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Refuge du Col de Sarenne : "Nous disposons de sept sources d'énergie différentes", indique le gardien des lieux

EN IMAGES - Le Col de Sarenne, dans l'Isère, culmine à près de 2.000 mètres d'altitude. Le refuge qu'il abrite a été créé par un ancien ingénieur agronome très écolo, qui en a fait un petit laboratoire autour de l'habitat de demain.

Fabrice André devant son refuge, le refuge de Sarenne, au col de Sarenne, à 2.000 mètres d'altitude, au-dessus de l'Alpe d'Huez
Fabrice André devant son refuge, le refuge de Sarenne, au col de Sarenne, à 2.000 mètres d'altitude, au-dessus de l'Alpe d'Huez Crédit : Serge Pueyo
Serge Pueyo Journaliste RTL

Ce jeudi 18 juillet 2013, la Grande Boucle aborde son étape la plus populaire avec une nouveauté pour sa centième édition : la double ascension de l'Alpe d'Huez. A vingt-sept reprises jusqu'à présent, une arrivée d'étape du Tour de France a été jugée au bout des 21 virages de la célèbre montée. En Isère, les coureurs vont emprunter le col de Sarenne (3 kilomètres à 7,8%), le point le plus haut du parcours (1.999 mètres d'altitude). L'occasion de découvrir sur place un refuge écologique, totalement autonome sur le plan énergétique.

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Refuge du Col de Sarenne : "Nous disposons de sept sources d'énergie différentes", indique le gardien des lieux Crédit Média : Serge Pueyo | Durée : | Date :

Un refuge à énergie positive

Le refuge de Sarenne, vu d'en haut
Le refuge de Sarenne, vu d'en haut Crédit : Serge Pueyo

Le site se situe dans un cadre majestueux. "On a une vision à perte de vue sur le massif des Ecrins, avec la Meije ou le Rateau", nous explique le gardien des lieux, Fabrice André. Pour rallier le site, il faut prendre une petite route pastorale qui chemine à travers les alpages, accompagnée par les cris des marmottes et le bruit des torrents. Dans un magnifique écrin de montagnes, notre guide nous accueille.

La petite route pastorale du col de Sarenne
La petite route pastorale du col de Sarenne Crédit : Serge Pueyo

Son refuge en pierre et en bois est situé juste au sommet du col. "D'un côté, nous avons la Vallée du Ferrand qui donne sur le barrage du Chambon. De l'autre côté, vous avez la station de l'Alpe d'Huez", explique Fabrice André. "On est au-dessus de l'étage subalpin. Il n'y a donc plus d'arbres, mais une pelouse alpine avec plein de petites plantes de montagne. On a beaucoup de gentianes bleues et quelques edelweiss", explique-t-il.

La particularité du refuge de Sarenne ? "C'est un refuge à énergie positive. Nous disposons de sept sources d'énergie différentes", indique notre homme. "On voit les éoliennes à axe vertical ; là-haut, nous avons une éolienne à géométrie variable. Nous avons aussi du panneau photovoltaïque", poursuit-il.

Le massif des Ecrins enneigé, vu depuis le refuge de Sarenne
Le massif des Ecrins enneigé, vu depuis le refuge de Sarenne Crédit : Serge Pueyo
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Autre technique employée : la caléfaction d'hydrogène. "On fait brûler l'eau. En fait, on a énormément d'énergie dans l'eau, puisqu'on a de l'hydrogène", explique le maître des lieux. "Une fois que l'eau a dépassé les 3.600 degrés, l'eau s'enflamme. Elle dégage alors son énergie. On fait brûler l'hydrogène contenu dans l'eau. On en récupère une énergie phénoménale".

Le but ? "Ça nous sert à chauffer le refuge. Ça sert aussi à son autonomie en électricité, car nous ne sommes pas raccordés au réseau. Enfin, ça sert à montrer aux gens que l'on peut vivre autrement, qu'un nouveau monde est en train d'émerger, et que la seule liberté passera par l'autonomie énergétique et l'énergie libre".

Un "truitomètre" pour juger de la qualité de l'eau

Le propriétaire de ce refuge écolo lutte aussi à sa manière contre la pollution en montagne, en recyclant les eaux sales. Il a pour cela créé un petit bassin avec des plantes aquatiques. "C'est un lac artificiel, un bassin de phyto-épuration dans lequel on va recycler les eaux grises du refuge avant des les remettre dans le milieu naturel", indique Fabrice André.

"En bas, on voit de l'élodée du Canada. On a une oxygénation forcée par la végétation. On fixe l'azote, le soleil tue les bactéries. On s'assure de la qualité avec les truites que l'on voit naviguer à l’intérieur. C'est comme une forme de truitomètre, la truite étant très sensible à la qualité de l'eau", argumente notre guide.

Un troupeau de moutons au col de Sarenne (illustration)
Un troupeau de moutons au col de Sarenne (illustration) Crédit : Serge Pueyo

"Dans les parc nationaux en face, vous avez des refuges qui remettent tout dans le milieu naturel, et personne ne dit rien", s'indigne-t-il. Et de citer : "Déchets, déjections humaines, incinération sauvage avec production de dioxine à volonté, et surtout la contamination". Fabrice André explique qu'un refuge "contamine plus qu'une ville de 5.000 habitants" : "Si on contamine à l'origine de la source, on contamine toute la chaîne d'écoulement. Une bactérie n'a pas de frontière !"

Un champ de fleurs au col de Sarenne
Un champ de fleurs au col de Sarenne Crédit : Serge Pueyo

Au col de Sarenne, on trouve même l'un des plus hauts jardins potagers de France. "Pour faire des tomates à cette altitude, en réchauffe le sol par un plancher chauffant en faisant brûler nos déchets. C'est de l'énergie qui ne nous coûte rien. Ensuite, on fait une accumulation à partir de ces petits tunnels qui apportent la protection contre le gel en période nocturne", décrit Fabrice André, pour qui "c'est un petit exploit" de faire mûrir les tomates à cette altitude. "Question goût, ça vaut largement ce qu'on achète dans le commerce", ajoute-t-il.

Nous sommes dans l'un des plus hauts jardins potagers de France, avec des tomates produites à 2.000 mètres d'altitude
Nous sommes dans l'un des plus hauts jardins potagers de France, avec des tomates produites à 2.000 mètres d'altitude Crédit : Serge Pueyo

La Vallée du Vénéon

En redescendant du col de Sarenne, il faut se rendre dans la Vallée du Vénéon. "C'est un lieu charmant et sauvage où coule une rivière magnifique aux eaux turquoises, et sur laquelle vous pouvez faire une sacrée descente, soit en rafting, soit en tubing, soit en hydrospeed", explique Marie-Paule, une amoureuse des lieux. L'eau est à 7 degrés : rafraîchissement garanti !

En savoir plus

Le site du refuge du col de Sarenne
Téléphone : 04 76 80 30 48

L'office du tourisme de Venosc Vénéon

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