1 min de lecture L'invité de RTL

Quand Frédéric Lefebvre ne veut plus parler de l'affaire Woerth

Le porte-parole de l'UMP répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie vendredi matin. "Les attaques contre Eric Woerth ont fait 'flop'", a-t-il notamment déclaré, avant d'ajouter que "cette affaire Bettencourt n'est pas une affaire politique", et que Eric Woerth peut "bien sûr" rester ministre. Frédéric Lefebvre a ensuite refusé de répondre à de nouvelles questions concernant cette affaire, provoquant une tension entre l'intervieweur et l'interviewé. Comme le résume Vincent Parizot à la fin de cette séquence, "Jean-Michel Aphatie était venu avec ses questions, et Frédéric Lefebvre avec ses réponses"...

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Frédéric Lefèbvre.

Frédéric Lefèbvre : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, dit ceci ce matin dans le journal "Les Echos" : "Je me pose une question légitime. Comment Eric Woerth peut-il gérer en même temps ses problèmes personnels avec l'affaire Bettencourt, et la réforme des retraites ? Cette situation, poursuit François Chérèque, fait que l'on n'aborde plus du tout le fond du dossier. C'est un vrai problème". Y a-t-il aujourd'hui, Frédéric Lefèbvre, un "problème Woerth" ?

Vous savez, je dis la même chose que François Chérèque c'est "revenons au fond du dossier".

Y a-t-il un "problème Woerth" ?

Il y a un moyen de régler cette difficulté, ce problème : c'est de revenir à l'essentiel au lieu d'être sur le dérisoire.

Qui est sur le dérisoire ?

Mais tout le monde.

Tout le monde, sauf vous...

"Sauf moi", ce n'est pas le sujet. Mais quand on parle, quand j'entends parler en permanence, alors qu'il y a des milliers de décorations par an, qu'il y a des dizaines de milliers de lettres de soutien pour des décorations, quand vous parlez de "l'affaire du siècle", c'était une "affaire politique sans précédent", qu'en réalité alors que les Français qui nous écoutent ce qui les intéresse c'est d'autres questions, c'est le chômage, c'est les retraites, c'est les questions de sécurité.

Quand je vois le temps qu'on passe sur cette affaire, quand j'entends les mots employés en parlant de Monsieur Woerth "menteur", " rétractation", "aveu", "reconnu", alors même que je me souviens qu'à votre antenne, sur RTL au mois de juin, Eric Woerth ne s'est jamais caché d'avoir remis à monsieur de Maistre cette décoration...

Pour être précis, le 23 juin, la révélation est faite par Lepoint.fr, que c'est Eric Woerth qui a décoré Patrice de Maistre. Ce n'est pas Eric Woerth qui le dit, mais c'est Lepoint.fr...

Il ne s'en est jamais caché. Quand vous l'interrogez...

Le cabinet d'Eric Woerth, le 23 juin, confirme le fait qu'Eric Woerth, ministre du Budget; a remis la légion d'honneur à Patrice de Maistre. Le 23 juin, le cabinet de Monsieur Woerth, dit : "il l'a remise mais il ne l'a pas proposée". Et il faut attendre le  31 août, Lexpress.fr pour comprendre qu'Eric Woerth fait partie des gens qui ont proposé que la légion d'honneur soit remise à Patrice de Maistre. Comment peut-on expliquer que deux mois se soient écoulés sans qu'Eric Woerth cherche à vérifier s'il a fait partie ou non des gens qui ont proposé la légion d'honneur à Patrice de Maistre, deux mois ?

Jean-Michel Aphatie, je redis ce que j'étais en train de dire. On est d'accord sur une chose : c'est que, à votre émission, le 23 juin - vous dites que c'est le 23 juin - je ne me souvenais pas de la date exacte...

C'est le 27 juin l'émission, mais le 23 juin la révélation pour la remise de la décoration.

Très bien. Donc, Eric Woerth a parfaitement admis et reconnu et ne s'en est pas caché qu'il avait remis cette décoration.

Mais il dit : "Je ne l'avais pas proposée"...

Attendez juste... Il dit...

Je complète !

Il dit qu'il ne l'a pas attribuée, c'est pas lui qui ne l'a pas attribuée. Il a parfaitement raison puisque c'est le ministre de l'Economie. C'était même avant qu'il soit ministre du Budget. Par contre, qu'est-ce qu'il dit ? Il dit que c'est une connaissance, monsieur de Maistre, que c'est pas un ami, c'est une connaissance. Il ne s'est jamais caché de connaître monsieur de Maistre. Donc le débat il est sur, puisqu'il dit aussi à un autre moment que si on lui avait demandé si il soutenait monsieur de Maistre, bien sûr il l'aurait soutenu, mais il ne se souvenait pas s'il l'avait fait. Donc le débat...

Mais pourquoi n'a-t-il pas vérifié ? Il a attendu deux mois..

Mais parce que c'est dérisoire, monsieur Aphatie. Je le redis. Et on nous parlait de cette grande affaire, tout ça. Ces attaques ont fait flop, monsieur Aphatie.

Y a t-il un "problème Woerth" aujourd'hui ?

Mais il n'y en a pas. Ces attaques ont fait flop ; et la réalité de tout cela, c'est qu'on oublie l'essentiel des choses. Vous vous intéressez aux lettres, Jean-Michel Aphatie. Il y a une lettre qui est beaucoup plus intéressante dans "Le Figaro", aujourd'hui, qui montre quoi ? Ce que nous disons depuis le départ et ce que dit d'ailleurs Eric Woerth : c'est que c'est en rien une affaire. Cette affaire Bettencourt n'est en rien une affaire politique. C'est une affaire familiale, la personne qui a attaqué Eric Woerth et qui a attaqué le monde politique. On apprend qu'il y a un courrier qui est en réalité un contrat avec une des personnes de la famille, avec 800.000 euros à la clé. C'est ça la lettre qui est importante, monsieur Jean-Michel Aphatie.

Donc, pour vous pas de problème. Eric Woerth peut rester ministre ?

Bien sûr. Et je vais vous faire une confidence : j'attends avec impatience que le débat des retraites s'ouvre, qu'Eric Woerth puisse faire son travail. Qu'on le laisse faire son travail. Au lieu de rester sur le dérisoire, revenons à l'essentiel.

Est-ce que vous convenez tout de même qu'Eric Woerth aurait pu apporter lui-même plus de clarté sur ses relations avec Patrice de Maistre et dire tout simplement à un moment : "Oui, j'ai fait partie des gens, il y en a peut-être plusieurs d'ailleurs, on ne le sait pas, qui ont recommandé la remise de la légion d'honneur à Patrice de Maistre".

On ne va passer toute l'émission sur cette lettre.

D'accord. Si on ne passe pas toute l'émission, j'ai une autre question :

J'imagine qu'on ne va pas passer toute l'émission là-dessus. Qu'on va parler par exemple de cette affaire absolument choquante d'Uriage avec un braqueur qui se retrouve...

... J'ai une autre question...

Ecoutez, en tout cas, moi j'aimerais parler de cela. Je suis...

... J'ai une autre question...

On va passer toute l'émission sur Patrice de Maistre ? Les Français... Ecoutez...

... J'ai une autre question...

J'ai écouté vos auditeurs ce matin, ils s'intéressent aux questions. Non, mais je vais répondre à vos questions, mais permettez-moi...

Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de...

Attendez. Jean-Michel Aphatie, avant, je vais juste terminer ce que je disais et puis vous pourrez poser votre question. De toute façon, vous êtes ici chez vous.

Alors allez-y, poursuivez.

Je veux dire que j'ai écouté votre antenne, et je suis particulièrement choqué par la décision qui a été prise de remettre en liberté ce braqueur et que je me félicite que le parquet ait fait appel et que j'attends avec impatience que la décision du juge des libertés soit remise en cause parce que, voyez-vous, les attaques que subissent les policiers, le travail fait par les policiers, ne doit pas être détricoté de cette manière.

D'accord. J'ai compris. Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune Bettencourt...

... Mais c'est important de parler de ces questions.

Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune Bettencourt, fait-il partie de l'association Premier Cercle qui regroupe les principaux donateurs de l'UMP ?

Je vais vous dire : je n'en ai strictement aucune idée. Il faut que vous interrogiez pour cela les trésoriers. Je n'en ai aucune idée.

Aucune idée. J'ai noté vous ne vous intéressez pas à la question. J'ai une autre question.

Il pourrait parfaitement l'être.

Cette association Premier Cercle qui regroupe les principaux donateurs...

Attendez, Jean-Michel Aphatie, les principaux donateurs : combien sont-ils Jean-Michel Aphatie ?

J'ai une autre question... Je ne sais pas. Vous le savez ?

50.000. Vous devriez le savoir parce que Eric Woerth...

Je vous demandais si monsieur Patrice de Maistre en fait partie.

Eric Woerth l'avait dit à votre émission le 27 juin

Et je vous demande si Patrice de Maistre en fait partie.

Je me souviens du débat...

Est-ce que je peux vous poser une autre question ?

Vous pensez bien...

Que vous ne le savez pas.

Mais exactement. En plus je ne suis pas trésorier de ma famille politique. Je n'en sais strictement rien.

Cette association Premier Cercle est-elle mise en sommeil, comme on l'a lu aujourd'hui ?

Pourquoi serait-elle mise en sommeil ?

Donc elle ne l'est pas : les donateurs se réunissent toujours ?

Mais attendez, je ne comprends pas votre question.

Vous êtes porte-parole de l'UMP...

Oui, mais...

Je vous demande si l'association qui regroupe les principaux donateurs de l'UMP est mise en sommeil. On ne peut que le lire, mais ça n'a pas été officiel, ou pas. Très bien.

Bien sûr que non. Les donateurs de l'UMP heureusement... Il y a toujours des donateurs, et ils sont nombreux.

Tout ça est transparent, il n'y a pas de problème, on peut...

Mais c'est ce que je suis en train de vous dire. C'est pour ça que...

Voilà. Je peux donc vous poser la question.

Regardez tout ce temps qu'on a passé. Il nous reste combien de temps ?

Vincent Parisot : Il ne vous reste rien du tout.

Eh bien. Voilà. Ecoutez, moi je voudrais dire une chose

Rapide, alors...

Elle est très rapide. Je voudrais en profiter, sur l'emploi.

Ah non, non, non. Ecoutez...

Les chiffres...

Non. L'actualité elle est exigeante, l'actualité d'aujourd'hui...

Non mais...

L'actualité, c'était Eric Woerth, et l'on vous remercie d'avoir participé à cette émission concernant Eric Woerth. Merci. Bonne journée.

Vincent Parisot. Vous savez ce qu'on va dire : Jean-Michel, vous êtes venu avec vos questions, et puis monsieur Lefebvre est, lui, venu avec ses réponses.

Vous savez, c'est l'actualité qui dit les questions.

C'est terminé, Monsieur Lefèbvre.

Non, mais RTL, vous êtes à l'écoute des Français ?

Vincent Parisot : Totalement. Et ils vont avoir la parole tout à l'heure.

Qu'est-ce qui intéresse les Français ?

C'est terminé, monsieur Lefebvre...

VOIR LE BILLET DE JEAN-MICHEL APHATIE CONCERNANT CETTE INTERVIEW SUR SON BLOG.
 

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Quand Frédéric Lefebvre ne veut plus parler de l'affaire Woerth
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2010-09-03 18:10:00