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Roselyne Bachelot sur RTL : "Nous négocions très fermement avec les laboratoires" (vidéo)

Avant de débattre en direct à 8h35 avec les auditeurs de RTL, la ministre de la Santé a répondu mardi aux questions de Jean-Michel Aphatie. Roselyne Bachelot a annoncé qu'une commande de 9 millions de doses de vaccin contre la grippe A/H1N1 passée au laboratoire Sanofi-Pasteur a été "purement et simplement résiliée sans aucune indemnité". Elle a précisé que des négociations étaient en cours avec les autres laboratoires. "Nous allons discuter très fermement et nous avons un certain nombre d'arguments à faire valoir", a-t-elle dit.

Jean-Michel Aphatie

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Roselyne Bachelot.

Roselyne Bachelot : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Vous êtes au cœur d'une polémique sur votre gestion contre la grippe A. On vous a reproché d'acheter trop de vaccins contre la grippe A. Et vous avez annoncé, hier soir, avoir résilié une commande de 50 millions de doses. Dans quelles conditions cette résiliation intervient-elle ? Les laboratoires obtiendront-ils des indemnités ?

D'abord, je voudrais remercier Alain Duhamel pour l'excellent papier qu'il vient de faire, c'est fait.

Les laboratoires auront-ils des indemnités pour la résiliation ?

Il a bien expliqué un certain nombre de choses, il est revenu aux fondamentaux. Oui, nous avons effectivement pris toutes les conséquences du fait que - alors que l'Organisation mondiale de la Santé et les organisations sanitaires nous avaient dit qu'il faudrait deux doses, deux injections pour protéger dans le cadre de la vaccination contre la grippe, nous avons appris fin novembre qu'une dose serait suffisante. A partir de ce moment-là, j'ai travaillé avec mes équipes pour voir la meilleure façon de faire face à cette nouvelle donne ; et nous avons pris la décision donc de résilier les commandes de 50 millions de vaccins, 50 millions de vaccins qui d'ailleurs n'avaient pas été fabriqués, ne sont pas livrés, bien entendu, et ne sont pas payés.

Vous vous étiez engagé par contrat ?

... Et ne sont pas payés. Alors, il n'y avait pas de clause de résilitation, mais nous sommes en phase d'un changement substantiel de la nature du produit puisqu'ils nous ont été vendus comme étant des vaccins à deux injections. Il y a un changement, oui substantiel, donc une injection. Nous avons des discussions avec les laboratoires sur ce sujet. D'ores et déjà le laboratoire Sanofi-Pasteur nous a fait savoir que pour 9 millions de doses, eh bien la commande était purement et simplement résiliée sans aucune indemnité.

Et les autres laboratoires, ce sont trois laboratoires concernés ?

Alors nous sommes en discussion avec ces laboratoires.

Donc, vous ne savez pas encore combien d'argent ça va vous coûter de dénoncer le contrat ?

Nous allons discuter très fermement et nous avons un certain nombre d'arguments à faire valoir.

Vous avez aussi annoncé, hier soir, que finalement alors que c'était, nous avait-on dit, pendant longtemps impossible pour des raisons logistiques, les médecins généralistes pourraient vacciner des patients. Convenez-vous là, d'une erreur d'appréciation ?

Non, je ne conviens pas d'une erreur d'appréciation. Simplement les choses ont changé.

Là aussi ?

Mais oui...

Tout a changé ?

Oui effectivement, la gestion d'une grippe c'est une gestion évolutive, monsieur Aphatie, parce que les conditions changent. Qu'est-ce qui a changé ? Ce sont les livraisons de vaccins. Tout au long de la première phase de vaccination, nous n'avons eu pratiquement que des vaccins multidoses livrés en boîtes de 500 doses de vaccins. Et puis, nous avions un échéancier de livraisons très serré. Nous avons toujours été en flux tendu avec un stock minimum. Maintenant, cette affaire s'est dégagée. Nous avons reçu 5 millions de vaccins unidoses depuis le début de l'année ; et nous avons un vrai stock de vaccins qui nous permet d'agir par capillarité de ce stock. Donc nous pouvons maintenant comme je l'avais dit aux médecins généralistes, les associer dans leur cabinet à la campagne de vaccination parce que, bien sûr, ils ont toujours été associés - ce qu'ils souhaitaient - dans les centres de vaccination, bien sûr mais bien sûr dans les équipes mobiles.

Mais ils pourront vacciner dans leur cabinet ?

Ils pourront vacciner dans leur cabinet à partir de la semaine prochaine, parce que la donne logistique a changé.

Ils seront payés pour ça les médecins généralistes ?

Bien entendu, ils seront payés. Nous sommes d'ailleurs en train de finaliser les négociations avec eux sur les rémunérations.

Combien seront-ils payés par acte médical ?

Je vous dis que nous sommes en train de finir la négociation avec eux.

Comme ça, ça vous coûtera encore !

Je vous en dirai un petit peu plus à la fin de la semaine.

Ca vous coûtera encore un peu d'argent. Le gouvernement  a aussi acheté 33 millions de doses de Tamiflu...

Oui, ce sont mes prédécesseurs qui l'ont fait.

Vous n'assumez pas cette décision ?...

Ah si c'est une très bonne décision. Non mais je veux dire : le gouvernement ... Vous dites LE gouvernement, ce n'est pas ce gouvernement. C'est un stock de précautions. Alors je suis heureuse que vous me posiez cette question.

Je vais la reposer encore. Vous avez deviné ma question ?...

Non, non, mais j'ai entendu un festival de bêtises hier sur votre antenne.

Attendez, le "British medical journal", mi-décembre, dit : "Le Tamiflu n'est pas efficace". Vous en avez acheté 33 millions de doses. C'est incroyable, ça !

Oui, je veux dire que le Tamiflu est un bon antiviral. On s'aperçoit d'ailleurs que les personnes qui ont reçu du Tamiflu sont avec des formes moins sévères que ceux qui n'en ont pas reçu. Ce que je veux dire c'est que j'ai entendu, hier, dans le festival d'inexactitudes qui a fait florès, donc hier, j'ai entendu que nous aurions le tiers du stock de Tamiflu mondial. Nous en avons 8%. J'ai entendu monsieur Debré dire que nous avions 10% des vaccins, nous en avons 3%. Alors vraiment, hier, entre monsieur Hamon, entre monsieur Le Guen, entre monsieur Bayrou, on a entendu un tel festival de bêtises que je suis quand même contente d'avoir l'occasion de les rectifier.

Quand le "British medical journal", à la mi-décembre, dit qu'il a des incertitudes sur l'efficacité du Tamiflu, vous dites quoi ?

Alors, moi je dis qu'il y a des études complémentaires qui ont été faites et que l'efficacité du Tamiflu, la protection qu'il peut apporter est un élément que nous avons communiqué aux médecins qui restent évidemment libre de leur prescription ou non de Tamiflu.

Jean-Jacques Jégou, sénateur du MoDem, ce matin dans "Le Parisien", dit ceci : "La France a acheté une quantité totalement démesurée de masques, exactement 1,7 milliard, dit-il. Or, quasiment personne ne les utilise". Vrai ou faux ?

Alors, nous nous sommes préparés...

Il va falloir les jeter tous ces masques ?

Nous nous sommes préparés à une épidémie de grippe aviaire qui était une épidémie évidemment extrêmement dangereuse et nous avons acheté des masques dans le cadre de cette épidémie de grippe aviaire. Du moins, le gouvernement précédent a acheté des masques dans le cadre d'une épidémie de grippe aviaire.

Mais vous aussi, vous en avez achetés ? Vous êtes à la Santé depuis deux ans quand même !

Et nous renouvelons...

C'est la deuxième fois que vous faites référence au gouvernement précédent ! C'est vous qui êtes...

Attendez ; et nous renouvelons, Jean-Michel Aphatie, ces stocks de masques régulièrement. Vous savez, ce n'est pas parce qu'il y a un problème de santé publique aujourd'hui sur une grippe A H1-N1 qu'il ne faut pas se préparer à toute éventualité. C'est ça un ministre de  la santé. On parlait du principe de précaution. Il faut se préparer. Demain, vous ne savez pas de quoi demain sera fait, Jean-Michel Aphatie.
   
Quand on essaie de faire un premier bilan de tous les achats que vous avez faits, de toutes les dispositions que vous avez prises...

C'est trop tôt. Ecoutez, la campagne de vaccination n'est pas terminée. Vous savez, on parlait de 5 millions de personnes vaccinées. La campagne de vaccination va se poursuivre jusqu'en septembre, l'an prochain. Comment voulez-vous alors que nous sommes à un mois pratiquement, on a commencé la vaccination le 12 novembre avec le début du lancement de la campagne ...   

Bientôt deux mois.

On a fermé quelques centres au moment des fêtes pour laisser le système de santé se poser. Comment voulez-vous faire un bilan ? Vous êtes très fort, monsieur Aphatie pour tirer un bilan !

Les experts qui vous ont conseillé vous ont bien conseillé Roselyne Bachelot dans cette histoire ? On dit que quelquefois, ils sont liés à des laboratoires ? Vous avez été bien conseillée ?

Non, je me suis assuré d'un consensus scientifique le plus large possible. Il ne faut pas écouter qu'un expert.

Mais vous avez le sentiment d'avoir été bien conseillée, Roselyne Bachelot ?

J'ai le sentiment d'avoir été bien conseillée face à un problème extrêmement difficile, extrêmement complexe. Moi je veux en revenir à une question de santé publique, Jean-Michel Aphatie. Il faut se vacciner, nous sommes en phase d'une grippe peu sévère mais très contaminante. Savez-vous que nous avons eu encore dans les trois derniers jours du week-end du Pont de l'Ascension, nous avons eu dix-huit morts dont des gens qui ne présentaient pas de signes inquiétants au départ, qui n'avaient pas de facteurs de risques. Ces gens-là, il faut les protéger.

Il faut se vacciner. Accepterez-vous, Roselyne Bachelot, une commission d'enquête parlementaire sur ce sujet ?

Bien entendu. Je l'ai déjà dit des dizaines de fois.  Et je viens régulièrement devant l'Assemblée nationale et le Sénat rendre compte du déroulement de la campagne de vaccination. Ca ne me gêne absolument pas, au contraire.

Accepté. Et vous êtes, ce matin, là aussi pour répondre aux questions des auditeurs de RTL. On retrouve Roselyne Bachelot tout à l'heure.

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