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De l'additif pour carburants dans les prothèses PIP

RTL s'est procuré la composition des prothèses mammaires frauduleuses PIP, dont 20 cas de cancers ont été déclarés chez les femmes porteuses. Au menu ? Un mélange surprenant de produits commandés à des entreprises de composants industriels et chimiques qui n'avaient jamais été testés cliniquement pour leur éventuelle nocivité sur l'organisme, dont un additif pour des carburants. Mélangés les uns aux autres, l'illusion était totale. Alors que l'avocat de la société en liquidation judiciaire dément, l'entreprise chimique allemande Brenntag a affirmé lundi après-midi avoir fourni du silicone industriel à PIP.

Georges Brenier Journaliste RTL

***Un additif pour des carburants

A l'intérieur, des produits comme le Baysilone, le Silopren ou le Rhodorsil... Des noms totalement inconnus des médecins pour une raison toute simple : il s'agit là de composants industriels, qui n'ont jamais été testés cliniquement pour leurs effets éventuels sur la santé.

PIP les commandait notamment à une société allemande, l'un plus gros distributeurs au monde de produits chimiques. La preuve : l'huile de silicone, Baysilone, sert en temps normal d'additif pour des carburants, ou pour des tubes en caoutchouc... D'après le chercheur en chimie et en toxicologie, André Picot, rencontré par Georges Brenier, lors de son enquête, ce sont bien ces produits non-purifiés qui rongeait l'enveloppe des prothèses mamaires. Et qui ont conduit à ce scandale sanitaire.

***"Les meilleures prothèses du monde"

Mélangés à bonne dose, l'illusion était totale. Impossible à l'oeil nu de voir la différence avec un gel médical, 10 fois plus cher... Jean-Claude Mas, lui, a cru à son "bébé" jusqu'au bout. Malgré des taux de ruptures qui explosaient, celui que beaucoup surnomment "l'apprenti sorcier" répétait à ses troupes que son gel était tout simplement le meilleur au monde...

*** Une entreprise allemande confirme avoir fourni du silicone industriel à PIP

L'entreprise chimique allemande Brenntag a dit lundi avoir fourni du silicone industriel à la société française PIP, au centre d'un scandale mondial de prothèses mammaires défectueuses.

"Nous avons fourni le produit et les caractéristiques du produit à PIP et nous sommes en contact avec les autorités sanitaires françaises", a déclaré le porte-parole de l'entreprise, Hubertus Spethmann.

Brenntag est le plus grand distributeur mondial de produits chimiques et industriels. Son catalogue de vente ne contient pas le moindre composant à usage médical.

Autre société à prendre la parole lundi : BlueStar Sillicones : le producteur français de silicones reconnaît avoir vendu certains de ses produits à PIP, "tous à usage purement industriel" et "certainement pas destiné à des prothèses mammaires".

D'après nos informations, la société de produits chimiques Gaches, basée à Toulouse, fournissait aussi PIP.

Quatre produits donc au total, au nom inconnus du grand public : le Baysilone, le Silopren U165 et deux composants du Rhodorsil, RTVA et RTVB. Des produits non purifiés, aux risques sur la santé jamais explorés.

On les retrouve aussi bien dans des matériaux de construction que des lubrifiants, des carburants ou  des composants électroniques.

Certains d'entre eux contiennent des hydrocarbures, des solvants puissants comme le White Spirit, capables d'après les scientifiques de détruire l'enveloppe des prothèses.

***Un gel à l'allure parfaite, mais 10 fois moins cher***

C'est pour cela que Jean-Claude Mas refusait toute homologation de son gel maison.

Son calcul avait le mérite d'être simple : le savant mélange permettait d'obtenir un gel à l'allure parfaite, en dépensant 10 fois moins d'argent qu'en se fournissant auprès de labos pharmaceutiques.

Il savait aussi pertinemment que le moindre contrôle serait synonyme de scandale sanitaire et de clap de fin inévitable pour l'aventure PIP.

***Des explications de Jean-Claude Mas dans la semaine

L'avocat de Poly Implant Prothèse (PIP), Yves Haddad, a annoncé que son client, le président-fondateur du groupe Jean-Claude Mas, sortirait de son silence avant la fin de la semaine. Le juriste a égalment opposé un démenti catégorique à nos informations. "Ce n'est pas vrai du tout. C'est un produit qui existe depuis 1980 et qui était acheté à (l'entreprise pharmaceutique) Rhône-Poulenc. Il ne s'agit pas d'un produit industriel, mais d'un produit alimentaire du même type que ceux qui entrent par exemple dans la composition des rouges à lèvres", a-t-il dit. "Je ne suis pas chimiste, mais M. Mas s'expliquera sur tout ceci dans la semaine."

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De l'additif pour carburants dans les prothèses PIP
De l'additif pour carburants dans les prothèses PIP
RTL s'est procuré la composition des prothèses mammaires frauduleuses PIP, dont 20 cas de cancers ont été déclarés chez les femmes porteuses. Au menu ? Un mélange surprenant de produits commandés à des entreprises de composants industriels et chimiques qui n'avaient jamais été testés cliniquement pour leur éventuelle nocivité sur l'organisme, dont un additif pour des carburants. Mélangés les uns aux autres, l'illusion était totale. Alors que l'avocat de la société en liquidation judiciaire dément, l'entreprise chimique allemande Brenntag a affirmé lundi après-midi avoir fourni du silicone industriel à PIP.
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2012-01-03 08:30:00