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Prostitution : la loi sur le racolage passif bientôt abolie ?

Najat Vallaud-Belkacem au secours des prostituées. Selon les informations de RTL, la ministre des droits des femmes souhaite abroger la loi sur le racolage passif. Cette loi, votée sous l'impulsion du ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy en 2003, punit de 3.750 euros d'amende et 2 mois de prison celles qui s'adonnent au racolage. Or depuis cette loi, l'état de santé des prostituées s'est considérablement dégradé. Elles subissent de plus en plus de violence, se cachent, certaines n'osent même pas porter sur elles des préservatifs au cas où elles seraient arrêtées. Et le dernier rapport de l'inspection générale des affaires sociales est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Elles sont victimes de toutes sortes de maladies liées à leur sexualité et à leur précarité.

Micro RTL
La rédaction de RTL et Nicolas George

Un rapport sur la santé des prostituées préconise d'agir pour les mineurs et sans papiers 

Un rapport sur "les enjeux sanitaires de la prostitution" préconise mardi de porter une attention particulière aux mineurs et aux étrangers en situation irrégulière, et de mieux "approcher la face cachée de la prostitution" notamment sur internet, à l'écart des actions de prévention.

Le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), remis mardi à la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, prône aussi d'améliorer la connaissance des différentes formes de prostitution, dont "une part sans doute importante" reste "invisible et très mal connue", et de développer les moyens confiés aux associations qui oeuvrent auprès des prostituées.

Julien Emmanuelli, co-auteur du rapport, a souligné la nécessité de mieux connaître la prostitution "indoor", "qui se pratique à l'intérieur" (appartement, hôtel, bars, salons de massage) et qui recrute sa clientèle notamment via internet.  La prostitution "recouvre des réalités diverses", mais le nombre total de prostitué(e)s est inconnu, remarque l'Igas, les estimations allant de 20.000 et 40.000 (Office central pour la répression de la traite des êtres humains) à 400.000 (Syndicat des travailleurs du sexe).

Les seules données disponibles portent sur la prostitution de rue, qui concerne très largement "des femmes étrangères en situation irrégulière, vivant dans des conditions plus ou moins précaires", ajoute l'Igas.

Outre des risques inhérents à la prostitution (VIH/sida, hépatites, infections sexuellement transmissibles, ainsi que les violences), les prostituées de rue sont touchées par "les pathologies de la précarité": problèmes respiratoires, addictions, troubles psychiques, etc. "L'isolement et la clandestinité apparaissent comme des facteurs d'aggravation des risques", insiste le rapport.

L'Igas s'inquiète "tout particulièrement de la situation des jeunes mineurs qui se prostituent" et suggère le lancement d'une mission pour "apprécier l'ampleur et les caractéristiques du phénomène", "largement occulté". Saluant le travail des associations en matière de prévention des risques, le rapport note "une très importante diminution des crédits" qui leur sont alloués, passés de 6,738 millions en 2006 à 2,215 millions en 2011.

"Les interventions associatives méritent d'être confortées et élargies pour s'adapter aux diverses formes de prostitution", insiste l'Igas, qui note "les difficultés accrues pour accéder aux publics prostitués", notamment en raison de la loi de 2003 qui a instauré le délit de racolage passif, poussant les prostituées à "se dissimuler". Najat Vallaud-Belkacem a reconnu "la nécessité de consolider le soutien aux associations" et de "simplifier l'accès à ces financements".

Reconnaissant que le délit de racolage passif était "fortement préjudiciable" aux prostitué(e)s, elle a rappelé que le gouvernement travaillait à un plan "global" sur la prostitution, portant sur "les questions pénales" et sur "les questions d'insertions sociale et professionnelle".

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Prostitution : la loi sur le racolage passif bientôt abolie ?
Prostitution : la loi sur le racolage passif bientôt abolie ?
Najat Vallaud-Belkacem au secours des prostituées. Selon les informations de RTL, la ministre des droits des femmes souhaite abroger la loi sur le racolage passif. Cette loi, votée sous l'impulsion du ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy en 2003, punit de 3.750 euros d'amende et 2 mois de prison celles qui s'adonnent au racolage. Or depuis cette loi, l'état de santé des prostituées s'est considérablement dégradé. Elles subissent de plus en plus de violence, se cachent, certaines n'osent même pas porter sur elles des préservatifs au cas où elles seraient arrêtées. Et le dernier rapport de l'inspection générale des affaires sociales est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Elles sont victimes de toutes sortes de maladies liées à leur sexualité et à leur précarité.
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2012-12-18 16:38:00