a renié ses engagements et a préféré s'allier avec Aqmi. Et Aqmi et Mujao ce sont les principaux ennemis de l'Algérie. C'est eux  -Aqmi-  qui ont été, au départ, à l'origine de cette guerre terrible que l'Algérie a vêcue ; et c'est Mujao qui aujourd'hui encore, il faut se le rappeler, a des otages algériens parce qu'il n'y a pas que des otages français. Il y a aussi des otages algériens tenus aujourd'hui par le groupe terroriste Mujao que nous combattons.

Vous êtes certain du soutien de l'Algérie qui n'a pas encore exprimé publiquement ce soutien, qui le fera peut-être ?
   
Je suis convaincu que l'Algérie sait maintenant les enjeux qui sont devant elle ; et c'est la raison pour laquelle l'Algérie a fermé sa frontière. Ce qui n'est pas rien.

Aucun autre pays européen ne souhaite envoyer de soldats au Mali. Est-ce un problème pour vous, Jean Yves Le Drian ?
   
Pour l'instant, nous avons agi dans l'urgence et personne n'a dit "non" à rien puisque s'il a fallu agir vendredi ...
   
Les Britanniques ont dit qu'ils n'enverraient pas de troupes.
   
S'il a fallu agir vendredi, c'est parce que nous étions face à une offensive extrêmement rapide des groupes terroristes et donc à la demande du gouvernement malien, du Président malien, le Président Hollande a décidé d'agir très, très rapidement.  Ceci étant, les Européens que nous avons au téléphone régulièrement, nous ont soutenus par des équipements dont nous avions besoin, en particulier des équipements de transports : les Britanniques, les Danois, les Belges, enfin ... tout cela se met en œuvre.

Et puis, il y a une échéance rapide, c'est celle de la réunion de demain, des ministres des Affaires Étrangères européens qui vont, initiée par Laurent Fabius, à la demande du Président de la république, et qui va je pense permettre d'accélérer la mise en place de la mission européenne qui avait été décidée au Conseil Européen de décembre. C'est-à-dire ...
   
...Des instructeurs qui viendront former l'armée malienne.
   
Des instructeurs qui viennent former l'armée même ...
   
... Mais pas de combattants. Les Français combattront, seuls ?
   
Pas de combattants à l'heure actuelle parce que la volonté de la France, c'est de faire en sorte que ce soit les Forces Africaines -Mali compris-  qui permettent au Mali de retrouver sa souveraineté. Et nous avons cette volonté de soutien et des Forces maliennes et des Forces africaines pour que ce soit les Africains qui reconquièrent le Mali.

La question est triviale mais elle est inévitable. Combien coûte une journée de guerre au Mali ?
   
Mais je ne peux pas l'évaluer encore.
   
Vous le ferez ?
   
Bien sûr.
   
Vous le communiquerez ?
   
Tout ça est public, évidemment.

Huit Français sont encore  détenus en otages. Avez-vous la certitude, ce matin, Jean Yves Le Drian, que les huit sont encore en vie ?
   
Il n'y a aucun élément qui nous permette de penser le contraire. Heureusement. La réalité c'est que quand il y a un otage, il y a un risque pour sa vie. C'est ça la signification d'otage. Donc, il y avait risque hier. Il y a risque aujourd'hui. Il y aura risque, demain.
   
Mais risque accru sans doute aujourd'hui ?
   
Je ne suis pas sûr.
   
D'accord.
   
Je pense que si nous avions laissé l'opération des groupes terroristes -et qui ne sont pas les mêmes qui détiennent les 8 otages-  se déployaient jusqu'à Mopti et Bamako, alors ils avaient tout le Pouvoir. Et donc, les otages là-dedans pouvaient disparaître. La réalité c'est que la France a manifesté son refus de constitution d'un État terroriste au Centre Mali. Et donc du coup, son refus de céder à tout chantage. Et  là, je pense qu'il était utile, nécessaire que nous le fassions pour éviter  qu'il y ait en plus de nos 8 otages, un État otage.

Autour du sort de Denis Allex, le premier otage que vous avez essayé de libérer en Somalie, pas d'incertitude pour vous : il est bien mort ?
   
Tout nous laisse à penser qu'il a été assassiné.

Jean Yves Le Drian, ministre de la Défense, faisait le point ce matin sur l'intervention de l'armée française au Mali.

Lire la suite
Jean-Yves Le Drian Politique Exclu RTL
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7756977464
VIDEO - Jean-Yves Le Drian sur RTL : "La guerre sera longue au Mali"
VIDEO - Jean-Yves Le Drian sur RTL : "La guerre sera longue au Mali"
Le ministre de la Défense répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Les forces terrestres françaises engagées au Mali "sont en train de remonter vers le nord" du pays, a annoncé Jean-Yves Le Drian. "On est en situation tout à fait positive par rapport à la semaine dernière, mais le combat continue, et ça sera long", a-t-il ajouté.
https://www.rtl.fr/actu/video-jean-yves-le-drian-sur-rtl-la-guerre-sera-longue-au-mali-7756977464
2013-01-16 08:08:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/f_DVEPkZSSeUqexGArZVng/330v220-2/online/image/2013/0116/7756979084_jean-yves-le-drian-sur-rtl-le-16-janvier-2013.jpg