4 min de lecture Barrage de Sivens

VIDÉOS - Barrage de Sivens : la semaine où l'exécutif a tremblé

VIDÉOS - La mort de Rémi Fraisse sur le site du barrage de Sivens a mis le gouvernement dans une position délicate. EELV l'a accusé de ne pas avoir réagi à temps et d'avoir encouragé la construction du barrage.

Les manifestants dénoncent la mort de Rémi Fraisse, jeune militant écologiste retrouvé mort sur le site du barrage de Sivens.
Les manifestants dénoncent la mort de Rémi Fraisse, jeune militant écologiste retrouvé mort sur le site du barrage de Sivens. Crédit : GEORGES GOBET / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La mort de Rémi Fraisse, un jeune militant écologiste retrouvé sur le site du barrage de Sivens dans le Tarn, a déclenché une série d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, ainsi qu'une multiplication de déclarations de la part du gouvernement.

Depuis plusieurs semaines, la police et les manifestants s'affrontent au sujet de la construction d'un barrage – réserve d'eau. Le Conseil général du Tarn, présidé le socialiste Thierry Carcenac a appuyé sa construction, en demandant aux agriculteurs locaux de mieux organiser l'irrigation de leurs cultures. Moins d'une trentaine de cultivateurs profiterait d'une telle retenue d'eau. Malgré cela, le gouvernement a apporté son soutien aux autorités locales. À noter que ce projet s'est concrétisé avec des financements de l'État et aussi de l'Union européenne.

Lundi : les circonstances du décès restent troubles

Les circonstances de la mort de l'étudiant de 21 ans sont encore obscures à ce jour. Mais pour le père de la victime, son fils "n'était pas un garçon violent, ni un garçon qui faisait partie des irréductibles sur ce genre de manifestations. Ce n'était pas un casseur non plus". Ce jeune étudiant qui s'intéressait beaucoup à l'environnement s'était rendu sur les lieux "au milieu des affrontements, quand il a vu la tournure que prenaient les événements", confie Jean-Pierre Fraisse.

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Barrage de Sivens : "Mon fils n'était pas un garçon violent", dit le père de Rémi Fraisse Durée : | Date :
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Rémi Fraisse se serait rendu sur le site "sans casque, à mains nues. Il n'a pas eu de chance", expliquait alors son père.

Mardi : vers l'arrêt de la construction du barrage ?

Alors que Cécile Duflot demande une enquête sur les agissements des forces de l'ordre, Hervé Mariton, candidat à la présidence de l'UMP, estime que le projet de construction du barrage doit être maintenu malgré les protestations et le décès de Rémi Fraisse. "L'agriculture, ce n'est pas seulement des petites fleurs [...] Les écologistes ont une vision parfois décalée de ce que peut être l'économie agricole", déclare l'ancien ministre de Jacques Chirac.

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Barrage de Sivens : "Un besoin agricole manifeste et justifié", estime Hervé Mariton Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : RTL | Date :

Mercredi : Hollande, Valls et Cazeneuve critiqués

François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve ont fait front commun et ont dénoncé les violences survenues dans le Tarn. Cependant, les détracteurs ont reproché au gouvernement d'avoir mis trop de temps à prendre la parole après la mort du militant écologiste. Les ministres se retrouvent ainsi sur le banc des accusés et "c'est la pire chose qui pouvait lui arriver", estime Élizabeth Martichoux, chef du service politique de RTL.

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Barrage de Sivens : "Le gouvernement est fragilisé", estime Élizabeth Martichoux Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : RTL | Date :

"Pour les écologistes, Rémi Fraisse devient le martyre du barrage. Cécile Duflot, trop contente de se payer son meilleur ennemi Manuel Valls, a lancé les hostilités avec une véhémence contestable. Elle a, c'est vrai, mis le doigt là où ça fait mal pour le gouvernement. Quand on relit le premier communiqué de Bernard Cazeneuve sur le site du ministère de l'Intérieur, on y trouve effectivement peu ou pas de compassion. L'essentiel du texte est consacré à une condamnation "des incidents". Le ministre était-il insuffisamment ou mal informé par ses services sur la nature du décès du jeune homme ?", ajoute-t-elle.

Jeudi : l'ambition déplacée de Manuel Valls

Ainsi, le député européen José Bové, la secrétaire d'EELV Emmanuelle Cosse sont montés au créneau pour dénoncer l'attitude du gouvernement. "C'est le choc de deux brutalités, de deux violences et de deux ambitions", décrypte Éric Zemmour.

"Ce n'est pourtant pas la violence des gendarmes qui déborde la volonté de Manuel Valls. C'est, au contraire, le savoir-faire des forces de l'ordre et leur professionnalisme qui contiennent le plus souvent la violence politique dégagée par le chef du gouvernement", explique-t-il.

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Éric Zemmour : "Le gauchisme, maladie infantile de l'écologie" Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : RTL | Date :

Si le Premier ministre "a compris l'immense demande d'ordre des classes populaires, il y répond à contre-temps : pas contre la délinquance, qui continue de prospérer, mais contre les manifestants politiques". Ce qui fait dire à Éric Zemmour que "son ambition a glissé dans le sang de Rémi Fraisse, son Malik Oussékine".

Vendredi : Bernard Cazeneuve tente d'apaiser la situation

Après Nantes, c'est désormais à Rennes que les affrontements ont lieu. Une manifestation qui a dégénéré a eu lieu en réaction à la mort de Rémi Fraisse. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a condamné "fermement les violences"

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Trois interpellations ont été effectuées. De son côté, le préfet d'Ille-et-Vilaine a dénoncé la présence "des militants d'extrême gauche violents", qui ont des méthodes, de "Black Bloc". "Les forces de l'ordre ont été agressées plusieurs fois avec des objets incendiaires", a-t-il ensuite rapporté.

Samedi : "Un gâchis" pour le Front national

Entre l'échec du barrage de Sivens et le retrait de l'écotaxe, Florian Philippot estime que "ce ne sont pas les mêmes dossiers, mais des gâchis énormes". Concernant le barrage, "il pose le problème de la décentralisation", a avancé le vice-président du Front national.

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Barrage de Sivens, Écomouv' : "Des gâchis énormes", pour Philippot Crédit Image : Damien Rigondeaud / RTL.fr | Date :

"Les collectivités locales peuvent-elles porter de tels projets ?", s'est-il interrogé, avant de répondre par la négative. "Elles sont trop prises dans des politiques clientélistes". Et d'affirmer : "Les grands travaux doivent revenir à l'État". "À ce titre, la réforme territoriale m'inquiète, a-t-il ajouté, lui qui craint des "grandes féodalités".

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2014-11-02 19:57:21
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