1 min de lecture François Fillon

Présidence UMP : Copé et Fillon revendiquent tous les deux la victoire, pas encore de vainqueur

Le suspense est proportionnel à la confusion qui règne au sein de l'UMP dimanche soir. Alors que les adhérents ont voté toute la journée pour désigner leur nouveau président, il est impossible de déterminer un gagnant. Jean-François Copé et François Fillon ont effet tous les deux annoncé leur victoire, tour à tour, face à la presse. L'ex-Premier ministre a finalement indiqué que "personne ne peut" encore se "prévaloir" de la victoire. Cette guerre des nerfs s'est doublée d'accusations de fraudes mutuelles entre les deux camps. La balle est désormais dans le camp de la Commission d'Organisation et de Contrôle des Opérations Électorales (la COCOE), qui doit proclamer des résultats officiels. Celle-ci a indiqué qu'elle attendrait les résultats de tous les départements avant de se prononcer, et a suspendu ses travaux peu avant 4h du matin et les reprendra à 10h lundi.

micro générique
La rédaction numérique de RTL

Pas encore de vainqueur, a dit Fillon

C'est un quart d'heure complètement fou qu'ont vécu les adhérents de l'UMP. Vers 23h30, Jean-François Copé s'est présenté à la presse pour revendiquer la victoire. "Les militants et les militants de l'UMP viennent aujourd'hui de m'accorder la majorité de leur suffrages et ainsi de m'élire comme président de l'UMP", a-t-il déclaré. Son entourage expliquait qu'il bénéficiait de 1.058 voix d'avance.

L'actuel secrétaire général du parti allait même plus loin en tendant la main à son adversaire. "Je veux dire à François Fillon que je souhaite dès maintenant travailler main dans la main avec lui et avec l'ensemble de ceux qui ne m'ont pas soutenu, je veux leur dire aux uns comme aux autres que notre famille doit être rassemblée".

Quelques minutes plus tard, c'est l'ex-Premier ministre qui s'est à son tour présenté devant les journalistes. "Je ne laisserai pas voler la victoire aux militants", a-t-il expliqué. François Fillon a revendiqué une très légère avance de "224 voix" et a adressé toute sa confiance à la commission interne chargée d'annoncer les résultats officiels. "Les Français nous regardent", a-t-il ajouté. "Nous n'avons pas le droit de proclamer les résultats avant même que ceux qui sont chargés de le faire l'aient fait". François Fillon s'est rendu dans la nuit de dimanche à lundi, vers 3h du matin, se rendant au siège parisien de l'UMP. Il s'est dit "choqué d'un dysfonctionnement majeur" et a affirmé que "personne ne peut" encore "se prévaloir d'être élu à la présidence de l'UMP".

La COCOE, qui a suspendu ses travaux jusqu'à lundi 10h, ne s'est toujours pas exprimée et pourrait procéder à un recomptage des voix. En attendant, les deux candidats se sont parlés au téléphone, mais n'ont pas changé leurs positions. Leurs représentants, eux, se livraient à une guerre des déclarations par médias interposés.


Soupçons de triche et files d'attente interminables

Les 300.000 adhérents à jour de cotisation étaient appelés à voter de 9h à 18h dans 650 bureaux de vote répartis dans les 577 circonscriptions françaises. Une forte affluence dans certains bureaux a nécessité la prolongation des opérations de vote tandis que le dépouillement débutait dans les autres.
   
Ainsi François Fillon, député de la 2e circonscription de Paris, a-t-il été contraint d'attendre plus d'une heure pour voter dans une école du 7e arrondissement transformée pour l'occasion en bureau de vote. François Fillon et ses soutiens ont d'ailleurs imputé les longues files d'attente, dissuasives selon eux, à un défaut d'organisation. Une critique voilée aux "copéistes" qui "tiennent" l'appareil du parti et porteraient la responsabilité de ces dysfonctionnements.  
 
Avant la tempête de la soirée, les attaques réciproques avaient fusé toute la journée. Dans les Alpes-Maritimes, où les deux hommes forts de l'UMP Eric Ciotti et Christian Estrosi soutiennent François Fillon, la maire du Cannet Michèle Tabarot, membre du "ticket" Copé, a dénoncé des "irrégularités". Elle a fait état à Nice de "procurations distribuées à l'intérieur du bureau de vote pendant le déroulement du scrutin" et de "procurations avec des signatures qui ne correspondent pas à la signature de la pièce d'identité présentée".

Plus tard dans la soirée, le camp Copé a saisi la commission interne du parti pour ces "irrégularités" présumées relevées à Paris (2ème bureau du XVIe arrondissement). Selon l'entourage du député-maire de Meaux, il y a 40 bulletins de plus dans l'urne que sur les listes d'émargement. Deuxième cas litigieux : Nice. Le journal local (Nice-Matin) donne l'exemple de la 1ère circonscription, dans laquelle 1.178 bulletins ont été dépouillés pour 590 signatures sur les listes d'émargement. "Faux", répond Eric Ciotti, qui évoque un écart final "d'une voix et une intoxication" du camp Copé.

ANIMATION - Le congrès de l'UMP, mode d'emploi
(cliquez sur l'image pour découvrir l'animation)
Le congrès de l'UMP : mode d'emploi

Lire la suite
François Fillon Jean-François Copé Politique
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants