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Syrie : la classe politique très frileuse face à une intervention française

DÉCRYPTAGE - Le Parlement doit débattre du dossier syrien ce mercredi après-midi, sans voter sur une éventuelle intervention. Sur la question, du Parti de Gauche au FN, les politiques sont très divisés.

Des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées dans des bombardements en Syrie, au cours desquels des gaz toxiques ont pu être utilisés.
Des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées dans des bombardements en Syrie, au cours desquels des gaz toxiques ont pu être utilisés. Crédit : SHAAM NEWS NETWORK / AFP
Mathieu Dehlinger Journaliste RTL

Faut-il ou non intervenir en Syrie ? Les parlementaires vont débattre du dossier, ce mercredi après-midi, lors d'une session extraordinaire, sans pour autant voter, en tout cas pour l'instant.

La question de la position française est au cœur du débat ces derniers jours, François Hollande envisageant d'engager des frappes contre le régime de Bachar al-Assad. Une telle intervention se ferait en réaction à une probable attaque chimique, survenue le 21 août dans la banlieue de Damas. Des centaines de personnes, dont des enfants, ont péri.

Quels sont les positions des partis politiques français sur la question ? État des lieux.

PS : Oui à une intervention, en apparence

François Hollande veut intervenir, sans envoyer de troupes au sol, a-t-il rappelé mardi lors d'une visite dans le Nord. Le président de la République avait annoncé mardi 27 août que la France était "prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents".

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Après une intervention viendra le temps de trouver une "solution politique", expliquait Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, lundi sur RTL. "Mais avant d'arriver là, il faut sanctionner un acte que la démocratie ne peut pas accepter."

Sauf que tout le monde au PS n'est pas sur cette ligne. Une enquête RTL révélait mardi qu'un quart des députés socialistes auraient voté contre une intervention ou se seraient abstenus, si l'Assemblée nationale avait été consultée.

UMP : Oui à une intervention, mais seulement avec l'ONU

Jean-François Copé veut attendre avant de prendre une décision, a-t-il expliqué ce mercredi sur RTL. Attendre notamment "la conclusion définitive de la mission d'inspection de l'ONU", chargée d'établir si des armes chimiques ont bien été utilisées et si oui par qui, les rebelles ou Bachar al-Assad.

Le parti est finalement parvenu mardi à fixer une position commune sur la question. A l'unanimité, l'UMP dit oui à une intervention à conditions que les preuves de l'usage d'armes chimiques soient établies, et ce, sur la base d'une résolution des Nations unies. Sans soutien de l'ONU, un vote serait exigé au Parlement et les députés UMP voteraient contre, a précisé Christian Jacob, leur chef de file.

"Une position irréaliste", analysait Jean-Michel Aphatie ce mercredi matin. Obtenir une résolution de l'ONU est impossible à cause de la Russie et de la Chine. "L'UMP est divisée sur la question syrienne", ajoutait-il.

FN : Non à "la guerre en Syrie"

Marine Le Pen doute de la véracité des accusations à l'égard de Bachar al-Assad. La présidente du Front national a soupçonné le gouvernement français "d'essayer de construire des preuves" établissant la responsabilité dans la probable attaque chimique survenue le 21 août dans la banlieue de Damas.

Le parti d'extrême droite se mobilise, notamment sur les réseaux sociaux, pour marquer son hostilité à une intervention en Syrie. Des frappes ne feraient que "soutenir des rebelles islamistes" et entraînerait la France "dans un terrible engrenage", la région étant une "poudrière", affirme le FN.

Parti de Gauche : non à une intervention

Le parti, coprésidé par Jean-Luc Mélenchon, dénonce "l'escalade de l'horreur" en Syrie, après l'attaque du 21 août, mais il se refuse à des frappes sur le régime de Bachar al-Assad. "La situation régionale est explosive et une intervention armée (...) ne ferait qu’aggraver le conflit", estime-t-il.

Seule solution aux yeux du parti, un "règlement négocié (...) dans le cadre de la seule institution internationale légitime, l'ONU".

UDI : Oui à une intervention, mais avec des conditions strictes

Jean-Louis Borloo ne rejette pas totalement le principe d'une intervention française en Syrie, mais il l'assortit de nombreuses conditions. A commencer par un vote du Parlement, préalable à tout engagement dans la région.

Le président de l'UDI souhaite également attendre le rapport des inspecteurs de l'ONU, certainement pas disponible avant trois semaines. Hors de question également d'intervenir, précise le centriste, "sans la participation de l'Union Européenne ou d'une majorité de ses États membres".

Modem : Non à une intervention, oui à des sanctions

Le Mouvement Démocrate, par la voix de son président François Bayrou, réclame un vote du Parlement avant une éventuelle intervention française, intervention à laquelle il n'est pas favorable.

"L'intervention directe, militaire, de la France en Syrie, pour ouvrir la porte du pouvoir aux fondamentalistes, est une responsabilité très lourde que je ne voudrais pas voir la France prendre", a-t-il expliqué lundi sur Arte. François Bayrou a affirmé préférer des "sanctions" contre le régime de Bachar al-Assad, via la Cour pénale internationale.

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