1 min de lecture Laurent Fabius

Sur RTL, Laurent Fabius affiche sa prudence sur les 3% de déficit

Le ministre français des Affaires étrangères répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Laurent Fabius s’est montré prudent sur l’objectif des 3% de déficit fixé pour 2013 par le gouvernement. "Il faut viser cet objectif, si possible l’atteindre", a-t-il assuré. Il a, par ailleurs, estimé que les conséquences auraient été "cataclysmiques" pour la France si les députés n'avaient pas adopté le traité budgétaire européen, ratifié la veille par l'Assemblée nationale.

Laurent Fabius
Laurent Fabius Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Laurent Fabius.

Laurent Fabius :
Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Ouf... Le traité budgétaire européen a été ratifié hier par l'Assemblée Nationale.  Un traité d'austérité permanente, disent ses adversaires, des socialistes, des communistes, des écologistes.  Que leur répondez-vous Laurent Fabius ?

Non, hier on a eu deux bonnes nouvelles.  Une bonne nouvelle le matin, pour l'Europe j'entend, c'est que ce qu'on appelle la taxe sur les transactions financières, qu'on a demandé depuis longtemps, allait avoir la majorité nécessaire et je pense que c'est une bonne chose pour le financement du développement notamment.  Et puis l'autre bonne nouvelle, c'est l'adoption par l'Assemblée à une double majorité, comme l'a fort bien dit Alain Duhamel, majorité générale droite-gauche et majorité de gauche.

Ce qui ne sera pas le cas au Sénat, au Sénat vous aurez besoin davantage...

Oui, parce qu'au Sénat, il n'y a pas de majorité de gauche...

Un traité d'austérité permanente, disent les parlementaires de gauche qui ne l'ont pas voté...

Non, sinon on ne l'aurait pas proposé.  Moi j'ai développé avec Bernard Caseneuve qui a fait un travail remarquable à mes côtés pour convaincre.  Trois arguments au fond, premier argument on a souhaité depuis très longtemps réorienter la politique européenne. Et là pour la première fois, on a un équilibre d'un côté du sérieux budgétaire, qui est contenu dans le traité et de l'autre toute une série de dispositions pour la croissance obtenue au mois de juin.  Donc, il y a d'autres choses à faire bien sûr, c'est pas la fin de l'histoire mais si on veut passer à une nouvelle phase, il faut déjà voter cette première.  Deuxièmement, Alain Duhamel le disait, si on avait pas voté ce traité, ça aurait été le cataclysme. Non seulement il y aurait une spéculation massive contre la France mais en plus la France aurait perdu les moyens de se défendre.  Et puis troisièmement, bon ça c'est vis-à-vis de la gauche, je pense que c'est une manière de soutenir François Hollande qui le demandait. 

Et à quoi s'exposent les parlementaires socialistes qui n'ont pas voté le traité, qui n'ont pas soutenu le président de la République ?

Je crois qu'il y a une discussion au sein du groupe parlementaire et il a été décidé, d'après ce que je comprend, qu'il n'y a pas de sanctions disciplinaires mais c'est vrai que ce n'est pas très logique pour employer un euphémisme que me confère maintenant mon nouveau statut de diplomate.

Et alors quand les gens ne sont pas très logiques on leur dit quoi ?

Et bien on leur dit qu'ils ne sont pas très logiques. 

Et on s'en tient là ?  Vous avez évoqué comme premier argument le sérieux budgétaire, faudra-t-il même si la croissance n'est pas au rendez-vous l'année prochaine, réduire quand même à 3% les déficits en France ?


Il faut viser cet objectif parce que c'est vrai que la situation...

Le viser ?

Le viser et si possible l'atteindre.

Si possible l'atteindre ?  Chaque mot est important, c'est-à-dire pour vous la règle des 3% n'est pas intangible ?

Si, je pense qu'il faut absolument la respecter mais je suis un économiste, je sais comment les choses se passent.  Si vous avez en Allemagne une croissance qui fait défaut, aux Etats-Unis une croissance qui fait défaut, en Asie une croissance moins forte, ça aura nécessairement des conséquences.  Alors, nous nous avons pris 0,8% comme objectif, le FMI dit 0,4%.  Je pense que ça dépendra de pas mal d'éléments avant qu'on rentre dans ce studio je vous parlais de la conjoncture internationale et par exemple des problèmes avec l'Iran.  Si on a un vrai problème avec l'Iran, croyez-moi ça aura des effets négatifs sur la croissance.  Inversement, si les allemands relancent leur économie et si l'Amérique après l'élection repart, on aura une croissance supérieure.  Donc, le chiffre de 0,8 me parait assez réaliste.

Et l'objectif des 3% vous parait intangible...

Ca il faut le tenir, ce n'est pas du tout à France de demander de revenir sur les 3% ça c'est clair.

Les impôts font débat en France et puis des répercussions européennes puisque des Français certains célèbres se réfugient dans des capitales étrangères.  Hier, le maire de Londres Boris Johnson, vous le connaissez peut-être, c'est un conservateur, il a dénoncé la tyrannie des impôts en France et il s'est dit heureux d'accueillir dans sa ville les français talentueux s'ils viennent alimenter notre économie.  Alors ça vous fait sourire parce qu'à la radio il n'y a pas toujours l'image alors je le dis, est-ce que Johnson est peut-être un type marrant mais en même temps il y a des français qui vont à Londres...

Je pense avec toute l'amitié que je lui porte que Monsieur Johnson devrait se préoccuper des affaires de l'Angleterre. 

Mais les français vont à Londres... ils vont payer leurs impôts à Londres...


Oui, il y en a qui le font et puis je connais aussi beaucoup de britanniques qui trouvent que la France est tellement agréable qu'il faut mieux passer l'essentiel de son temps en France.

A propos des impôts, le président de la condition des finances de l'Assemblée Nationale propose d'intégrer les oeuvres d'Art à l'assiette de l'impôt sur la fortune.  Alors c'est vous il y a déjà quelques années de cela qui, quand vous avez dessiné l'assiette de l'impôt sur la fortune avez écarté les oeuvres d'art, en 82 ?

Non, ça n'est pas exact.  Je vais revenir là-dessus, j'ai une certaine conception qui est peut-être un peu anachronique mais que je revendique de la différence entre la situation personnelle et la situation politique.  Comme vous le savez, ma famille était antiquaire donc je n'ai pas pris position sur cette question. 

Vous étiez ministre du budget à l'époque donc j'imagine que sur l'assiette de l'impôt...

Tout le monde le sait j'ai refusé de prendre position.  Maintenant je garderais la même déontologique mais je vous ferai une petite remarque quand même, c'est depuis 81 vous avez des gouvernements de droite, de gauche de droite ect... et que aucun n'a touché à cela.  Il doit y avoir une raison.  Et je pense que c'est à rechercher du côté tout simplement des emplois qui ont trait au marché de l'art, beaucoup de gens soutiennent que s'il y avait cette intégration ça aurait des conséquences évidemment très très négatives.  Je n'irai pas plus loin.

Et à un moment où l'on taxe les patrimoines à 75%...


J'ai répondu...

Vous m'avez répondu, vous n'irez pas plus loin.  Sujet grave : la Syrie rien n'évolue ?


J'ai reçu hier au Quai d'Orsay le président du Conseil National Syrien, il va y avoir bientôt une réunion à Doa pour essayer de renforcer l'union de l'opposition, c'est absolument nécessaire.  Sur le terrain les résistants gagnent un petit peu de terrain mais ce n'est pas encore décisif, donc qu'est-ce qui faut faire ?  Il faut, d'une part, comme l'a demandé Ban Ki Moon, plaider pour le cessez le feu, deuxièmement renforcer l'unité de l'opposition et troisièmement politiquement essayer de rapprocher les points de vue des uns et des autres, c'est ce que nous faisons.  Je discute avec les russes, je discute avec les américains, j'espère qu'on va avancer.

Vous avez souvent dit : "Bachar al-Assad va partir, Bachar al-Assad va être chassé du pouvoir et Bachar al-Assad est toujours là...

Il partira, bien sûr mais le plus tôt serait le mieux, il y a entre 200 et 400 morts tous les jours en Syrie.

Et il partira, personne ne peut dire quand aujourd'hui...


Et en tout cas mois je ne le peux pas...mais le plus tôt serait le mieux...

Il peut rester encore un moment à votre avis ?

Je crois que c'est très difficile quand on est un assassin auquel on reproche des crimes contre l'humanité de rester là contre on peuple.

















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