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VIDÉOS - Patrick Balkany, un élu au caractère sulfureux

VIDÉOS - La carrière du député-maire UMP de Levallois-Perret est émaillée de déclarations et coups de sang qui ont forgé sa réputation.

Maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany est un proche de Nicolas Sarkozy (archives).
Maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany est un proche de Nicolas Sarkozy (archives).
Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
Romain Renner
Romain Renner

Mis en examen depuis octobre 2014 pour "blanchiment de fraude fiscale", "corruption" et "blanchiment de corruption", Patrick Balkany vient de voir son immunité parlementaire levée par l'Assemblée nationale. Le député-maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) livre son sentiment sur l'ensemble de l'affaire dans un communiqué publié sur Facebook, ce mercredi 18 mars.

Il y fustige l'attitude des médias et des magistrats, qui violent, selon lui, "la présomption d'innocence, le respect de la vie privée et, surtout, le secret de l'instruction". Et de révéler son intention de poursuivre "systématiquement tous les organes de presse qui relaieront la violation du secret de l'instruction, ainsi que les auteurs de ce délit". Une menace directe qui témoigne du caractère bouillonnant d'un élu habitué à défrayer la chronique.

Une altercation avec des manifestants

Le plus célèbre d'entre eux intervient le 10 juin 1995, à la veille des élections municipales. Le collectif "Souriez, vous êtes filmés" manifeste dans les rues de Levallois-Perret pour protester contre les caméras de sécurité installées par son maire, en 1993. Patrick Balkany est d'ailleurs le premier maire de France à avoir recours à la vidéosurveillance. Apostrophé grossièrement par un manifestant qui passe devant sa permanence, l'élu réplique : "Viens là, petit pédé (...) Pédé ! Enculé !"

Toi, tu finiras au bout d'une corde

Patrick Balkany à un manifestant

La réplique est immédiate et sur le même ton : "Fasciste ! Fils de pute !" Patrick Balkany ne se laisse pas insulter et attaque à son tour. "Viens le dire ici ! Viens là ! Espèce de pédale", lui assène-t-il. Le jeune homme le traite alors de "merde". Une nouvelle insulte à laquelle Patrick Balkany répond plus calmement : "Toi, tu finiras au bout d'une corde". Une scène filmée et multidiffusée.

Une caméra confisquée

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Cet échange de noms d'oiseaux trouvera un écho en 2014, au cours d'une nouvelle campagne municipale. Une équipe de BFMTV se rend dans les bureaux de Patrick Balkany pour l'interroger à propos des soupçons de la justice concernant les affaires en cours. L'élu en campagne refuse de répondre puis se fait plus agressif : "Monsieur, j'ai fini de vous parler. Quittez ma permanence (...) Cassez vous !"

L'édile confisque ensuite la caméra des journalistes avec la ferme intention d'en retirer la bande. Calmé par son épouse, Isabelle Balkany, et un collaborateur, il finit par abandonner son projet. C'est sa femme qui rendra la caméra aux équipes de BFMTV en présentant ses excuses. "Je suis désolé de m'être emporté mais, je vais vous dire, quand vous êtes suivis pendant huit jours par un journaliste qui rentre dans votre permanence sans y être invité (...) qui vous agresse avec des questions extrêmement déplacées... J'ai peut-être eu une réaction violente que je regrette mais cela devient insupportable", explique-t-il quelques jours plus tard sur l'antenne de France Bleu.

Une gifle à un responsable du FN

Patrick Balkany évoque dans Une autre vérité, la mienne, une altercation physique avec un responsable du Front national, à l'issue d'un débat. "En avril 1995, je me suis retrouvé sur France 3 face à un responsable du Front national, Jean-Yves Le Gallou, qui a insulté Pierre Lellouche en des termes clairement antisémites. Je n'ai pas voulu me contrôler  et je l'ai giflé en direct. Dois-je dire que ce coup de sang fait partie de mes bons souvenirs ?", écrit-il.

L'élu UMP donné pourtant une toute autre version de l'histoire à Libération, le 26 avril 1995, soit le surlendemain de l'émission. Il évoque un échange houleux. "Nous n'avons pas de leçons à recevoir de la part de voleurs des HLM de Paris et des Hauts-de-Seine", lui aurait dit Jean-Yves Le Gallou. Menace de Patrick Balkany : "Si vous me retraitez une seule fois de voleur, je vous mets ma main dans la figure".

Des mots qui ne font pas trembler son interlocuteur. "Je le redirai", le prévient-il. "Je ne suis pas mis en examen", répond Patrick Balkany. "Ça va venir" sera la dernière réplique de Jean-Yves Le Gallou. "Il a pris une tarte et je suis allé me démaquiller", conclut le député-maire.

Des piques contre les autres responsables politiques

Réputé pour avoir la verve vive, Patrick Balkany a parfois le verbe dur envers ses adversaires. Le Conseil municipal de Levallois-Perret examine en 2002 un rapport de la chambre régionale des comptes qui dénonce la gestion passée du comité des fêtes. Le maire s'en prend alors à Annie Mandois, seule élue communiste de la Ville.

"Ne figurent sur ce rapport, madame Mandois, que des dépenses qui ont été faites dans l'intérêt de la Ville, alors que vous, vous avez fait des dépenses dans l'intérêt du PCF (...) Savez-vous qu'au Conseil de Paris, l'adjoint à la Culture fait des acquisitions de perroquets pour le Musée d'Art moderne ? Peut-être que pour le musée ethnologique, on pourrait également vous mettre dans une cage sous l'étiquette 'dernier spécimen du Parti communiste vivant'". Des propos qui donneront lieu à un plainte. Patrick Balkany est condamné en 2003 à 1.500 euros de dommages et intérêts. L'édile fait appel mais écope d'un supplément de 1.000 euros pour préjudice moral.

Les collègues de Patrick Balkany ne sont d'ailleurs pas épargnés par ses petites piques. Alain Juppé, qui préfère voter pour un candidat socialiste en cas de second tour FN/PS en fait l'expérience : "S'il préfère aller faire les primaires du PS, je ne l'empêche pas".

Si Alain Juppé préfère faire les primaires du PS, je ne l'empêche pas

Patrick Balkany

François Fillon, autre rival de Nicolas Sarkozy en vue des primaires de 2016, en prend également pour son grade. "Même lorsqu'il était premier ministre, il était très discret puisque c'est le Président qui faisait le boulot", glisse-t-il au détour d'une interview à LCP.

Des relations compliquées avec les journalistes

Interrogé par le Petit Journal à propos d'Edwy Plenel, Patrick Balkany livre un avis des plus tranchés. "Ce n'est pas un journaliste, c'est militant trotskiste, tacle-t-il. C'est quelqu'un qui fait beaucoup de mal à la France. Je le déteste".

Le patron de Mediapart n'est pas le seul journaliste à irriter l'élu. Les journalistes de Canal + ont également droit à son mépris. Ainsi affirme-t-il, lors de sa réélection en mars 2014, qu'il s'agit d'une "grande claque pour Canal +, pour Les guignols, pour la presse, pour tous ceux qui ont essayé de faire du bashing anti-Balkany pendant toute la campagne".

"Libération" est un journal de gauchistes, pour gauchistes, écrit par des gauchistes

Patrick Balkany

Patrick Balkany ne porte pas non plus Libération dans son cœur : "C'est vraiment un journal de gauchistes, pour les gauchistes, écrit par des gauchistes".

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