2 min de lecture Éducation nationale

Éducation sexuelle à l'école : une enseignante dénonce "un manque de moyens"

INVITÉE RTL - À la résistance de certains parents s’ajoutent surtout le manque de moyens et de formation, comme l'explique Valérie Sipahimalani, secrétaire générale SNES/FSU et professeure de Sciences de la vie et de la Terre

L'invité de RTL Midi
L'invité de RTL MIDI du 21.11.17
Crédit Média : Stéphane Carpentier,Christelle Rebière Crédit Image : DAMIEN MEYER / AFP

"Un manque de moyens, de personnel et de formation". C’est le constat que dresse Valérie Sipahimalani, secrétaire générale SNES/FSU et professeure de Sciences de la vie et de la Terre, au moment d’évoquer la loi de 2001 obligeant les établissements à dispenser à leurs élèves au moins trois séances d’éducation sexuelle par an.

En écho au rapport alarmant de Jacques Toubon, défenseur des droits, une enquête menée dans 3.000 établissements à la demande du secrétariat d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes a confirmé le problème. 25% des écoles qui ont répondu déclarent n’avoir mis en place aucune formation spécifique à ce sujet. La loi prévoit depuis 2001 au moins trois séances annuelles. "La loi le prévoit, mais elle n’a pas prévu le financement", explique la professeure. Il n’y a pas de formation des personnels de l’Éducation nationale et il est trop cher de faire venir des intervenants extérieurs. 

Chaque cours aborde donc le sujet à sa manière. "En SVT on va parler de la rencontre entre l’ovule et le spermatozoïde, en français ce sera sur le sentiment amoureux par exemple. En sciences économiques et sociales, on va travailler sur les catalogues de jouet par exemple, pourquoi on offre une voiture aux garçons et le complet de la parfaite ménagère aux petites filles. Mais on fait cours. Ce ne sont pas des moments de discussion." Impossible de mettre en place des médiations, des moments importants pour l’expression, mais également pour rappeler la loi et définir le consentement.

La résistance à cette éducation sexuelle ne viendrait pas des enseignants ni des établissements, mais plutôt des familles, à entendre la secrétaire générale du syndicat. "Certains parents considèrent que les formes de sexualité, les relations hommes-femmes, c’est un choix de famille et que l’école n’a pas à s’en mêler. Il y a 20 ans, ce n’était pas du tout le cas."

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