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Syrie, climat... : ce qu'il faut retenir de l'intervention de François Hollande à l'ONU

Le président français a estimé qu'il était inenvisageable de négocier avec Bachar al-Assad et que son départ était nécessaire.

François Hollande lors de l'Assemblée générale de l'ONU, le 28 septembre 2015.
François Hollande lors de l'Assemblée générale de l'ONU, le 28 septembre 2015.
Crédit : JOHN MOORE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

C'est un tête à tête scruté par le monde entier. Barack Obama et Vladimir Poutine se retrouvent, pour la première fois depuis deux ans, à l'Assemblée générale de l'ONU, ce lundi 28 septembre. Au programme : la Syrie, Bachar al-Assad et Daesh. François Hollande s'est aussi exprimé à la tribune. 

Le président de la République a estimé, ce lundi 28 septembre, à l'ONU qu'une transition politique en Syrie passait par le départ de Bachar al-Assad, jugeant que "nul ne peut imaginer une solution politique" avec le président syrien. "Nous devons tout faire pour qu'une transition politique puisse être trouvée en Syrie, cette transition passe par le départ de Bachar al-Assad. Rien n'a changé", a-t-il dit lors d'une rencontre avec des journalistes.

Bachar al-Assad responsable d'une "tragédie"

À la tribune de l'Assemblée générale, François Hollande a accusé le président syrien d'être responsable du chaos en Syrie, évoquant "une tragédie produite par l'alliance du terrorisme et de la dictature". Les centaines de milliers de réfugiés qui fuient la Syrie vers l'Europe "n'ont pas fui seulement une guerre, ils ont fui depuis plus de trois ans le régime de Bachar al-Assad. Encore aujourd'hui c'est ce même régime qui déverse des bombes sur des populations civiles innocentes", a insisté François Hollande.

"Ce n'est pas parce qu'il y a un groupe terroriste (le groupe Etat islamique) qui lui-même massacre, tue, viole et détruit des patrimoines essentiels de l'humanité qu'il y aurait pour autant une sorte de pardon, d'amnistie pour le régime qui a créé cette situation (...) Non", a martelé le président français.

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De leur côté, la Russie et l'Iran insistent pour maintenir en place le régime syrien afin de lutter contre les jihadistes, estimant que cette lutte devait prendre le pas sur la transition politique. Lors de son discours devant l'Assemblée générale des Nations Unies, Vladimir Poutine a plaidé pour une coopération avec le président syrien. "Ce serait une énorme erreur de ne pas coopérer avec ceux qui combattent frontalement le terrorisme, et nous devons reconnaître que personne d'autre que les forces armées du président Assad combattent réellement l'Etat islamique et d'autres organisations terroristes en Syrie", a déclaré le président russe, lors de sa première intervention devant l'Assemblée générale des Nations unies depuis 10 ans.

Une coalition possible, mais sans Assad

Evoquant la "large coalition" qu'a réclamée lundi à la même tribune son homologue russe Vladimir Poutine afin de combattre l'EI,  François Hollande l'a estimée "possible, souhaitable, nécessaire". Mais, a-t-il souligné, "cette coalition doit avoir une base claire sinon elle ne verra jamais le jour". Pour le président français la transition politique en Syrie doit aboutir à "un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs incluant des membres du gouvernement actuel et de l'opposition". "Voila la base, utilisons-la, avançons", a-t-il lancé.

On ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau

François Hollande

Il a déploré que "certains pays veuillent incorporer Bachar al-Assad dans ce processus", allusion à la Russie et l'Iran. "On ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau", a-t-il dit. "Assad est à l'origine du problème et il ne peut pas faire partie de la solution".

Rappeler l'enjeu de la COP21

Le président français François Hollande a exhorté à sceller un accord universel lors de la Conférence de Paris sur le climat, jugeant qu'il serait ensuite "trop tard pour le monde". "Nous devrons à Paris nous poser une seule question : l'humanité est-elle capable de prendre la décision de préserver la vie sur la planète ? (...) On peut dire 'ça peut être plus tard, à une autre conférence'. Si ce n'est pas à Paris, ce ne sera pas tard, ce sera trop tard pour le monde", a lancé François Hollande. 

 Estimant que la France, pays hôte, devait "montrer l'exemple", il a annoncé que les financements annuels de la France pour le climat passeraient de trois milliards d'euros à plus de cinq milliards en 2020. Le chef de l'État a cependant souligné que "les choses ont bien avancé" et il a salué les "déclarations très fortes des pays les plus responsables du réchauffement climatique, comme les Etats-Unis et la Chine". Pékin et Washington ont annoncé l'an dernier, respectivement, leur intention de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 26% à 28% d'ici 2025 par rapport à 2005 pour les États-Unis, et pour la Chine de plafonner ses émissions à l'horizon 2030. 

Ces gaz sont les principaux responsables du réchauffement de la planète. L'objectif de la conférence de Paris est d'obtenir un accord universel et contraignant pour limiter ce réchauffement à deux degrés Celsius par rapport à l'ère pré-industrielle, alors que la tendance actuelle selon les experts est un  réchauffement de quatre à cinq degrés. En prévision de la conférence de Paris, 90 pays, soit près de la moitié des 193 pays membres de l'ONU, ont annoncé leurs engagements nationaux de réduction, a souligné le président français en invitant les autres "à le faire vite". Le Brésil a annoncé dimanche par la voix de sa présidente Dilma Rousseff qu'il entendait réduire de 37% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2025 et de 43% en 2030, par rapport aux niveaux de 2005. 

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