2 min de lecture Attentat

Saint-Étienne-du-Rouvray : cinq ans de prison pour un Youtubeur

Youtubeur influent, Omar C. reçoit en 2016 une vidéo annonçant une attaque imminente. Il a été condamné à cinq ans de prison pour ne pas l'avoir dit aux forces de l'ordre.

Un policier devant la mairie de Saint-Étienne-du-Rouvray, le 26 juillet.
Crédit Image : CHARLY TRIBALLEAU / AFP

C'était une menace imminente. Quelques jours seulement avant l'attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray en juillet 2016, Omar C. a reçu une vidéo de l'un des terroristes qui a égorgé le père Hamel. Mais il n'a rien fait. Le jeune homme de vingt ans a été condamné vendredi 1er décembre à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs à visée terroriste. 

En 2016, Omar C. est un lycéen sans histoire, quoiqu'un peu dissipé, et vit avec sa mère à Mantes-la-Ville, dans les Yvelines. Lorsqu'il n'est pas en cours, Omar réalise des sketchs qu'il diffuse sur YouTube sous le nom de "Mamadou Segpa". 

Il met en scène son personnage dans des situations du quotidien puis décide, un jour, de réaliser un épisode intitulé Mamadou rejoint Daesh. Il se met à regarder des vidéos de l'organisation État Islamique, puis va jusqu'à se faire passer pour un terroriste sur les réseaux sociaux.

Fasciné par Daesh

"À force, j'étais fasciné par Daesh, par ce genre de grosse production hollywoodienne" explique Omar. Au tribunal de Paris, il parle même d'une addiction à ces vidéos : "Y a aucune différence entre la cocaïne et les vidéos de Daesh, à chaque fois on veut savoir ce qui va se passer". Le jeune homme en vient à télécharger de plus en plus de fichiers d'attentats et même des documents de conseils pour les apprentis terroristes

Mais la fascination laisse place à un début de radicalisation. La justice lui reproche notamment d'avoir voulu partir en Syrie et d'avoir échangé avec le propagandiste Rachid Kassim. Ce dernier lui envoie une vidéo, le 23 juillet 2016, dans laquelle un jeune homme évoque une "attaque dévastatrice" et prête allégeance à l'État Islamique. 

"J'étais choqué par ces propos mais j'y croyais pas trop", affirme Omar, qui ne prévient pas les forces de l'ordre. Elles viennent à lui dès le lendemain pour une perquisition administrative à son domicile, saisissent la vidéo et l'interpellent quelques heures plus tard.

Si j'avais dénoncé cette vidéo à la police, peut-être que le prêtre serait encore en vie

Omar C.
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Le 26 juillet, pendant la garde à vue d'Omar, le père Hamel est égorgé dans l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Le jeune homme découvre alors que l'un des terroristes est l'homme présent sur la vidéo qu'il a reçue trois jours plus tôt, Abdel Malik Petitjean. "Je culpabilise", assure-t-il aux magistrats pendant son procès : "Si j'avais dénoncé cette vidéo à la police, peut-être que le prêtre serait encore en vie". 

Omar C. estime ne pas s'être radicalisé religieusement, malgré sa volonté de partir en Syrie après les attentats de 2015 et 2016. Une affirmation entendue par le tribunal, qui l'a condamné à cinq ans de prison, quand le procureur en demandait sept.

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