5 min de lecture Législatives 2017

VIDÉOS - Résultats législatives 2017 : 4 questions pour décrypter le scrutin

FACE AUX INTERNAUTES - Le premier tour des élections législatives a conforté Emmanuel Macron et La République En Marche. Ce score peut-il se transformer en difficulté ? Qu'en est-il des Républicains et du Parti socialiste ?

Alain Duhamel dans le RTL Social Studio
Alain Duhamel dans le RTL Social Studio
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La République En Marche a concrétisé son avance après l'élection à la présidentielle d'Emmanuel Macron. Selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur, le parti fondé par le président de la République a récolté 32,3% des voix au niveau national. Si la tendance se confirme au second tour qui aura lieu le 18 juin, elle se matérialiserait par l'obtention d'environ 400 sièges à l'Assemblée nationale. Du côté des Républicains, le parti fait 21,5%. Le Front national obtient 13,2%, la France insoumise 11% et le Parti socialiste et son allié PRG 9,7%. 

Jean-Christophe Cambadélis, Cécile Duflot, Aurélie Filippetti et Benoît Hamon ont été éliminés dès le premier tour. Le taux d’abstention s’élèverait à plus de 50%, selon Kantar Sofres-onepoint. Il s'agit du taux le plus élevé depuis 1958, année des premières élections législatives sous la Ve République. Il y a cinq ans, pour le même scrutin, l'abstention était de 42,7%, un record à l'époque

1. Comment analyser le taux d'abstention ?

"On a une progression de l'abstention au cours des élections. La présidentielle y a échappé mais pas tant que ça. Cela montre qu'il y a un problème démocratique. Il y a eu un phénomène d'amplification totalement inédit. Il y a un certains nombres d'électeurs qui ont lâché l'affaire", explique Emmanuel Rivière, le directeur général de Kantar Public dans le #RTLsocialstudio. Cependant, il précise que La République En Marche "maintient en nombre de voix son score de la présidentielle. Il y a une légère décrue mais, pour les autres camps, on observe une division par deux du nombre de voix. C'est une longue séquence électorale. On a voté pour la septième fois si l'on compte les primaires. Ceux qui se sont intéressés aux élections ont suivi tout le processus. Les Français ont envie de passer à autre chose et que l'on sorte de la séquence électorale", ajoute-t-il. Mais cela pose surtout "un défi à Emmanuel Macron", juge Emmanuel Rivière. Il aura toutes les cartes en main dans un pays très désabusé. Il a voulu tout changer et maintenant il va falloir que ça marche. En cas d'une majorité très large, il peut y avoir un risque de scission". 

Qu'en sera-t-il du taux d'abstention au second tour ? "Il y a un risque que l'abstention soit plus élevée. Lors de l'élection présidentielle, la France était éclatée en quatre blocs. Beaucoup d'électeurs vont se retrouver dimanche prochain avec deux candidats (...) ils vont être orphelins", répond Emmanuel Rivière.

2. Une majorité trop forte pour Emmanuel Macron ?

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La République En Marche a passé la première étape du scrutin des législatives avec brio. Selon Alain Duhamel, "cette campagne du premier tour des élections législatives a été dominée par le fait de savoir s'il y aurait une majorité claire ou non pour La République En Marche. Il y a quelques semaines, lors de la campagne présidentielle, la question était de savoir si Emmanuel Macron pouvait être élu président, puisqu'il n'était pas sûr d'avoir une majorité à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, la question est de savoir s'il n'a pas une majorité trop forte. Ce qui se dessine c'est une énorme majorité comme on n'en a jamais connue sous la Ve République".

Invité du #RTLsocialstudio, l'éditorialiste souligne que cette majorité "est limitée par la faiblesse de la participation mais c'est une majorité énorme qui donne à Emmanuel Macron une légitimité supplémentaire". Cependant, elle peut jouer contre le président de la République : "Ça peut être dangereux parce que les majorités massives sont toujours des mauvais souvenirs. Cela avait été le cas après 1968, où la majorité gaulliste qui était une majorité de réactions, était une majorité difficilement gérable. Un an après, le général de Gaulle avait perdu son référendum. De même avec 1981. Il y avait une énorme majorité socialiste et ça ne s'est pas bien passé, puisque, deux ans après, il a fallu changer de politique. Le fait d'avoir une majorité massive ne veut pas dire qu'il va y avoir cinq années sereines et faciles". 

3. Le Parti socialiste est-il mort ?

Le Parti socialiste a été le grand perdant de ces élections législatives. Le candidat à l'élection présidentielle Benoît Hamon n'a pas passé le cap du premier tour, tout comme le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, ou encore l'ancienne ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, et l'ancien ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl. Nicolas Domenach juge cette défaite est "très douloureuse". "C'est à la fois le passé, le présent et l'avenir du Parti socialiste qui sont balayés (...) Ils vont se retrouver bien bas, avec de la poussière plein la bouche et la tête. Ils vont traverser un long désert", ajoute le journaliste dans le #RTLsocialstudio. 

L'élimination de Benoît Hamon dès le premier tour des législatives montre que "tous ceux qui étaient supposés incarner l'avenir du Parti socialiste sont des vieux. Cela vaut aussi pour Najat Vallaud-Belkacem. Ils n'ont pas su avoir un discours au niveau de la révolution La République En Marche. La donne était changée et ils ont parlé en clichés politiques, avec l'affrontement gauche-droite. Ils ont tellement de passé derrière eux, qu'ils appartiennent à l'ancien monde". Face à cette défaite, Martine Aubry ne s'est pas encore exprimée. "Elle a déjà beaucoup pleurer sur le lait qu'elle a elle-même versé. Ce serait pas de bon goût qu'elle continue alors qu'elle est grandement responsable de la situation. Si le Parti socialiste en est arrivé là, c'est parce que dans les années de gouvernance de François Hollande et de Martine Aubry, ils ont chassé tout ce qui pouvait être une remise en cause intellectuelle. Ils n'ont pensé qu'à la reconquête du pouvoir", explique Nicolas Domenach.

4. Mélenchon et Le Pen à la tête de l'opposition ?

Candidat dans la 4ème circonscription de Marseille, Jean-Luc Mélenchon a obtenu 34,3% des suffrages, face à Corinne Versini (La République En Marche) qui a eu 22,7%. Le socialiste Patrick Mennucci a été éliminé avec 12,4% des voix. Du côté de Marine Le Pen, la candidate dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais a obtenu 46% des voix. Qui de leader de la France insoumise ou du président du Front national peut devenir le chef de l'opposition face à Emmanuel Macron et La République En Marche ? 

"Ils vont tous les deux prendre la tête des oppositions. Il y a deux oppositions. L'une de droite et l'autre de gauche (...) Il reste un électorat populaire à droite et un électorat populaire à gauche. Ce ne sont pas les mêmes électeurs (...) La fracture culturelle coupe en deux. C'est la chance d'Emmanuel Macron. Il a une cohérence sociologique, économique et donc idéologique. Tandis que ses deux opposants n'ont pas de cohérence et ne peuvent pas se mettre ensemble. Donc vous avez deux oppositions ", explique Eric Zemmour dans le #RTLsocialstudio.

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