1 min de lecture Fiscalité

RTL a recueilli les confidences d'un fraudeur fiscal

Il se prénomme Georges. Il a 65 ans, et il est l'un des 3.000 contribuables français détenteurs de comptes en Suisse dont les noms avaient été récupérés par Bercy à l'été 2009. En pleine bataille contre les paradis fiscaux, menée par l'ex-ministre Eric Woerth, l'affaire avait fait grand bruit. Trois ans plus tard, et pour la première fois, cet ancien directeur de banque livre ses confessions, mais dénonce aussi d'étranges pratiques bancaires. Un document RTL signé Christophe Ponzio.

C'est un document RTL
C'est un document RTL Crédit : RTL.fr
Christophe Ponzio
Christophe Ponzio Journaliste RTL

Pour la première fois, un des 3.000 contribuables français détenteurs de comptes bancaires en Suisse, dont les noms avaient été récupérés par Bercy pendant l'été 2009, la fameuse "liste HSBC", parle. En pleine bataille contre les paradis fiscaux, l'affaire avait alors défrayé la chronique.

Georges, 65 ans, disposait de "plusieurs centaines de milliers d'euros" en titres sur un compte de la banque HSBC Private Bank (Suisse), issues de l'héritage de ses parents, qu'il touche en 2006. Il avait laissé sa fortune en Suisse, protégée par le secret bancaire helvétique.

Quand il apprend l'existence de cette liste il y a trois ans, l'ancien directeur de banque part immédiatement voir ses banquiers genevois. Ils le rassurent, le dissuadent de se régulariser à la cellule de dégrisement mis en place à Bercy, et lui proposent une parade pour disparaître des écrans, au cas où, en "plaçant ses titres à Singapour ou au Panama". Il signe. Echec. "On est pris, ils savent tout de moi, c'est un cauchemar". Car un an plus tard, il reçoit dans sa boîte aux lettres un courrier du fisc français, pour un contrôle fiscal. "J'ai un malaise, c'est un choc". Georges était bien sur la liste des 3.000.

Depuis, le Français s'est régularisé, contraint, mais dénonce les pratiques de la banque et ses failles informatiques. "Ce n'est pas une banque, c'est un coffre-fort avec alarme où vous laissez les clés dessus, et la banque vous dit : 'Je ne suis responsable de rien !'. C'est très grave. Il n'y a pas de contrôle interne ou externe. C'est de l'incompétence totale, pour des sommes gérées dont les montants sont bien plus importants que ceux de l'affaire Kerviel." Il ajoute que "les listings remis aux administrations étaient truffés d'erreurs, et c'est sur ces mauvaises informations que les contrôles ont été effectués", déplore-t-il.

L'ancien banquier s'estime "spolié", et devrait porter plainte dans les prochains jours contre HSBC à Genève, pour obtenir réparation de son préjudice. "Tout mon héritage a fondu". Avec son avocat suisse Me Cédric Berger, il estime ce préjudice à environ 100.000 euros, plus les intérêts.

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