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Le 11-Novembre élargi à "tous les morts pour la France" ?

Après la disparition des derniers Poilus de 1914-1918, les cérémonies du 11-Novembre marquaient ce vendredi l'hommage aux soldats "morts pour la France" sur tous les fronts. Au pied de l'Arc de Triomphe, à Paris, Nicolas Sarkozy a rendu un hommage particulier aux vingt-quatre soldats de l'Armée française tués au cours des douze derniers mois en Afghanistan. Le chef de l'Etat a annoncé le dépôt "dans les semaines qui viennent" d'un projet de loi faisant du 11-Novembre "la date de commémoration de la Grande Guerre et de tous les morts pour la France". Le gouvernement apportera par ailleurs "son soutien à la proposition de loi visant à rendre obligatoire l'inscription sur les monuments aux morts des noms des 'morts pour la France'". Nicolas Sarkozy a ensuite inauguré dans l'après-midi à Meaux le Musée de la Grande guerre, qui rassemble une exceptionnelle collection de 50.000 objets et documents, dans le fief du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé.

Au pied de l'Arc de Triomphe à Paris, le 11 novembre 2011, Nicolas Sarkozy entouré d'enfants de soldats français tués en opérations extérieures ces derniers mois
Au pied de l'Arc de Triomphe à Paris, le 11 novembre 2011, Nicolas Sarkozy entouré d'enfants de soldats français tués en opérations extérieures ces derniers mois Crédit : AFP / Lionel Bonaventure
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La rédaction de RTL et Pierre Julien

Elargir le 11-Novembre : une initiative qui divise

"Le gouvernement déposera dans les semaines qui viennent un projet de loi qui fera de la date anniversaire de l'armistice de 18 la date de commémoration de la Grande Guerre et de tous les morts pour la France", a déclaré le chef de l'Etat lors des cérémonies du 11 novembre à l'Arc de Triomphe.

Le chef de l'Etat a aussi expliqué que le gouvernement apportera "son soutien à la proposition de loi visant à rendre obligatoire l'inscription sur les monuments aux morts des noms des 'morts pour la France'". "Je pense en particulier à tous les morts en opérations extérieures. Ceux qui sont tombés en Indochine, à Suez, en Afrique du nord, mais aussi dans les Balkans, au Moyen-Orient, au Tchad, en Côte d'ivoire, en Afghanistan, ont droit au respect et aux honneurs que la Nation réserve à ceux qui ont fait pour elle le sacrifice de leur vie", a déclaré Nicolas Sarkozy.

"Qu'il soit bien clair qu'aucune autre commémoration ne sera supprimée", a précisé Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat a rappelé que "c'est dans le même esprit que sera entrepris à Paris la construction d'un monument dédié aux soldats morts en opérations extérieures, sur lequel leurs noms seront inscrits". "Depuis dix ans, 158 soldats ont perdu la vie et près de 1.500 ont été blessés dans ces opérations", a-t-il souligné.

Les initiatives du chef de l'Etat ont suscité des réserves à gauche, où l'on s'inquiète d'un manque de concertation avec les associations d'anciens combattants et des risques de dilution du souvenir de 1914-1918.  François Hollande a expliqué que l'Histoire ne devait pas être "instrumentalisée", mais devait "préparer l'avenir et rassembler". Le 11 novembre doit d'abord "rester, à (ses) yeux, l'évocation de ce terrible carnage qui a fait plus de 10 millions de morts toutes nationalités confondues", a t-il-expliqué.
  
"Je ne suis pas pour qu'il y ait un seul jour qui finalement reprendrait toutes les célébrations nationales", a-t-il précisé un peu plus tard à la presse, se disant "pas favorable" à une loi sur le sujet. "On a mieux à faire" que "légiférer sur ces sujets là", a t-il conclu.

Vers un Memorial Day à la française

Nicolas Sarkozy n'a pas attendu le décès, le 5 mai 2011, du dernier combattant connu de la Première Guerre mondiale, le Britannique Claude Choules, 110 ans (le Français Lazare Ponticelli a, lui,  disparu en mars 2008), pour modifier la célébration de l'armistice du 11-Novembre à l'Arc de Triomphe.

Jusqu'en 2007, la cérémonie était exclusivement consacrée au souvenir des 1,4 million de Poilus français morts durant le conflit. Elle enchaînait dans un ordre immuable et à la minute près les dépôts de gerbe des corps constitués, celle du président de la République, suivie de la sonnerie du cessez-le-feu, de la sonnerie aux morts et de La Marseillaise, avant le ravivage de la flamme sur la tombe du Soldat Inconnu.

Dès le premier 11-Novembre de son quinquennat en 2007, le Président français bouscule le rituel en célébrant la construction européenne, un "rêve de paix". Le 11 novembre 2009, deux jours après avoir célébré à Berlin les vingt ans de la chute du Mur, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel commémorent ensemble la fin de la Première Guerre mondiale.  "éviter la fossilisation". Enfin, le 11 novembre 2010, le chef de l'Etat rend un double hommage aux milliers de jeunes Parisiens qui manifestèrent le 11 novembre 1940 contre l'occupation nazie et aux soldats musulmans morts pour la France pendant les deux guerres mondiales.

Le président de l'une des grandes associations françaises d'anciens combattants s'est dit jeudi farouchement opposé à l'idée d'une journée unique de commémoration de toutes les guerres, sous-entendue selon lui dans le message du président Nicolas Sarkozy pour le 11 Novembre. "Nous sommes absolument contre", a déclaré le président de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie) Guy Darmanin. "Il y a différents conflits qu'il faut respecter, des dates historiques qu'il faut respecter. Le monde combattant dans sa totalité (...) n'est pas favorable à ce qu'il n'y ait qu'une journée du souvenir en France et que tous les conflits ne soient pas commémorés."

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