5 min de lecture Manuel Valls

VIDÉOS - Manuel Valls : la semaine où le Premier ministre a tiré à boulets rouges sur le Front national

VIDÉOS - Le Premier ministre ne cesse d'asséner des phrases assassines contre le Front national. Avant les élections départementales, Manuel Valls tente de mobiliser les abstentionnistes.

Manuel Valls, à l'Assemblée nationale
Manuel Valls, à l'Assemblée nationale Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"J'ai peur pour mon pays, j'ai peur qu'il se fracasse contre le Front national". Avec cette phrase, Manuel Valls a intensifié sa lutte contre le Front national à quelques jours des élections départementales qui se dérouleront les 22 et 29 mars prochains. Et le Premier ministre ne s'arrête pas à cette déclaration : "Mon angoisse, puis-je vous parler de mon angoisse, de ma peur pour le pays ? C'est le FN à 30%, pas au deuxième tour, mais au premier tour des élections départementales", explique-t-il sur iTélé.

Lundi : une défaite amorcée aux élections départementales

Ainsi, Manuel Valls "revendique la stigmatisation de Marine Le Pen". Il espère ainsi provoquer un électrochoc, auprès de son électorat. Mais selon Alba Ventura, Manuel Valls prépare surtout "les esprits à l'idée de la défaite"

Alors que certains détracteurs dénoncent la dramatisation faite par le Premier ministre, l'éditorialiste estime que "si Manuel Valls fait cela, c'est parce qu'il est très inquiet. Il ne faut pas en douter. Il a toujours dit que la situation politique était grave et qu'elle le préoccupait. De ce point de vue, il est totalement sincère".

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Départementales 2015 : "Manuel Valls prépare les esprits à l'idée de la défaite", selon Alba Ventura Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : RTL | Date :

Mais cette "stratégie d'intimidation", comme la qualifie Alba Ventura ne marchera pas. "Le problème c'est que les électeurs ont l'habitude. On leur fait le coup à chaque fois. À chaque élection, on crie au loup, explique-t-elle avant d'ajouter que cette tentative est aussi faite par Nicolas Sarkozy qui tente de détourner l'"UMPS" pour en faire le 'FNPS'". Au lieu de faire barrage au Front national, l'effet inverse se produit car Marine Le Pen n'a plus besoin de faire campagne et elle incarne l'anti-système.

Mardi : une peur surjouée

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Accusé d'avoir cédé à la panique, Manuel Valls se défend de "tout calcul politique". "La peur, il ne faut pas la fuir, il faut la regarder avec raison, mais il faut la regarder en face. Le courage en politique - comme dans la vie - c'est d'accepter cette peur et de la dépasser ! Il ne faut jamais fuir les sujets. Toujours les nommer et combattre avec détermination", lance-t-il lors d'un meeting du Parti socialiste à Bresles, dans l'Oise.

"C'est l'histoire d'une pièce de théâtre qui connu jadis un immense succès, mais dont le texte a vieilli. Les ficelles dramatiques paraissent convenues et désormais surjouées par un acteur grandiloquent devant une salle aux trois-quarts vide", analyse Éric Zemmour évoquant le retour de la thématique "la République en danger" sur un air de "no pasaran". Même si le journaliste reconnaît que le Premier ministre "peut tout jouer", il n'hésite pas à préciser qu'il le fait "mal".

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"Manuel Valls peut tout jouer, mal mais tout", dit Éric Zemmour Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : RTL | Date :

La seule chance pour l'actuel chef de l'État d'être réélu est de se retrouver au second tour face à Marine Le Pen. "Le Président fait donc tout pour en faire la seule opposition, à la fois en majesté et diabolisée", décrypte Éric Zemmour, pour qui Manuel Valls "met son énergie et son sens de la démesure au service de cette tactique exclusive".

Mercredi : François Hollande rejoint le mouvement

François Hollande soutient son Premier ministre en reconnaissant que les élections départementales seront "difficiles, plus difficiles encore si l'on ne livre pas bataille". Dans un entretien à Challenges, le chef de l'État devance la question qui se posera en cas d'échec lors du scrutin : "Pourquoi changerais-je de ligne politique, alors qu'elle est claire, qu'elle commence à porter ses fruits ? Les Français ne le comprendraient pas".

"Changer de Premier ministre sert souvent d'accompagnement à un changement de politique. Mais là, il n'est pas question de modifier une ligne de la stratégie économique", note Elizabeth Martichoux, rédactrice en chef du service politique de RTL. Le duo de l'exécutif fonctionne assez bien. Il n'y a pas de couac. Manuel Valls est plutôt loyal", ajoute-t-elle.

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Les raisons pour lesquelles François Hollande gardera Manuel Valls Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : Fanny Bonjean / RTL.fr | Date :

Jeudi : la stratégie plus optimiste de François Hollande

Le président de la République suit Manuel Valls dans sa lancée en luttant contre l'avancée du Front national. Cependant, François Hollande choisit une stratégie plus rassurante et optimiste en déclarant que "quand la France réussit, elle n'a pas besoin d'avoir peur".

Il s'est également élevé contre "le message du refus de la concurrence alors même qu'ici, nous avons de l'excellence et de l'innovation", concluant : "Quand la France réussit, elle n'a pas besoin d'avoir peur". Dans l'entourage du Président, on soutenait que ces déclarations étaient "complémentaires" de celles du Premier ministre "mais pas une manière de se démarquer", insistant : "Il n'y a qu'une seule ligne".

Vendredi : des tranquillisants pour Manuel Valls

Les tacles entre Manuel Valls et Florian Philippot n'en finissent plus. Invité de l'émission Des paroles et des actes, sur France 2, le vice-président du Front national "s'inquiète" pour le Premier ministre. "Il est inquiétant de voir un Premier ministre dans un tel état, après moins d'un an de responsabilités". Il fait référence à l'accrochage qui a eu lieu la veille avec Marion Maréchal Le Pen. Florian Philippot décide alors de tendre une boîte de tranquillisants pour Manuel Valls "que l'on sent assez énervé en ce moment".

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Florian Philippot offre des tranquillisants à Manuel Valls Durée : |

Le vice-président du Front national n'est pas le seul à souligner la nervosité de Manuel Valls. Nicolas Sarkozy prend part, à son tour, au débat. "Nous sommes dans un bateau dont le capitaine dit à l'ensemble de ses passagers : 'J'ai peur'. Nous ce que l'on craint, c'est sa politique. On ne demande pas au Premier ministre d'avoir peur, mais de prendre des décisions en matière de sécurité, d'économie, de lutte contre le chômage", explique-t-il.

Samedi : Marine Le Pen surnomme Manuel Valls "la fureur"

Manuel Valls poursuit et assène une nouvelle phrase assassine à l'encontre du parti de Marine Le Pen : "Le Front national n'aime pas la France". Il réagit ainsi à la décision du maire de Béziers Robert Ménard, élu avec le soutien du Front national, de rebaptiser la rue du "19 mars 1962", date des Accords d'Evian qui ont mis fin à la guerre d'Algérie, en rue du "Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc", un militaire ayant participé au putsch des généraux

Marine Le Pen réplique à son tour et qualifie le premier ministre de "Valls la fureur", dans un entretien au Parisien"C'est lui qui jette les Français les uns contre les autres, alors qu'il est censé être le Premier ministre de tous", accuse Marine Le Pen. "Or, on voit surtout qu'il est clairement en campagne pour son parti en ce moment. Donc, si le PS prend une déculottée aux élections, il faut que Valls... valse", ironise-t-elle.

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