2 min de lecture Présidentielle 2017

Taubira charge Macron et Mélenchon, mais reste bienveillante à l'égard de Hamon

L'ancienne garde des Sceaux, pour qui Mélenchon "s'est perdu", est "atterrée" par le leader du mouvement "En Marche". En revanche, elle estime que la voix de Benoît Hamon "est un renouvellement".

Christiane Taubira au ministère de la Justice, le 27 janvier 2016
Christiane Taubira au ministère de la Justice, le 27 janvier 2016 Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

On ne peut pas dire que Christiane Taubira soit très fan d'Emmanuel Macron. L'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira se dit "atterrée" par l'effet du leader du mouvement En Marche ! "sur de jeunes esprits", lui reprochant de méconnaître le clivage droite/gauche, dans une interview aux Inrocks à paraître mercredi 1er février. "Il a une vraie capacité de séduction, il en joue, c'est même sa carte maîtresse. Il doit beaucoup aux médias. Macron se dit antisystème mais c'est un pur produit du système. Je suis atterrée par son effet sur de jeunes esprits", affirme Christine Taubira.

"Quand on a plus de trente ans d'engagement, qu'on a pris au sérieux la politique, qu'on a accepté de prendre des coups, qu'on a vu ses enfants prendre des coups, qu'on a vu des gens souffrir, on connaît la différence entre les politiques de gauche et de droite", lui reproche-t-elle. "François Fillon ne donne pas la migraine : il appartient à la droite dure. Entendre quelqu'un qui prétend à la magistrature suprême dire qu'il n'y a pas de différences entre droite et gauche m'atterre", poursuit l'ex Garde des Sceaux.

Dans la campagne, sa voix est un vrai renouvellement (à propos de Benoît Hamon)

Christiane Taubira
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Interrogé sur Benoît Hamon, Christiane Taubira juge que "dans la campagne, sa voix est un vrai renouvellement". "Merci de dire que la droite et la gauche, c'est différent. Les femmes et hommes de gauche qui racontent l'inverse sont juste en train de trahir", dit-elle. L'ancienne ministre, partie du gouvernement début 2016 en raison de son désaccord sur la déchéance de nationalité, épingle sans le nommer l'ancien Premier ministre Manuel Valls.

"Se prétendre le champion de la sécurité comme une fin en soi, alors qu'elle est un droit, ou se proclamer champion de la laïcité intégrale pour exclure, ce ne sont pas des marqueurs de gauche", attaque-t-elle. Quant à Jean-Luc Mélenchon, elle juge qu'il a "bifurqué". "Il a fait une très belle campagne en 2012 et depuis il s'est un peu perdu dans les sables".

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