1 min de lecture Arnaud Montebourg

PSA : Arnaud Montebourg recadré par l'Elysée ?

Le ministre du Redressement productif a été placé sous surveillance par l'Elysée. En cause : la méthode utilisée par Arnaud Montebourg dans la gestion du dossier PSA. Ce dernier s'est en effet attiré de vives critiques de l'opposition et de la famille Peugeot, actionnaire majoritaire, après avoir mis en cause la direction du constructeur automobile, qui a annoncé le 12 juillet vouloir supprimer 8.000 postes dans les années à venir. Le dossier est sensible

Montebourg persiste et signe

Principales conséquences de ce recadrage : une rencontre entre Arnaud Montebourg et des journalistes a été annulée mardi après-midi, et c'est Jean-Marc Ayrault en personne qui a repris en main le dossier, comme en témoigne sa rencontre lundi avec Philippe Varin, le PDG du groupe.

Le ministre du Redressement productif défend ce mardi dans Libération sa méthode de "négociation franche". Interrogé sur d'éventuels regrets quant à l'utilisation de certaines expressions comme "dissimulation" à l'encontre de la direction de Peugeot concernant l'avenir du site d'Aulnay, le ministre persiste et signe, affirmant que "ces mots ont été pesés". "Je ne veux en aucun cas blesser le groupe PSA. Ni ses dirigeants, ni ses salariés", déclare-t-il dans cette interview. "Je veux protéger l'avenir de cette entreprise, de ses usines en France, de ses salariés".
  
Quant à sa méthode et les éventuels problèmes qu'elle suscite, Arnaud Montebourg évacue les critiques. "Mon ministère n'est pas celui des mondanités, c'est celui de l'action et du rassemblement patriotique au service de notre industrie", répond-il. "Nous n'esquiverons pas les problèmes et les désaccors. Nous n'enfouirons pas les dossiers comme nos prédécesseurs dans les armoires profondes de la République."
  
"Ma méthode, c'est la négociation franche pour, ensuite, rassembler tout le monde autour des difficultés et les surmonter ensemble", explique le ministre, qui souligne que "nous sommes dans une situation d'urgence économique et sociale qui exige que chacun fasse un effort".

Arnaud Montebourg était allé jusqu'à parler d'un "malade imaginaire", s'en prenant non seulement aux dirigeants de PSA, mais aussi à son principal actionnaire, la famille Peugeot, qui détient 25,4% du capital.

Feu nourri de l'opposition

L'ancien candidat à la primaire PS, qui avait fait campagne sur la "démondialisation", a été sous le feu roulant des questions d'actualité de l'opposition mardi après-midi à l'Assemblée. Auparavant, le patron des députés UMP Christian Jacob et l'ex-ministre Nathalie Kosciusko-Morizet ont dénoncé respectivement le style "Fouquier-Tinville" et le côté "procureur" de l'ex-avocat.
  
Christian Jacob a jugé qu'Arnaud Montebourg avait effectivement fait l'objet d'un "recadrage" de la part du Premier ministre, pour s'en féliciter. "Il se conduisait vraiment en procureur et non pas en ministre". "Il était temps, après les outrances verbales, que Jean-Marc Ayrault calme le jeu en quelque sorte et qu'on arrive à un discours sérieux sur un sujet à la fois sérieux et dramatique de conséquences", a-t-il estimé.

La majorité a fait bloc autour du ministre chargé de mettre en œuvre la promesse du chef de l'Etat le 14 juillet : "renégocier" le plan de restructuration de PSA, le premier dossier social brûlant du quinquennat. Le porte-parole du groupe PS, Thierry Mandon, a démenti tout "recadrage" d'Arnaud Montebourg: "L'équipe gouvernementale et le président sont exactement sur la même ligne, celle d'engager une négociation dure avec PSA".
  
"Arnaud Montebourg est sur une démonstration qui leur fait mal, la démonstration qu'on peut essayer de prendre à bras-le-corps des problèmes qui sont des problèmes compliqués, structurels. C'est tout le contraire de ce qu'ils ont fait", a plaidé le président des députés PS Bruno Le Roux, renvoyant l'opposition à ses critiques et son bilan.

Sur le fond, le ministre reste tout de même en première ligne dans ce dossier. Il présentera mercredi, en Conseil des ministres, un plan d'aide à la filière automobile, qui passera vraisemblablement par un "soutien massif" aux véhicules "innovants et propres", en échange de "contreparties".

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