1 min de lecture Jean-François Copé

VIDEO - Jean-François Copé sur RTL : "L'heure est au rassemblement à l'UMP"

Le nouveau président de l'UMP a choisi RTL mardi pour sa première interview. Au micro de Jean-Michel Aphatie, Jean-François Copé a affirmé que son élection était "un point de départ, pas d'arrivée", en refusant de commenter la "fracture morale" dénoncée au sein de ce parti par son rival François Fillon.

Jean-François Copé sur RTL le 12 novembre 2012
Jean-François Copé sur RTL le 12 novembre 2012 Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie

"L'heure est à la reconquête du cœur des Français"

"Je ne suis pas spécialisé dans les commentaires", a évacué le député-maire de Meaux, interrogé par RTL sur la formule employée la veille par l'ex-Premier ministre ("fracture à la fois politique et morale" désormais "manifeste" à l'UMP). "L'heure est à la reconquête du cœur des Français, sur une ligne politique claire, celle que j'ai appelée la droite décomplexée : fière, qui s'assume", a-t-il dit.

"L'état d'esprit qui m'anime ce matin, c'est dire que c'est un point d'arrivée, pas de départ. C'est maintenant qu'on reconstruit", a poursuivi l'ancien ministre. "L'heure est à tourner la page, le temps électoral est terminé", a insisté l'élu de Seine-et-Marne. "Je veux dire aux militants qui se sont inquiétés de ce qu'ils ont vu depuis deux jours que tout ça maintenant est derrière nous".

"Mes bras sont ouverts"

Relancé sur François Fillon devant annoncer "dans quelques jours" la "forme que prendront" son "avenir" et son "engagement politique", Jean-François Copé a dit : "Je ne veux pas rentrer là-dedans". Et de poursuivre : "J'ai dit très clairement aux uns comme aux autres que mes bras sont ouverts. Il est normal qu'au lendemain d'une campagne fatigante, difficile, chacun ait un moment de déception, c'est normal".

"Je ne crois pas du tout qu'il y ait un risque de scission", a encore dit le numéro un du premier parti d'opposition. Il a assuré avoir reçu "de très nombreux messages de députés, de sénateurs, de cadres qui ne m'avaient pas soutenu" et qui m'ont dit : on travaille ensemble". Avant de résumer : "Tout est à faire". Il a ensuite répondu aux questions des auditeurs de RTL.

Jean-François Copé a été proclamé officiellement lundi soir président de l'UMP, en l'emportant d'un cheveu (50,03%, soit 98 voix d'avance), au terme de 24 heures d'intense suspense et d'un vrai bras de fer avec son rival François Fillon.

Le texte de l'interview de Jean-François Copé


Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-François Copé.

Jean-François Copé :
Bonjour.

C'est la nuit qui a été courte ?

Non, non pas du tout !

Quel président de l'UMP serez-vous ?

Ecoutez, dont la première préoccupation sera naturellement de rassembler comme on le doit le faire au lendemain d'une élection où il y a forcément, l'un des candidats qui a été élu, et l'autre qui ne l'a pas été.

Difficile de rassembler, beaucoup de fractures !

Difficile, oui et non. Je crois que cette élection, il ne faut pas l'oublier, c'est une élection interne, c'est à dire une élection dans laquelle chacun a bien compris, qu'il y aurait forcément un gagnant et  quelqu'un qui ne le serait pas, et aussi qui permettait de définir une ligne politique, une vision pour notre famille politique, et puis ensuite, c'est une question d'état d'esprit. Moi, je regrette que beaucoup de ceux qui commentent aujourd'hui aient passé plus de temps à lire les sondages qu'à venir dans les meetings, à voir quel était le discours que je tenais dans sa globalité.

Pas la petite phrase qui en sort. Chacun alors aurait compris que je me suis adressé avant tout à 300.000 militants et militantes, c'est à dire des citoyens engagés qui vivent de très près le combat politique pour le partager, et à qui j'ai adressé un message simple : l'heure est à la reconquête du cœur des Français et de le faire sur une ligne politique qui soit claire, celle que j'ai appelé la droite et le centre droit décomplexés, c'est à dire fiers finalement, qui s'assument.

On a l'impression que les fractures demeurent puisque votre adversaire hier soir, François Fillon a dit ceci : "Ce qui me frappe surtout ce soir, c'est la fracture politique (bon ça on pouvait s'en douter !) et morale qui traverse notre camp politique". "Morale", qu'est-ce qu'il veut dire par là ?

Je ne sais, moi je ne suis pas spécialisé dans les commentaires. Je veux juste vous dire une chose : ma première pensée, elle a été hier soir après l'annonce officielle de l'élection, même si c'est une confirmation de ce que nous avions nous-mêmes dit la veille, a été pour les militants, ceux qui m'ont soutenu comme ceux qui ne m'ont pas soutenu. Et ma deuxième pensée a été pour lui, pour François Fillon, à qui j'ai dit comme à tous ceux qui ne m'avaient pas soutenu qu'immédiatement, comme je l'avais dit tout au long d'ailleurs de cette campagne, je tendais mes bras.

L'heure maintenant, elle est à se rassembler parce que je le répète, nos adversaires ils sont à gauche, ils ne sont pas ailleurs. Et puis surtout ce qui compte, c'est de se mettre tout de suite au travail. Vous savez l'état d'esprit qui m'anime ce matin, c'est de dire que ce n'est pas un point d'arrivée, c'est un point de départ. C'est maintenant qu'on reconstruit.

Fracture morale - "Le Figaro" -, je ne sais pas s'il évoque la fracture morale, procuration, bourrage d'urnes, fraudes en tous genres. C'est un papier du "Figaro". C'est un constat de la campagne, ça, procuration, bourrage d'urnes, fraudes en tous genres ?

Je n'ai pas lu cet article, la seule que je peux dire, c'est qu'une commission qui a validé tout cela. Il y a eu c'est vrai une contestation  très forte sur un bureau, autant vous dire que ça ne me concerne pas du tout...

A Nice...

C'était à Nice, et je suis finalement bien heureux que le décompte ait montré, avant même de penser à annuler ce bureau, que j'étais majoritaire. Ce qui finalement, permet d'éviter qu'il y ait des fractures importantes, qu'il y ait je ne sais quel esprit de règlement de comptes. Je le dis très clairement à ceux qui ne m'ont pas soutenu, l'heure est aujourd'hui est à tourner la page.

Le temps électoral est terminé, et je veux dire aux militants et aux militantes, qui pour  beaucoup se sont inquiétés de ce qu'ils ont vu depuis deux jours, que tout ça maintenant est dernière nous.  Il y a eu un petit débat, puisque le score était serré. Permettez-moi seulement de dire qu'au regard de tout ce qui a pu être dit pendant trois mois par les sondeurs, par les commentateurs qui expliquaient qu'au-delà de 30% des voix pour moi, c'était impossible, inimaginable, que je suis bien heureux moi, que les choses n'aient pas été ainsi. C'était une manière de montrer que plutôt que de faire des élections par sondage, si on passait un tout petit peu plus de temps à respecter les électeurs, ça serait formidable pour la démocratie.

François Fillon toujours : "Je ferai connaître dans les jours qui viennent, les formes que prendront mon avenir et mon engagement politique". Vous pensez qu'il peut arrêter sa carrière politique ?

Écoutez, je ne sais pas. Moi je ne veux pas entrer...

Vous avez parlé avec lui hier soir ?

Ecoutez, Jean-Michel, je ne vais pas rentrer là-dedans. J'ai téléphoné à François Fillon, j'ai dit publiquement, très clairement aux uns comme aux autres que mes bras sont grands ouverts. Il est normal qu'au lendemain d'une campagne qui a été évidemment fatigante, difficile, chacun ait un petit moment de déception. C'est normal. Je veux que chacun sache que maintenant, l'heure est à la reconstruction et au rassemblement.

Les Français vous savez, ils nous regardent de très près. Pourquoi ? Parce que des millions sont très inquiets par la politique de François Hollande, et ils savent que le grand parti d'opposition, celui qui compte 310.000 militants, c'est à dire la plus importante force militante en France, bien plus que le parti socialiste, doit maintenant agir avec un objectif : c'est une opposition qui soit à la fois constructive, chaque fois que c'est possible, mais implacable face à des projets socialistes qui sont inadaptés, une politique économique qui est en train de mettre le pays à genoux. Et ils doivent savoir que sur ce point, je rassemblerai tout le monde.

Il y a un risque de scission, vous parlez beaucoup de rassemblement. C'est parce qu'il y a un risque de scission ?


Non je ne crois pas du tout qu'il y ait un risque de scission. Je ne le crois pas du tout. D'ailleurs, j'ai eu de très nombreux messages, et ça m'a beaucoup touché à la suite de ma déclaration de députés, de sénateurs, de cadres qui ne m'avaient pas soutenu dans cette campagne et qui de tout de suite m'ont dit : "Maintenant, on travaille ensemble". Et à tous, je dis : "On travaille tous ensemble".

On rallie toujours la victoire, c'est comme ça.


Pendant trois mois, on a rallié les sondages, alors ça fait plutôt plaisir de penser que désormais, on rallie quelqu'un qui a gagné, et qu'on veut bien respecter sa légitimité. Reste que tout est à faire, vous savez si moi je n'ai qu'une chose à dire pour résumer mon état d'esprit : l'élection d'hier soir, ça n'est pas un point d'arrivée, c'est un point de départ, nous avons dû subir beaucoup de défaites électorales, l'heure est maintenant, elle est à penser à l'avenir et la manière de reconstruire et donc pour ça de reconquérir le cœur des Français.

Pendant ce temps, l'agence Moody's a dégradé hier la note financière de la France. Elle lui a retiré son triple A, triple A qu'elle lui accordait jusque-là, une autre agence ayant déjà dégradé la France. Quel est votre commentaire Jean-François Copé ?


Mon commentaire est que l'heure est vraiment à la mobilisation générale ? Moi je veux dire, à François Hollande de manière extrêmement claire qu'il doit maintenant prendre conscience, que passer son temps à taper sur l'héritage comme l'a encore fait monsieur Moscovici hier, politique que nous avons laissé à la France, n'est pas crédible, n'est pas suffisant. Il faut maintenant prendre conscience que la politique économique n'est pas suffisamment efficace.

Il faut arrêter les augmentations d'impôts qui ont été beaucoup trop loin et qui bloquent complètement les initiatives et il faut mettre maintenant sur la compétitivité qui est la priorité absolue. Or je suis désolé de dire, le plan qu'il a proposé est totalement inadapté. On ne peut pas augmenter la TVA, et au lieu et à la place de baisser tout de suite les charges, c'est à dire le coût du travail, proposer un hypothétique crédit d'impôts qui ne va profiter qu'aux mêmes, c'est à dire ceux qui ont gagné des revenus dans l'activité, plutôt que ceux qui sont en difficulté parmi les entreprises.

Le gouvernement a raison de garder l'objectif des 3% de déficit au risque d'enfoncer le pays dans la rigueur, comme partout ailleurs en Europe, c'est un manque de croissance qui va nous pénaliser ?

Non, moi je préconise que l'on tienne cet objectif de 3% c'est une question de crédibilité vis à vis des pays européens, mais qu'on l'assortisse non pas de hausses d'impôts, mais de réformes structurelles et de mettre le paquet sur tout ce qui permet de créer de l'emploi, ou surtout de localiser nos activités en France. Or pour cela, il n'y a pas trente-six solutions, c'est le rapport Gallois, tout le rapport Gallois, rien que le rapport Gallois. C'est-à-dire, pardon de le dire, exactement les propositions de l'UMP, ce que nous avions fait, ce que François Hollande a immédiatement fait annuler et aujourd'hui nous en sommes très loin.

Je dis à Monsieur Moscovici, puisqu'il va faire une conférence de presse, que l'argument habituel, l'héritage anti-sarkozyste ne tiendra pas la route longtemps. Il faut maintenant qu'il prenne ses responsabilités. Tous ces gens prétendent des "hommes d'Etat", comme on dit maintenant, et bien c'est une occasion de le montrer en changeant radicalement de politique.

Nicolas Sarkozy, convoqué par le juge de l'affaire Bettencourt jeudi à Bordeaux. Un commentaire ?

Moi, je n'ai jamais fait de commentaire sur les affaires en cours.

Et vous ne voulez pas en faire là, sur Nicolas Sarkozy ? Sur le fait qu'il soit entendu ?

Non, non, mais si vous voulez que je fasse un commentaire sur Nicolas Sarkozy, c'est pour moi l'occasion de dire, qu'hier soir j'ai pensé beaucoup à lui, et j'ai aussi pensé à Jacques Chirac.

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