2 min de lecture Littérature

Valéry Giscard d'Estaing sur RTL : "Jean d'Ormesson était le plus intelligent d'entre nous"

INVITÉ RTL - L'ancien président de la République rend hommage à son ami d'enfance, décédé à l'âge de 92 ans. Selon lui, l'académicien aurait aimé être reconnu par la politique.

L'Invité de RTL Soir
VALERY GISCARD D'ESTAING, L'INVITE DE RTL SOIR DU 5/12/17
Crédit Média : Marc-Olivier Fogiel Crédit Image : ERIC FEFERBERG / AFP

Valéry Giscard d'Estaing connaissait Jean d'Ormesson depuis tout petit. "Quand nous nous sommes rencontrés, il devait avoir huit ans et moi sept", raconte au micro de RTL l'ancien président de la République, rendant hommage à son ami décédé à l'âge de 92 ans dans la nuit du 4 au 5 décembre. "C'est surtout un ami. Et je le répète : un ami d'enfance. C'est rare d'avoir un ami qui traverse la vie avec vous", confie-t-il.

De toutes ces années d'amitié, Valéry Giscard d'Estaing garde de Jean d'Ormesson l'image d'un "homme heureux et très intelligent", une alliance de deux qualités qu'il trouve exceptionnelle. "Vous rencontrez dans la vie des gens très intelligents, mais qui souffrent et sont malheureux, et vous rencontrez des gens heureux qui n'ont pas ce don d'intelligence. Jean, c'était les deux. Il était le plus intelligent d'entre nous et le plus heureux". 

En 1974, Jean d'Ormesson prend la tête du Figaro. En parallèle, Valéry Giscard d'Estaing est à l'Élysée et n'est pas ménagé par la plume de son ami. "Il avait un complexe, assure l'ancien chef de l'État. Il aurait aimé être reconnu par la politique. Il avait rêvé, je crois, d'être ministre de la Culture. Cela a failli se produire sous la présidence de Pompidou. (...) Il avait une sorte de manque par rapport à cet aspect de son activité. Il m'en voulait comme quelqu'un qui était de l'autre côté de la barrière".

Jean d'Ormesson était complètement mêlé à notre histoire et à notre culture

Valéry Giscard d'Estaing
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L'écrivain était aussi très proche de François Mitterrand, à qui il a rendu visite à vingt-six reprises à l'Élysée entre 1981 et 1995. "Je l'ai compris, mais ça ne veut pas dire que je l'ai approuvé !", s'amuse Valéry Giscard d'Estaing, rappelant le penchant "conservateur libéral" de Jean d'Ormesson. "Il n'était pas du tout pour François Mitterrand, mais ça l'amusait d'y aller, de parler, de discuter, d'autant plus que Mitterrand avait une véritable culture littéraire".

Parmi les hommages rendus à Jean d'Ormesson, nombreux sont ceux considérant qu'il incarnait une certaine image de la France. Valéry Giscard d'Estaing acquiesce : "Il était complètement mêlé à notre histoire et à notre culture, comme peu de gens le sont aujourd'hui. Sa disparition est une perte personnelle, mais aussi une perte pour la culture, la civilisation et l'image de la France".

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