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Trois ans de l'élection de François Hollande : les embûches de sa quatrième année à l'Élysée

DÉCRYPTAGE - La quatrième année du chef de l'État au pouvoir peut marquer un renouveau. À condition de passer avec succès les nombreux défis qui s'offrent à lui.

François Hollande
François Hollande
Crédit : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
Romain Renner
Romain Renner

François Hollande célèbre ce mardi 6 mai le troisième anniversaire de sa victoire à la présidentielle 2012. Entré en fonction dix jours plus tard, le président de la République entame sa quatrième année à la tête de l'État. La dernière complète.

Le mandat de François Hollande ne prendra certes fin que dans deux ans, en mai 2017, mais avec six derniers mois consacrés à l'élection présidentielle, il ne reste plus qu'un an et demi de présidence à celui qui conditionne sa candidature à sa réussite dans la lutte contre le chômage. Cette année peut s'avérer décisive pour le Président, qui doit faire face à de nombreux défis qui peuvent se transformer en autant d'embûches.

La reprise économique

Le vent de reprise qui souffle sur la France et la zone euro doit à tout prix se confirmer et se traduire par une diminution du chômage, qui a encore progressé de 0,4% en mars. Selon Eurostat, le taux de chômage a grimpé d'un point depuis l'arrivée au pouvoir de François Hollande. Le Crédit impôt compétitivité emploi (CICE), le pacte de responsabilité, pour les entreprises, et l'arrêt de la hausse des impôts, pour les ménages, sont censés apporter un second souffle pérenne à l'économie française.

La Commission européenne prévoit une hausse du PIB français de 1,1% pour l'année 2015. Une première depuis 2011. L'Unédic s'attend pourtant à une hausse de 106.000 nouveaux chômeurs sur la même période et le gouvernement ne semble plus avoir beaucoup d'options pour enrayer le phénomène.

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En dehors de la loi Macron, dont les dispositions sont déjà connues, aucune grande mesure économique ne devrait plus voir le jour. François Hollande se trouve désormais presque relégué à une position d'observateur, dans l'attente des résultats d'une politique déjà mise en place. "Toutes les cartouches économiques ont été tirées"constatait déjà notre journaliste économique, François Lenglet, en novembre dernier.

Les régionales

Les élections municipales, européennes, sénatoriales et départementales ont été autant d'échecs pour le Parti socialiste et, donc, pour le gouvernement. La victoire aux régionales de décembre 2015 semble parfaitement inatteignable tant la défiance envers le pouvoir en place semble grande.

Les socialistes vont toutefois devoir mener une grande campagne pour éviter l'humiliation qui leur semble promise. Une trop grande victoire des Républicains et/ou une trop forte percée du Front national dans les conseils régionaux - il n'en détient actuellement aucun - retombera évidemment sur le gouvernement.

François Hollande ne mènera pas campagne personnellement mais si Manuel Valls et ses ministres vont sur le terrain pour soutenir les candidats PS, ils impliqueront de facto le chef de l'État dans leur action. Nul doute que les candidats et responsables de l'opposition feront tout pour nationaliser ce nouveau scrutin.

Le congrès du Parti socialiste

L'agenda du Parti socialiste tourne actuellement autour du congrès des 5,6 et 7 juin prochains. Le parti majoritaire votera sur les motions, le 21 mai, avant de choisir son premier secrétaire, une semaine plus tard. Si Martine Aubry a fini par annoncer qu'elle signerait la motion de Jean-Christophe Cambadélis, les soutiens du Président restent sous la menace de la motion des frondeurs, emmenés par Christian Paul.

La motion de Jean-Christophe Cambadélis a besoin d'une victoire et cette dernière devra être franche, notamment dans l'optique d'une candidature de François Hollande en 2017. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à vouloir contraindre le chef de l'État à une primaire au sein de son camp pour gagner le droit de se représenter dans deux ans.

La popularité de Manuel Valls

La question de 2017 se pose de plus en plus, à mesure que les mois passent. Les difficultés de l'exécutif ne semblent pas avoir de prises sur Manuel Valls, plébiscité par 70% des Français pour représenter le PS à la prochaine présidentielleselon un sondage Odoxa du 5 mai pour Le Parisien. François Hollande n'obtient, lui, que 24% de souhaits.

Le déséquilibre constaté entre Manuel Valls et François Hollande n'est pas sans rappeler ce qu'avaient connu Nicolas Sarkozy et François Fillon, le second devenant plus populaire que son supérieur. Une situation poussée à l'extrême toutefois, le leadership du président de la République n'ayant jamais été remis en question face à son premier ministre.

François Hollande peut garder deux motifs d'espoir. Le dernier sondage en date indique tout d'abord que Manuel Valls ne franchirait pas non plus le premier tour de la présidentielle face à Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, deux très probables adversaires.

Le chef de l'État doit également avoir en mémoire qu'il était "Monsieur 3%" à quelques mois de la primaire socialiste de 2011 qu'il avait finalement remporté. La position de challenger ne doit donc pas lui faire peur. Encore faudra-t-il pouvoir se mettre en situation d'inverser la tendance.

La conférence sur le climat

La conférence de Paris, qui se tiendra du 30 novembre au 15 décembre, est considérée par de nombreux dirigeants et responsables politiques comme un événement capital pour l'avenir de la planète. Pour qu'il soit un succès, ce sommet doit accoucher de grandes décisions et d'actions concrètes.

Il n'est pas dit que François Hollande bénéficierait des retombées d'une conférence réussie mais ses adversaires ne rateront sûrement pas l'occasion de le pointer du doigt en cas d'échec. Le Président a fait de ce moment un temps fort de son quinquennat. Il est donc tributaire de ses résultats.

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