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Un ancien candidat FN impliqué dans les tractations entre Lafarge et Daesh

Selon "Mediapart", le directeur de la sûreté du cimentier Lafarge était candidat sur la liste de Wallerand de Saint-Just, trésorier du FN, lors des municipales de 2014.

Le groupe français Lafarge (illustration)
Le groupe français Lafarge (illustration) Crédit : FRANCK FIFE / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

Coup dur pour Marine Le Pen, qui avait fait de la lutte contre le terrorisme l'une de ses priorités pendant cette campagne présidentielle. Mediapart révèle ce mercredi 3 mai que l'un de ses fervents soutiens, ancien candidat aux municipales de 2014 sous l'étiquette du Rassemblement Bleu Marine, a supervisé la collaboration du cimentier Lafarge avec le groupe État islamique en Syrie

Jean-Claude Veillard, qui appartenait auparavant aux commandos de marine, occupe depuis dix ans l'un des postes les plus importants de Lafarge, leader dans le domaine des matériaux de construction (ciment, béton, granulats), rappelle le site d'investigation. Aujourd'hui directeur de la sûreté du groupe franco-suisse, il est également engagé en politique, auprès de l'extrême-droite. Lors des élections municipales à Paris en 2014, son nom apparaissait en 5ème position sur la liste de Wallerand de Saint-Just, qui n'est autre que l'actuel trésorier de la campagne présidentielle de Marine Le Pen

Jean-Claude Veillard avait une parfaite connaissance des tractations qui ont eu cours, entre la multinationale et l'État islamique

Mediapart
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Et s'il est cité par Mediapart aujourd'hui, c'est parce que les négociations entamées entre son groupe et Daesh avait lieu au même moment, en Syrie, et qu'il en était l'un des acteurs. Il aurait même supervisé le marchandage financier entre le cimentier et l'organisation État islamique, afin de permettre à son entreprise de poursuivre son activité sur le sol syrien. Documents et témoignages à l'appui, Mediapart affirme que Jean-Claude Veillard avait "une parfaite connaissance des tractations qui ont eu cours, en 2013 et 2014, entre la multinationale et l'État islamique, auteur d'une vague d'attentats sans précédent en France en 2015". 

Plus précisément, le chef de la sécurité de Lafarge-Holcim aurait été informé de toutes les phases de négociation et se trouvait en copie de mails adressés à la direction. Le site montre en exemple un courrier électronique datant de 2014, où l'un des responsables de Lafarge en Syrie "annonce qu’à la suite de ses discussions avec l’État islamique, l’entreprise devait fournir les pièces d’identité de ses employés sur place pour faciliter leur passage, lequel avait été rendu possible grâce à l’acquittement d’une taxe au profit des djihadistes". Toujours selon Mediapart, Jean-Claude Veillard "a dû donner son avis sur les décisions prises". 

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Contacté par le site, ce dernier n'a pas souhaité évoqué le dossier syrien, mais concernant son engagement aux côtés de Marine Le Pen, il a affirmé qu'il s'agissait "d'une affaire personnelle et privée. Si j'avais été l'adjoint de Mélenchon ou d'un socialiste, cela ne vous aurait pas intéressés, j'en suis sûr". À quelques heures du débat d'entre-deux tours, ces révélations viennent entacher la fin de campagne de la candidate du Front national

Je l'ai eu hier au téléphone. Il est un peu écroulé de rire

Wallerand de Saint-Just à propos de Jean-Claude Veillard
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Invité de .pol, webémission co-animée par Le Lab, le Huffington Post, L'internaute et le JDD, Wallerand de Saint-Just s'est exprimé jeudi 4 mai sur cette affaire qui touche donc un de ses anciens colistiers. "Je l'ai eu hier au téléphone. Il est un peu écroulé de rire. Pour lui, c'est absolument n'importe quoi. Il me dit : 'J'ai fait mon travail et c'est tout'", rapporte le trésorier de la campagne de Marine Le Pen. "Rien dans ce que publie Mediapart n'est absolument probant", ajoute ce dernier. "Rien pour le moment, de ce qu'a fait Monsieur Veillard ne peut être à mon sens critiquable", conclut-il. 

Il faut rappeler que le groupe Lafarge-Holcim fait l'objet d'une plainte pénale pour "financement d'entreprise terroriste", "complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité", "mise en danger délibérée d'autrui", "exploitation abusive du travail d'autrui", "négligence" et "recel".

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