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Terrorisme : Nicolas Sarkozy fustige François Hollande et François Molins

Dans un entretien au JDD, le candidat à la primaire à droite juge que le procureur de Paris interfère dans la politique. Quant au président, il ne ferait pas ce qu'il faut en matière de lutte antiterroriste.

L'ancien président français, Nicolas Sarkozy
L'ancien président français, Nicolas Sarkozy Crédit : FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Ambre Deharo
Ambre Deharo

Chacun son domaine d'action. Dans un entretien au JDD publié ce dimanche 11 septembre, Nicolas Sarkozy critique l'action de François Molins mais pas que. Il reproche au procureur de Paris "d'interférer dans le débat politique". "À chacun sa responsabilité. C'est aux politiques et à eux seuls, parce qu'ils sont élus par le peuple, de modifier le droit quand cela apparaît nécessaire", déclare ainsi le candidat à la primaire de droite. "Un procureur peut-il interférer dans le débat politique ? Je ne le crois pas", tranche-t-il. L'ancien président de la République fait notamment référence à la question du terrorisme et à ses propositionsde placer les fichés S en rétention et de créer un parquet national antiterroriste que François Molins avait jugées inapplicables. Dans son entretien au JDD, Nicolas Sarkozy réaffirme ses deux propositions et en réitère une troisième, celle de créer une "cour spéciale antiterroriste, à l'image de ce qu'a fait le général de Gaulle en 1963 avec la Cour de sûreté de l'État contre l'OAS". Suggestion également critiquée par le procureur de Paris.

Le plan Sarkozy pour vaincre le terrorisme

Le candidat à l'élection présidentielle de 2017 va même plus loin dans ses propositions. Selon lui, la lutte contre le terrorisme passe par l'expulsion et la mise en détention. "Tout étranger suspecté d'être en lien avec une activité terroriste devrait être expulsé sans délai" propose-t-il ainsi. "Tout Français suspecté d'être lié au terrorisme, parce qu'il consulte régulièrement un site djihadiste, que son comportement témoigne d'une radicalisation ou parce qu'il est en contact étroit avec des personnes radicalisées, doit faire l'objet d'un placement préventif dans un centre de rétention fermé", affirme l'ancien chef de l'État. Et il rejette par la même occasion toute critique possible qui l'accuserait d'aller trop loin. "Qu'on ne me dise pas que ce serait Guantanamo ! En France, tout enfermement administratif est soumis au contrôle a posteriori d'un juge, et je ne propose pas autre chose", clame-t-il.

L'État ne fait pas assez

Nicolas Sarkozy en profite aussi pour largement critiquer l'action de François Hollande, ou plutôt son inaction à en croire ses propos. Réagissant à la tentative d'attentat à la bonbonne de gaz déjouée aux abords de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, l'ancien chef de l'État se veut cinglant. "Encore une fois, on parle d'individus fichés S et connus des services ! Le président de la République nous dit qu'on est en état de guerre. Quelles conséquences en tire-t-il ?" Et d'accuser : "François Hollande ne met pas tout en oeuvre pour lutter contre le terrorisme". Le candidat à la primaire à droite réagit aussi aux piques du chef de l'État lancées lors de son intervention du 8 septembre, salle Wagram à Paris. "Est-ce l'État de droit qui doit s'adapter à la menace ou la menace qui s'adapte à notre État de droit", interroge-t-il ainsi. "On ne devrait pas bouger, stoïques et immobiles alors que la vie de Français est en jeu ? Je ne l'accepte pas". Selon Nicolas Sarkozy, faire face à la réalité du terrorisme est plus que jamais nécessaire. Car, dit-il, la question n'est pas de savoir si nouvel attentat terroriste il y a aura, mais plutôt quand celui-ci aura-t-il lieu.

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