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VIDÉOS - François Fillon : les 4 moments qui expliquent son retour en force

ÉCLAIRAGE - L'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy a défié toutes les prévisions et s'impose dans le trio qui pourrait faire basculer la primaire de la droite et du centre. Retour sur les moments où il a convaincu les Français.

François Fillon, le 9 novembre 2016
François Fillon, le 9 novembre 2016 Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Rien ne semble plus pouvoir arrêter François Fillon. À deux jours de la primaire de la droite et du centre, le candidat défie les sondages et fait trembler ses deux rivaux, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. L'ancien premier ministre a reçu un soutien de poids avant le scrutin. Valéry Giscard d'Estaing a confié au Figaro que "François Fillon est sérieux et honnête. Il croit à ce qu'il dit et fera ce qu'il a dit".

Ainsi, la parole de François Fillon a pris du poids tout au long de sa campagne au point de virer en tête, selon le dernier sondage Ipsos pour Le Monde publié samedi 19 novembre. L'ancien premier ministre va-t-il réussir son pari alors qu'il a toujours clamé haut et fort qu'il serait au second tour ? C'est donc "sans enthousiasme", comme il le dit sur BFMTV, que le candidat qui fait office de troisième homme a assuré qu'il donnerait "une consigne de vote", s'il n'était pas qualifié pour le second tour de la primaire.

Celui qui est également député de Paris est ainsi devenu un nouvel adversaire pour Alain Juppé qui a multiplié les attaques à son encontre depuis quelques jours. À l'antenne de RTL le 14 novembre dernier, il l'attaque sur son programme et, plus précisément sur la fonction publique. Il critique le fait qu'il propose "la suppression de 600.000 postes de fonctionnaires en cinq ans. Ça n'est tout juste pas possible. Il y aura 570.000 départs à la retraite pendant cinq ans. Ça veut dire que sur cinq ans, on ne recrute absolument personne dans la fonction publique (...) Il ne suffit pas de bomber le torse pour être réaliste et tenir ses engagements".

1. Un premier débat au cours duquel il se démarque

Mais comment François Fillon est-il devenu une menace crédible à la fois pour Alain Juppé, mais aussi pour Nicolas Sarkozy ? L'un des moments clés sera le premier débat de la primaire de la droite et du centre qui s'est déroulé le 13 octobre dernier. À cet époque, François Fillon est dans une tout autre posture et son principal concurrent est Bruno Le Maire. En effet, les deux candidats sont très proches dans les sondages et convoitent la place de troisième homme de la primaire. Mais lors de la première soirée au cours de laquelle les sept candidats à la primaire s'affrontent, François Fillon va réussir à se démarquer.

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Selon Elizabeth Martichoux, qui présentait ce débat, la tension était palpable au début de la soirée. "C'était très tendu au début, ils étaient physiquement marqués (...) Sarkozy était très tendu. Nathalie Kosciusco-Morizet était très concentrée, on le voyait physiquement. Ils sont tous venus un par un sur le plateau avant l'émission, ils étaient dans un état de concentration et de tension (...) J'ai été frappé du fait que François Fillon rende hommage à Nicolas Sarkozy pendant le débat. Ils se sont serrés la main de façon plus chaleureuse que les autres n'ont pu le faire entre eux". François Fillon a réussi à se positionner entre la non-prise de risque d'Alain Juppé et la stratégie offensive de Nicolas Sarkozy. Pour Alain Duhamel, éditorialiste chez RTL,"le meilleur a été François Fillon parce qu'il a été le plus détendu, le plus clair, que visiblement, il dominait très bien ses dossiers sur une ligne extrêmement dure".

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Primaire de la droite : "Le meilleur du débat a été Fillon", selon Alain Duhamel Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : RTL | Date :

En plus d'avoir été remarqué par les commentateurs, François Fillon a aussi profité de la baisse de régime de Bruno Le Maire. Ce dernier jugera lui-même, dans les colonnes du Journal du Dimanche : "Je n'ai pas réussi à mettre mes tripes sur la table. Il faut lâcher tout ce que j'ai sur le cœur, tout ce que j'ai vu depuis quatre ans, ne pas vouloir rappeler mes mesures. C'est ça mon objectif désormais désormais, je vais le faire".

2. Une intervention réussie et applaudie dans "L'Émission Politique"

Le 27 octobre dernier, François Fillon a participé à L'Émission Politique, présentée par David Pujadas et Léa Salamé, sur France 2. Cette intervention télévisée sera un tournant pour le candidat à la primaire de la droite et du centre. Déçu de ne pas être considéré comme un candidat potentiel pour le second tour de la primaire de la droite et du centre, François Fillon indiquait aux journalistes : "Vous avez fait un sondage qui est plutôt bon pour moi. Mais il se trouve qu'un de mes collaborateurs a été sondé, ce qui arrive très rarement. Première question : 'Pour qui votez-vous au premier tour ?' ; deuxième question : 'Pour qui votez-vous entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ?' C'est quand même bizarre, vous avez déjà décidé avant même d'avoir dépouillé le premier tour que le deuxième tour était joué". 

Cette riposte de François Fillon a provoqué une réaction auprès du public qui va applaudir le candidat. Il poursuit alors : "Il y a beaucoup de Français qui sont agacés que le débat soit caricaturé. Je ne voterai jamais pour le Front national et François Hollande car il ne sera pas candidat". À nouveau, le public applaudit à tel point que Léa Salamé reconnaît que "les applaudissement sont rares dans cette émission". 

À la fin de l'émission, l'ancien premier ministre n'a pas été amusé par la chronique humoristique de Charline Vanhoenacker. Il expliquait alors : "Je ne suis pas totalement convaincu que ce soit parfaitement approprié de conclure une émission politique où l'on parle de sujets qui sont tous très difficiles, d'ailleurs, elle l'a souligné elle-même, de cette manière".

3. Un deuxième débat où il conforte sa position

Le 3 novembre, François Fillon participe au deuxième débat de la primaire de la droite et du centre. Selon un sondage Elabe pour BFMTV, le candidat qui prône "la vérité" a enregistré la plus forte progression en terme de cote d'opinion, avec Jean-François Copé. Alors que le débat s'éternise sur l'alliance entre François Bayrou et Alain Juppé, François Fillon déclarait qu'"il y a six millions de chômeurs, 100% de dette et le sujet majeur c'est le sort du maire de Pau ? C'est un retour à la République des partis. Moi je ne rentre pas dans ce pugilat". 

L'ancien premier ministre passe ainsi de 44 à 52%. "L'inconnue (de cette primaire), c'est François Fillon. Ça paraît impossible sur le papier qu'il soit second, tellement il est parti de loin. Et pourtant, il y a quelque chose. Si jamais François Fillon se qualifiait, ce serait une telle surprise que les cartes seraient rebattues au deuxième tour", expliquait Olivier Mazerolle. 

4. Un dernier débat où il détrône Juppé

Depuis, c'est l'envolée dans les sondages. François Fillon laisse Bruno Le Maire sur le bord de la route  et part titiller Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Le dernier débat avant le premier tour de la primaire vient conforter le numéro trois des sondages. Celui qui vient perturber le duel Sarkozy/Juppé s'est même rebiffé contre les journalistes et l'organisation du débat : "Vous êtes en train de nous couper la parole sur des sujets absolument fondamentaux. On n'est pas des commentateurs, ou là pour s'interpeller les uns et autres. C'est tout le problème de la conception de ce débat. Vous voulez du spectacle". Une réaction critiquée par certains et jugée préparée puisqu'il connaissait le déroulé de l'émission.


François Fillon a été jugé le plus convainquant par les téléspectateurs, selon un sondage Elabe pour BFMTV. Selon Alba Ventura, éditorialiste politique chez RTL, "c'est comme si les sondages l'avaient regonflé à bloc. Ces fameux sondages qui, paraît-il, ne l'intéressaient pas. Jeudi soir, il a fait preuve d'autorité et de fermeté. On n'avait pas vu cette autorité auparavant. Ce qui l'a emporté chez lui, c'était plutôt son côté taciturne et presque résigné. Le 'collaborateur' de Nicolas Sarkozy. On a toujours souligné le sérieux de son programme. Jusqu'à ces débats, il ne parvenait pas à trouver de l'écho. Les débats lui ont permis de se révéler".

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Alba Ventura : "Les débats ont permis à François Fillon de se révéler" Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : RTL.fr | Date :
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