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Pour François Hollande, les difficultés c'est maintenant

VIDEO - Cette fois, ça y est. Avec le petit remaniement gouvernemental, la mise en place de la nouvelle Assemblée Nationale, le premier conseil des ministres du deuxième gouvernement Ayrault, la longue séquence électorale qu'on a connue depuis la présidentielle s'achève vraiment maintenant. La chronique d'Alain Duhamel.

Alain Duhamel
Alain Duhamel
La Semaine Politique - Duhamel
Alain Duhamel Journaliste RTL

Pour reprendre une formule célèbre de Bracke Desrousseaux en 36 quand la gauche avait gagné : "Enfin, les difficultés commencent !". Parce que pour l'instant, depuis des mois, on vivait dans un univers imaginaire. C'était la part du rêve. On savait bien que tout ce qui était annoncé devait être positif pour inciter les Français d'ailleurs. Il faut bien reconnaître que c'est comme ça à chaque élection présidentielle bien sûr. Mais il n'empêche qu'on vivait dans l'irréel. Eh bien, à partir de maintenant -et quand je dis de maintenant, c'est vraiment à partir d'aujourd'hui- on entre dans l'univers réel, c'est-à-dire qu'on entre dans l'univers des nouvelles qui ne seront pas toujours bonnes, des exigences qui seront constantes, des difficultés qui seront réelles.

Et alors, François Hollande, lui, est de retour à Paris. Est-ce que le G20 a été un succès ?

Ca a été un demi succès. Alors, bien entendu, il était très content dans ses explications aux journalistes. Ca c'est la tradition des Présidents français après les G20, ils sont toujours très contents, et même assez contents d'eux en règle générale. Il y a une chose qui est sûre, c'est que François Hollande s'est maintenant très bien intégré parmi les principaux Chefs d'Etat et de gouvernement. C'est d'ailleurs normal, mais enfin, c'est la réalité. Il y a ensuite le fait que son principal thème, qui est une politique de croissance, est bien reçu et est appuyé par Barack Obama, parce que Barack Obama a les mêmes conceptions que lui. Donc, ça, c'est positif. En revanche, s'il s'agit de faire avancer les autres idées, la taxe sur les transactions financières par exemple, l'aide aux pays à développer, tout ce qui touche à l'écologie, il faut dire les choses comme elles sont : ce G20 là est plutôt en retrait par rapport au G20 de Cannes. Et puis, quant à l'image d'harmonie des Européens, David Cameron a fait tout ce qu'il fallait pour qu'elle n'existe pas.

Justement, revenons sur la croissance. Est-ce que cette semaine européenne cruciale qui s'ouvre d'ailleurs aujourd'hui va mettre à l'épreuve sa stratégie sur la croissance ?

C'est la semaine de vérité absolue. Vous savez que c'est une semaine absolument décisive parce qu'il faut qu'à la fin des Conseils Européens de la semaine prochaine, il faut absolument qu'il y ait un message tellement clair qui soit envoyé aux marchés, avec une stratégie commune et des moyens crédibles vraisemblables que, évidemment, ça va être très difficile. Alors, les réunions commencent aujourd'hui avec la réunion à Rome. La thèse sur la croissance de François Hollande, elle est acceptée, mais encore faut-il que lui accepte l'idée du pacte budgétaire réel de l'Allemagne. Et puis, encore faut-il qu'il accepte aussi l'idée d'intégration politique concrète supplémentaire et qu'on prenne en considération les propositions d'ailleurs très astucieuses des Italiens sur le financement de la dette et sur l'aide à la croissance... le financement de l'aide à la croissance.

Preuve qu'on rentre dans le dur, Alain Duhamel, le collectif budgétaire, imminent, puis la loi de finances à l'automne, c'est-à-dire le budget 2013, tout ça ça va être l'heure de vérité.

Oui. Parce que, alors là, il ne s'agira plus de distribuer des cadeaux, il s'agira de punir, et peut-être quelquefois de confisquer. S'agissant de tout ce qui sera sur les ménages, les Français qui ne seront pas directement concernés, ça ne leur déplaira pas puisqu'on sait bien qu'on est quand même très égalitaires et même égalitaristes. En revanche, il faudra voir si pour tous les Français, il n'y aura pas, à travers des taxes et des cotisations, un effort supplémentaire. Et là, il est infiniment probable que la réponse est oui. Et puis, en ce qui concerne les entreprises qui sont celles qui supporteront les deux tiers des nouvelles charges. La question est très simple : "Est-ce que ces nouvelles charges les renforce ou les handicapent par rapport à leurs concurrents étrangers.

On peut rester aussi populaire dans ces conditions, Alain ?

Six mois, oui. Au-delà, il faut beaucoup de talent. Ca, François Hollande en a. Beaucoup de pédagogie. Ca, ça sera plutôt l'affaire de Jean-Marc Ayrault. Et puis des résultats concrets.

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2012-06-22 07:22:00
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