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Valls, Bartolone, Mélenchon : qui pour remplacer Ayrault ?

Jean-Marc Ayrault doit-il craindre pour son poste de Premier ministre ? L’Élysée assure que non. Les prétendants au poste de Premier ministre sont pourtant de plus en plus nombreux.

Jean-Marc Ayrault devrait rester en poste jusqu'en 2015.
Jean-Marc Ayrault devrait rester en poste jusqu'en 2015. Crédit : AFP / Joël Saget
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François Hollande l'a promis : "Si je remanie, je garde Jean-Marc (Ayrault)", a assuré le chef de l’État selon le journal Le Parisien. Le président, qui ne déteste rien de moins qu'agir sous la contrainte, devrait donc garder Jean-Marc Ayrault jusqu'aux élections régionales de 2015. Pourtant, les prétendants au poste de Premier ministre s'affichent de plus en plus.

Martine Aubry fait mine de ne pas y penser

Longtemps, Martine Aubry a fait figure de favorite pour gagner Matignon en mai 2012. C'était oublier les qualités requises par François Hollande qui souhaitait nommer Premier ministre une personne de confiance fortement liée aux députés.

Premier ministre ? Pourquoi pas.

Martine Aubry
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La finaliste malheureuse de la primaire socialiste n'a pourtant pas dit son dernier mot. "Mon objectif dans la vie n'est pas, comme d'autres, d'être Premier ministre. Mais si un jour c'est là où je me sens le plus utile, pourquoi pas ?", avait-elle assuré en septembre 2012 à Paris Match. Politiquement, la "dame des 35 heures" aurait l'avantage de rassurer la frange gauche du Parti socialiste et les ténors de la rue de Solférino. Mais sa relation tumultueuse avec Hollande serait évidemment un frein.
Pour l'heure, Martine Aubry fait mine de ne pas y penser. En Chine jeudi, où elle accompagnait le président Hollande, elle a une nouvelle fois loué les qualités de l'actuel Premier ministre, un homme "courageux", "à l'immense honnêteté intellectuelle" et qui "a des convictions", a-t-elle dit au micro de RTL.

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Aubry candidate à rien... pour l'instant Crédit Média : Yaël Goosz | Durée : | Date :

Manuel Valls joue collectif

Seul ministre du gouvernement à recueillir une majorité d'opinions favorables (54% selon le baromètre Clai-Metro-LCI par Opinion Way publié mi-avril), Manuel Valls est également, d'après cette même enquête, la personnalité préférée des Français comme prochain Premier ministre.

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Officiellement, pourtant, le ministre de l'Intérieur défend bec et ongles l'action de Jean-Marc Ayrault. "C'est vrai pour notre pays, c'est vrai pour la majorité, c'est vrai pour notre gouvernement, il est temps de jouer collectif, autour du président de la République et du Premier ministre", assurait-il le 11 avril sur l'antenne d'Europe1.

Je ne suis pas Premier ministre.

Manuel Valls
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Mais l'ancien responsable de la communication du candidat Hollande connaît trop bien les rouages de la politique pour ne pas s'inviter régulièrement dans la course à Matignon. En témoigne cette petite phrase glissée début avril sur BFMTV, à propos des mots d'Arnaud Montebourg à l'égard de Jean-Marc Ayrault. Le premier avait accusé le second de gérer "la France comme le conseil municipal de Nantes" et de faire "chier la terre entière avec (son) aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont tout le monde se fout".

En direct, Manuel Valls assurait qu'à la place de Jean-Marc Ayrault, il aurait "sans doute" limogé Arnaud Montebourg. "Mais ça n'est pas ce choix qui a été fait, car je ne suis pas Premier ministre", avait conclu Valls, critiquant ainsi implicitement la prétendue mollesse de Jean-Marc Ayrault.

Claude Bartolone donne des conseils à François Hollande

Non, trois fois non, Claude Bartolone ne veut pas prendre la place de Jean-Marc Ayrault. "Depuis que cette rumeur s'est installée, il y a quelque chose qui m'impressionne, à la fois on dit le président de l'Assemblée n'est pas toujours d'accord avec le président de la République qui nomme le Premier ministre, et donc c'est la preuve qu'il veut aller à Matignon, je trouve cela absurde !", a-t-il commenté le 21 avril sur Canal+.

Mais la rumeur n'est pas sans fondement, alimentée par le Premier ministre lui-même. "Pour être au gouvernement, il faut publier son patrimoine", avait noté Ayrault le 17 avril, en référence à la fronde menée par le président de l'Assemblée contre la publication des patrimoines des parlementaires.

Il faut envisager "un nouveau temps du quinquennat".

Claude Bartolone
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Bartolone, Premier ministre ? L'idée grandit comme le président de l'Assemblée multiplie les conseils à l'égard du chef de l’État. Jeudi, dans Le Monde, il a plaidé pour "nouveau temps du quinquennat" et une accélération des réformes. Alors que certains ministres du gouvernement ont, début avril, réclamé une inflexion de la politique de rigueur, Bartolone se veut le porte-étendard de la frange gauche du Parti socialiste.

Toujours dans Le Monde, il a "fixé" certaines priorités du gouvernement comme "des textes sur le logement ou le texte (du ministre Benoît) Hamon sur la consommation pour pouvoir donner des signes à cet électorat de gauche qui les attend". "Une feuille de route stimulante" pour Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne.

Jean-Luc Mélenchon s'y voit déjà

Le coprésident du Parti de gauche ne cache même plus ses ambitions. Matignon ? "C'est le but", a commenté lundi 22 avril sur Europe1. "François Hollande avait une chance de faire quelque chose de bien, il l'a ratée. Il peut se rattraper. (...) Il peut me nommer Premier ministre. Je n'ai pas peur", a-t-il ajouté.

Je suis candidat à Matignon.

Jean-Luc Mélenchon
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Nouvelle salve jeudi soir, sur le plateau de Des paroles et des actes, sur France 2. "Je n'ai jamais dit Matignon, pourquoi pas ? Je suis candidat à Matignon", a réaffirmé Jean-Luc Mélenchon, promettant de mener, si l'occasion lui en était donnée, "une autre politique". "Je veux qu'on change le centre de gravité", a ajouté l'ancien candidat à l'élection présidentielle.

En haut lieu, les ambitions de Jean-Luc Mélenchon ne font guère sourire. "Le fait qu'il veuille être Premier Ministre, je l'ai pris comme une blague et je le considère toujours comme tel", a commenté vendredi Michel Sapin, sur BFMTV. "Le Front de gauche n'est pas dans la majorité gouvernementale, et heureusement que Jean-Luc Mélenchon n'est pas dans le gouvernement !", a ajouté ce proche du président Hollande.

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