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"Une étude montre que les catégories populaires se sont tenues à l'écart de l'esprit du 11 janvier", dit Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Une étude très argumentée de la fondation Jean-Jaurès montre que ni l'esprit du 11 janvier, ni les démêlés familiaux au FN n'ont modifié la perception des classes populaires sur l'état de la France.

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"Une étude montre que les catégories populaires se sont tenues à l'écart de l'esprit du 11 janvier", dit Alba Ventura Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura Journaliste RTL

Après des semaines de clash entre le père et la fille Le Pen, la sanction est tombée lundi 4 mai. Le bureau exécutif du FN a décidé de suspendre Jean-Marie Le Pen du parti. Son titre de "président d'honneur" sera examiné au cours d'une assemblée générale qui aura lieu d'ici trois mois. Radical !

Ça sonne un peu comme un licenciement. On peut d'ailleurs dire que Jean-Marie Le Pen était convoqué à un entretien préalable (auquel il n'a pas voulu assister). Il a été mis à pied. C'est ce qui s'appelle vouloir tourner la page, et vite. Pour Marine Le Pen aujourd'hui, le constat est simple : le FN, c'est elle et pas son père.

On n'est pas encore au bout de la guerre. L'histoire n'est pas terminée. On va s'en doute pouvoir encore remplir des chroniques entières sur les querelles du clan Le Pen.

Le FN à 25% est à son plancher, selon une étude

Pendant que se joue ce énième épisode de la guerre des Le Pen, une étude édifiante sur les électeurs du Front national vient d'être publiée. Elle démontre que le FN à 25% n'est pas à son plafond, mais plutôt à son plancher. C'est ce qui explique sans doute pourquoi Marine Le Pen va si loin.

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Cette étude n'est pas susceptible d'être taxée de parti pris, puisqu'il s'agit d'un travail de la fondation Jean-Jaurès, classée à gauche. Elle a été menée à partir des manifestations du 11 janvier à la suite des attentats à Paris. Les chercheurs ont voulu examiner l'intensité de la mobilisation partout en France (pas seulement à Paris), savoir si réellement il y avait eu un sursaut civique (une sorte de communion nationale). Le constat est édifiant.

Les catégories populaires se sont tenues à l'écart du 11 janvier

Alba Ventura
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La carte de France montre que les endroits où on a le moins manifesté correspondent aux territoires où l'on vote le plus FN. Un exemple : 71% de manifestants à Grenoble, et seulement 2% à Hénin-Beaumont, ville dirigée par le front national.

La fondation a aussi superposé d'autres cartes. Les villes où les régions où l'on s'est le plus abstenu aux élections européennes l'an dernier sont celles où l'on est le moins descendu dans la rue le 11 janvier. Les villes où les régions où l'on a le plus voté "non" au référendum européen en 2005 sont celles où l'on a le moins défilé le 11 janvier.

Autrement dit : dans la France qui n'était pas "Charlie", on trouve à la fois la France du "non", la France qui s'abstient et la France qui vote FN. Cela signifie que les catégories populaires se sont tenues à l'écart du 11 janvier. Pour appuyer cette démonstration; la fondation Jean-Jaurès ne s'est pas contentée de faire des constats. Elle a aussi mené des entretiens dans les milieux populaires.

Marine Le Pen est une sorte de haut-parleur

Les chercheurs ont interrogé des gens de droite et de gauche qui n'excluent pas de voter FN, mais pas des électeurs habituels du Front national. Des gens qui comme Bernard, par exemple, explique que sa famille a toujours été de gauche, socialiste.

Son père était à la CFDT. Il explique qu'il se sent toujours de gauche, mais qu'il sent aussi "que ca dérape". Bernard n'a jamais voté FN, mais pour lui la gauche a un filtre qui l'empêche de voir la réalité en face. C'est aussi valable chez les électeurs de droite.

Dans tous les entretiens, ce qui frappe à propos des attentats ce sont les mêmes réflexions : "Ce n'est pas étonnant", "Ça devait arriver", "C'est dans l'ordre des choses". Sous- entendu : le cours des choses va dans un sens négatif, qu'ils avaient eux "diagnostiqué" depuis très longtemps.

Tous estiment que les faits donnent raison à Marine Le Pen

Alba Ventura
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Tous estiment que les faits donnent raison à Marine Le Pen, qu'elle est une sorte de haut-parleur. Souvenez-vous ce que disait Laurent Fabius en 1984 : "Le FN pose les bonnes questions, mais il apporte les mauvaises réponses". Au fond aujourd'hui, beaucoup de Français, notamment chez les plus vulnérables, retiennent la première partie de la phrase.

Si l'on en croit Jérôme Fourquet et Alain Mergier, qui ont mené l'étude de la fondation Jean-Jaurès, au pire on ne sait pas répondre aux problèmes dont Marine Le Pen se nourrit, au mieux on ne peut le faire que sur le long terme. C'est un sacré avertissement au PS et à l'UMP.

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