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Yves Jégo : "Un candidat du Parti Radical à la Présidentielle ? A voir après 2012"

Le député UMP de Seine-et-Marne, vice-président du Parti Radical et proche de Jean-Louis Borloo, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie vendredi matin.

Yves Jégo sur RTL le 19 novembre 2010
Yves Jégo sur RTL le 19 novembre 2010 Crédit : La rédaction de RTL
Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
et La rédaction numérique de RTL

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Yves Jégo.

Yves Jégo : Bonjour.

Vous avez eu l'occasion de parler, hier soir, avec Jean-Louis Borloo qui a déjeuné, hier midi, avec Nicolas Sarkozy. Que se sont dit, hier midi, Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy ?

On peut imaginer qu'ils ont parlé politique et avenir.

Mais, pas imaginer ! là, on veut un témoignage, Yves Jego ?

J'aurais été invité au déjeuner, j'aurais pu avoir un verbatim, mais...

Quel est l'état d'esprit de Jean-Louis Borloo ?

Il est calme, il est déterminé, il est conscient que c'est une forme de tournant puisqu'il a fait un choix c'est de défendre ses idées, les valeurs qui sont les siennes plutôt que de siéger au gouvernement.

Il est déçu de ne pas avoir été nommé Premier ministre ?

Je crois que oui. Je crois que oui.

Il vous l'a dit ?

Qu'il est déçu, pas amer, mais déçu, bien sûr ; il était porteur d'un certain nombre de valeurs, de projets pour le pays et on est toujours déçu quand on ne peut pas les mettre en œuvre.

Pourquoi n'a-t-il pas été nommé Premier ministre ? Nicolas Sarkozy vous l'a dit, mercredi, puisque vous étiez vous là, Yves Jégo, à l'Elysée, avec les députés UMP. Nicolas Sarkozy a dit : "J'ai fait le choix de François Fillon car il est le meilleur pour conduire le gouvernement". C'est un jugement que vous partagez, Yves Jégo ?

Il est le meilleur, aujourd'hui, a dit le Président ; mais c'est le choix du Président.

Est-ce que vous partagez ce jugement ?

Si j'étais Président de la République, je n'aurais sans doute pas fait le même choix ; mais j'ai entendu le message du Président et comme dans la Vème République, c'est le marqueur principal. C'est que le Président choisit librement son Premier ministre. Ce n'est pas l'Assemblée nationale qui choisit le Premier ministre, ce n'est pas les députés, c'est le Président de la République. Il nous a expliqué son choix, il faut le respecter.

Jean-Louis Borloo a quitté le gouvernement, dimanche. Et lundi, dans le journal "Le Monde", il y avait quelques phrases de lui, entre guillemets, des phrases qu'il a prononcées, et je pense qu'il assume. Il a dit de François Fillon : "Il fut presque toujours mon principal opposant". Que voulait-il dire ?

Je crois qu'il voulait dire que c'est compliqué de trouver quand on porte des projets aussi ambitieux que le Grenelle de trouver des consensus et qu'il a pu se heurter au Premier ministre dans une certaine vision de la société et dans une certaine vision des projets, pas sur les choses fondamentales, mais sur l'application des choses, oui. Mais moi, je l'ai vécu aussi de l'intérieur, c'est compliqué de faire passer ses idées, chacun a sa vision des choses, sa sensibilité  ; et la sensibilité de Jean-Louis Borloo, écologique, humaniste, sociale, elle est quelquefois en affrontement avec des sensibilités plus nationalistes, plus bonapartistes, plus droitières que la sienne, oui. Le tout sans remettre en cause l'unité du gouvernement, c'est un travail compliqué. C'est ce qu'il a exprimé, bien sûr.

Si vous deviez qualifier la pensée du chef du gouvernement, Yves Jégo, vous diriez qu'il est bonapartiste et droitier ?

Ah non, je n'ai pas dit ça.
 
Exactement ça !...

J'ai dit qu'il y avait aussi...

Ah, vous n'avez pas dit ça ? Vous avez exactement dit ça !

Je n'ai pas parlé de François Fillon ; j'ai dit qu'il y avait aussi dans la Majorité

Ah, on n'a pas parlé de François Fillon !!! On parlait de François Fillon.

Il y a aussi dans la Majorité présidentielle des parlementaires qui sont réunis sous la Droite populaire. François Fillon vient de la famille gaulliste comme moi ; donc héritier quelque part du bonapartisme. Tout ça crée cette Majorité, qui a fait qu'autour de Nicolas Sarkozy, il y a eu 53% de Français, voilà. Et je pense qu'il n'y a pas eu de Majorité possible sans représenter une diversité de vision et que faire le ciment entre cette diversité, c'est ce qu'il y a de plus compliqué.

Je reformule ma question, parce que vous minorez les propos de Jean-Louis Borloo. Après tout, vous êtes, vous, au Parti Radical, un peu le porte-parole, ce matin, de Jean-Louis Borloo. Jean-Louis Borloo a dit du Premier ministre : il fut presque toujours - pas toujours -, "presque toujours mon principal opposant". C'est donc, quand même, il y a une grande distance politique entre vous et François Fillon ?

Et pourtant, ça n'a pas empêché les choses d'avancer.

Donc, vous convenez qu'il y a une grande distance politique ?

Ecoutez, il l'a dit, c'est écrit. Pourquoi voulez-vous que je le conteste ? Ca n'empêche pas le pays d'avancer, ça n'empêche pas les réformes de se faire. Ca n'a pas empêché le Grenelle de l'Environnement de devenir une réalité. Mais pourquoi cacher aussi qu'il peut y avoir des sensibilités qui, à un moment donné, donnent lieu à des tensions ? Le tout, c'est de s'en sortir par le haut, c'est-à-dire en agissant et pas en restant inactif.

Le Parti Radical est aujourd'hui associé à l'UMP. Le Parti Radical va-t-il rompre cette association avec l'UMP ?

C'est d'abord : de quoi sommes-nous porteurs - le Parti Radical, le pôle social de la Majorité présidentielle -, qui est la vraie question ? Les questions cuisine, elles nous intéressent, vous, moi. Je ne suis pas sûr que ceux qui nous écoutent soient passionnés.

Vous n'êtes pas gentil avec mes questions ? Non, non, mais... En revanche, ma question est précise.

Mais je vais vous répondre.   

Elle n'est pas intelligente, elle n'intéresse personne, mais elle est précise...

Elle est très intelligente, elle nous intéresse beaucoup. Je ne suis pas sûr qu'elle passionne celui qui cherche un emploi, ou celui qui cherche un stage pour ses enfants et qui nous écoute ce matin.

J'ai une autre question qui va vous intéresser, vous allez voir ?

Pardon de le dire. La vraie question c'est : est-ce qu'il faut s'additionner ou est-ce qu'il faut se diviser et comment se faire respecter ? C'est le débat d'aujourd'hui, c'est ce qui a justifié le fait que Jean-Louis Borloo ne reste pas au gouvernement et c'est ce qui justifiera les évolutions.  Pour ma part, je vais vous donner un sentiment personnel.

Oui, répondez à ma question inintéressante !!! Est-ce qu'il faut quitter l'UMP ? le Parti Radical doit-il quitter l'UMP ?

Je pense que dans dix-huit mois, c'est-à-dire après l'échéance de 2012, le Parti Radical devra trouver son autonomie et être un parti à part entière qui ait quitté l'UMP.

Donc, vous n'allez pas quitter l'UMP tout de suite ?

La vraie question qui se pose c'est est-ce qu'il faut le faire avant ? Ou est-ce qu'il faut le faire après ? C'est le débat que nous avons en interne...

Vous en pensez quoi, vous ?

Je viens de vous le dire.

Non, vous dites "après dix-huit mois", donc pas tout de suite ?

Moi je pense que dans dix-huit mois, le Parti Radical devrait être un parti indépendant de l'UMP pour défendre nos valeurs. D'autres au Parti Radical, ont d'autres visions. Ils pensent...

Attendez, vous parlez de manière codée ? Moi je vous demandais, je crois avoir compris votre réponse. Je vais essayer de la décoder tout seul, on va voir. Je vous demandais si vous deviez quitter tout de suite l'UMP et vous, vous me répondez : il faut que le Parti Radical ait un candidat à l'élection présidentielle de 2012 ?

Je ne vous ai pas dit ça.

Bah si !

Je vous ai dit que dans dix-huit mois, il y aura un nouveau paysage politique où nous avons...

Alors je reprends ma question : est-ce qu'il faut un candidat du Parti Radical à l'élection présidentielle ?

La date de l'autonomisation du Parti Radical est une première question. Vous l'avez posée, je vous ai donné ma réponse.

Que je n'ai pas comprise, mais ce n'est pas grave.

Si, après 2012.

Après 2012, d'accord. Est-ce qu'il faut un candidat du Parti Radical à l'élection présidentielle ?

C'est un vrai sujet de débats sur lesquels moi je suis... Je vais vous dire : aujourd'hui, il y a deux écueils. Il y a soit nous allons en division de notre camp et nous courons le grand risque de ce qu'a connu la Gauche avec Lionel Jospin de ne pas être au deuxième tour de l'élection présidentielle, c'est ce qu'a dit Jean-Louis Borloo, et c'est une vraie réalité.

Soit nous considérons qu'un candidat seul de la Majorité présidentielle, en l'occurrence s'il le décide, le Président sortant, ce n'est pas suffisant et qu'il faut ratisser plus large au premier tour. Eh bien voilà un vrai débat politique sur lequel, à mon sens, à dix-huit mois de l'élection, il est un peu tôt pour se prononcer. On a un grand congrès au Parti Radical au mois d'avril. Je pense que là on prendra la décision.

Le Parti Radical représente la fibre ou l'aile sociale, avez-vous dit de l'UMP...

... Et républicaine.

Voterez-vous en tant que député UMP, Yves Jégo, la suppression de l'Impôt Sur la Fortune lorsque le gouvernement vous la proposera ?

Il faut déjà voir par quoi... La suppression nue de l'Impôt Sur la Fortune...

... A priori, comme ça ? Il faut supprimer l'Impôt Sur la Fortune ?

S'il n'est remplacé par rien : non. S'il est remplacé par un impôt qui crée de l'équité fiscale : oui.

Donc, vous êtes pour la suppression de l'Impôt Sur la Fortune. Pourquoi Jean-Louis Borloo a-t-il dit que dans quatre mois, il pourrait revenir au gouvernement ?

Parce que le Président de la République a dit qu'il pourrait mener demain ou après-demain des tâches importantes pour le pays, et que s'il y avait des circonstances particulières, Jean-Louis Borloo est une carte majeure d'une alternative à Droite.

La durée de vie de François Fillon vous paraît courte comme Premier ministre ?

Mais je ne sais pas ; moi je souhaite qu'on ait de la stabilité, que le débat sur le remaniement ne soit pas celui qui ne nous occupe, chaque fois qu'on vient derrière un micro, qu'on parle aussi aux Français de nos projets, de ce que nous faisons pour l'emploi, pour l'avenir du pays parce que c'est quand même ça qui les intéresse plus que la cuisine politique même si j'ai répondu avec plaisir avec vos questions, ce matin.

Pour qui vous allez voter à la présidence du groupe UMP, Yves Jégo ?

Moi je suis vice-président du Parti Radical. Il y a un candidat radical qui s'appelle Jean Léonetti. Il n'y a pas trop de surprise.

Yves Jégo, qui répond à toutes les questions. Moi je n'ai pas compris toutes les réponses, mais il répond à toutes les questions.

Vincent Parizot : J'ai l'impression qu'en ce moment, il faut un petit peu un décodeur.

Vous n'avez pas compris, mais je pense que ceux qui nous ont écouté ont bien compris un certain nombre de choses. Et vous voulez me faire dire des choses qui vous intéressent et qui vous passionnent...

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L'invité de RTL Chroniques Jean-Michel Aphatie
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