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Victoire de Syriza en Grèce : "Un ras-le-bol d'une certaine Europe", dit Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - L'arrivée au pouvoir du parti de gauche radicale Syriza est saluée en France par l'extrême gauche, l'extrême droite et les "frondeurs" du PS. C'est le ras-le-bol d'une certaine Europe qui s'exprime.

Alba Ventura
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Crédit : Alba Ventura
Victoire de Syriza en Grèce : "Un ras-le-bol d'une certaine Europe", dit Alba Ventura
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Victoire de Syriza en Grèce : "Un ras-le-bol d'une certaine Europe", dit Alba Ventura
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L'invité de RTL - Alba Ventura
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Les Grecs ont délivré dimanche 25 janvier un message sans appel à leur gouvernement en donnant une très large victoire à Syriza, parti de gauche radicale d'Alexis Tsipras. C'est d'abord et surtout une victoire inédite. Pour la première fois, l'Europe a en face d'elle une majorité élue pour lui résister. Ce résultat crée un nouveau rapport de force entre les Grecs et l'Europe.

En fait, cette victoire est la démonstration que lorsqu'on impose des mesures qui ne sont pas comprises par un peuple, il se rebelle contre des mesures qu'il juge excessives. Le pays a connu des privatisations à la pelle, à des prix bradés. Les pensions ont été réduites. Les salaires des fonctionnaires, aussi. La télévision publique a fermée.
Ça a été un traitement de cheval qui, bien entendu, était justifié par l'état financier catastrophique du pays, mais qui était difficilement acceptable par les citoyens grecs.

L'échec d'une méthode brutale

Ce résultat est d'abord l'échec des grands partis grecs traditionnels qui ont gouverné le pays n'importe comment. Ce sont eux les premiers responsables. Ce sont eux qui ont plongé la Grèce dans le précipice.

Après, bien sûr, c'est aussi  l'échec du FMI, de la Commission européennes et de l'Allemagne d'Angela Merkel, qui ont pensé que les Grecs ne se rebelleraient pas et qu'ils subiraient la pression sans rien dire. On peut dire que c'est  l'échec d'une méthode brutale, verticale, sans négociation, sans aucune explication.

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D'une certaine manière, c'est aussi un échec pour la France, qui a cautionné cette méthode. En même temps, est-ce qu'on avait le choix ? Si les Grecs ne paient pas leur dette, il faudra que quelqu'un la paie. Ce sera l'Europe, et donc ce sera nous.

Si les Grecs ne paient pas leur dette, il faudra que quelqu'un la paie

Alba Ventura

François Hollande connait parfaitement ce risque-là. De ce point de vue, la victoire de Syriza rebat les cartes. On va entrer dans une période de négociation qui s'annonce houleuse.

Le chef de l'État français voudra y prendre toute sa part, lui qui s'était fait renvoyer dans ses buts par Angela Merkel au début de son mandat alors qu'il voulait renégocier le traité européen et instiller un peu plus de social.

En septembre dernier, lors de sa conférence de presse, le Président estimait qu'il était temps de parler de relance et d'arrêter les politiques d'austérité. "Réduire nos déficits à marche forcée dans ce contexte (de faible croissance) serait une faute", disait-il. C'était aussi l'occasion d'envoyer un signal à sa gauche.

Alliance baroque

Ce qui frappe aussi, c'est l'alliance baroque qui, de Jean-Luc Mélenchon à Jean-Marie Le Pen en passant par les "frondeurs" du PS, saluent le succès de Syriza. Est-ce leur victoire ? Non, c'est une victoire pour Syriza en Grèce pour Alexis Tsipras. En politique, il n'y a pas de victoire par procuration.

Contrairement à ce que défendent Marine Le Pen et Jean-Luc Mélechon, Syriza ne veut pas sortir de l'euro (il fallait le préciser à nouveau). Et contrairement à ce que dit Nicolas Dupont-Aignan, Syriza est tout sauf "souverainiste".

En politique, il n'y a pas de victoire par procuration

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On se gondole aussi quand on voit d'anciens ministres de François Hollande, proches des "frondeurs" (les Duflot, Hamon et Filipetti) fêter la victoire de l'extrême gauche en Grèce, alors qu'ils ont été assis tranquillement à la table du gouvernement pendant des mois et des mois. Les voir jouer les révolutionnaires aujourd'hui, ça laisse toujours perplexe.

Cela dit, même si chacun voit midi à sa porte, cette victoire de Syriza traduit quand même une chose : un ras-le-bol d'une certaine Europe. Il faut bien dire que ce ras-le-bol est assez partagé.

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