2 min de lecture François Fillon

Des juges vont enquêter sur les dépenses de communication du gouvernement Fillon

Le parquet national financier a ouvert le 29 juillet une information judiciaire pour "favoritisme" et "détournement de fonds publics".

François Fillon à Rouez-en-Champagne, le 27 août 2014.
François Fillon à Rouez-en-Champagne, le 27 août 2014. Crédit : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
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Le parquet national financier a ouvert fin juillet une information judiciaire sur les dépenses de sondages et de communication dans le gouvernement Fillon, dont certaines avaient été épinglées par la Cour des comptes et faisaient l'objet d'une plainte de l'association Anticor, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. 

L'enquête, confiée à des juges d'instruction, est ouverte contre X pour favoritisme et détournement de fonds publics, les délits visés dans sa plainte par l'association de lutte contre la corruption, a précisé cette source.

Pas de mise en concurrence pour certains sondages

Une première plainte d'Anticor avait donné lieu fin 2012 à l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris. Fin 2013, Anticor avait déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la désignation de juges d'instruction.

L'association se fonde sur un rapport de la Cour des comptes d'octobre 2011 qui épinglait des dysfonctionnements dans les dépenses de communication de plusieurs ministères et de Matignon. Elle pointe des sondages, campagnes de communication, conseils stratégiques ou services de "media training" fournis à des ministères sans publicité ni mise en concurrence, d'où les soupçons de favoritisme. 

Dans plusieurs cas, la Cour des comptes jugeait ces contrats non conformes au code des marchés publics, en dépit des arguments invoqués par les ministères.

Certains sondages relatifs à l'image personnelle des ministres

Parmi les contrats visés, dont l'un initié pour le compte du Premier ministre François Fillon, certains étaient passés avec la société Giacometti-Péron et ont donné lieu à des paiements de plusieurs centaines de milliers d'euros. L'un des dirigeants de ce cabinet, Pierre Giacometti, était conseiller de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était à l'Élysée.

La Cour soulevait aussi la question du "financement, sur deniers publics, de sondages relatifs à l'image personnelle des ministres ou à des sujets éloignés de l'action du gouvernement", ce qui peut constituer aux yeux d'Anticor des détournements de fonds publics. L'association est déjà à l'origine de l'affaire des sondages de l'Élysée.

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