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Sur RTL, le long silence de Jean-Paul Huchon sur le cas Julien Dray (vidéo)

Le président sortant du Conseil régional d'Ile-de-France, tête de liste socialiste pour les élections régionales, répondait mardi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Interrogé sur la mise à l'écart de Julien Dray dans l'Essonne pour démêlés judiciaires, Jean-Paul Huchon a revendiqué ce choix. La question : "N'est-ce pas embêtant de condamner quelqu'un avant qu'il ne le soit par la justice ?" a engendré un long silence gêné. "Je pense que j'ai assez commenté", a-t-il simplement lâché.

Jean-Michel Aphatie

Ecouter aussi :Julien Dray écarté des listes PS pour les Régionales


Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-Paul Huchon.

Jean-Paul Huchon : Bonjour.

Lors du "Grand Jury", dimanche sur RTL, Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, a déclaré : "Dans chacune des régions que nous gagnerons, nous prendrons l'engagement écrit de ne pas augmenter la fiscalité locale pendant six ans". Pourriez-vous prendre le même engagement, Jean-Paul Huchon ?

Ecoutez, Jean-Michel Aphatie... Ce gouvernement auquel monsieur Bertrand se rattache, qu'il soutient, a créé vingt-deux taxes en trois ans, dont dix-sept les deux dernières années. Ce n'est donc pas très sérieux de prétendre à çà. Et deuxièmement, il vient de supprimer la taxe professionnelle, ou en tout cas il a l'intention de la supprimer ; et en échange, il prive toutes les régions de toute assise fiscale. Donc, c'est facile de prendre cet engagement dès lors qu'il n'y aura plus d'impôts voté par les régions, ça sera des dotations de l'Etat.

Ca, c'est votre critique de la politique gouvernementale, c'est votre droit...

Mais c'est aussi la vérité.  Moi je n'augmente pas les impôts depuis quatre ans. Et le 7 décembre, on votera le budget, et je n'augmenterai pas les impôts. Ce sera toujours 0%.

Mais Xavier Bertrand dit autre chose. Alors c'est ça que j'aimerais vous voir commenter. Il dit : "Nous, par écrit, si on est élu, si on gagne une région, on dit aux contribuables : la région n'augmentera pas la fiscalité pendant six ans". Est-ce que c'est possible ?

Mais je vous dis : c'est facile à dire puisqu'il n'y aura plus de fiscalité

Il n'y aura plus de fiscalité ?

... Il n'y aura plus de fiscalité agricole, les élus n'auront aucune possibilité de voter les impôts puisque la taxe professionnelle n'est pas remplacée par un impôt voté par les élus et par des dotations d'Etat.

Vous avez la possibilité d'augmenter les taxes ?  Vous pouvez augmenter la part de la fiscalité , par exemple ;  vous pouvez augmenter sur les cartes grises, vous avez la fiscalité ?

Qu'est-ce qui nous reste, Jean-Michel Aphatie ? Il nous reste juste les cartes grises, voilà. Et vous savez, combien ça représente les cartes grises par rapport à un budget de quatre milliards et demis ? Même pas 100 millions.

La part de TIPP ? Vous pouvez aussi bouger ?

La part de TIPP, elle est fixée à un niveau que vous connaissez qui est le niveau maximum pour toutes les régions.

Les régions n'ont pas de ressources fiscales autonomes ?

Non. Et c'est d'ailleurs le pari du gouvernement, c'est d'étouffer les régions en leur retirant toutes les ressources fiscales et autonomie dont elles disposent.

De combien a augmenté la fiscalité régionale depuis que vous êtes président de la région Ile-de-France, Jean Paul Huchon ?Vous la présidez depuis 1998.

Premier mandat : - 6%. Deuxième mandat : un peu plus de 30%...
 
Quand le Président de la République énonce la "folie fiscale" des régions ? Il a tort ou il a raison ?

Mais je vous signale que ça représentait sur votre feuille d'impôt : entre 5 et 6 euros. Voilà. 5 à 6 euros, voilà ce que ça représente.
 
Donc finalement, ça ne pèse pas beaucoup la région ! Ce n'est pas très important, vous n'avez pas beaucoup de moyens d'action alors ?

On est à 4,5 milliards de budget.

Ah, quand même ! Ca vient d'où alors ?

Oui, mais les 4,5 milliards de budget sont assis sur la richesse et la puissance de l'Ile-de-France. Elles ne sont pas forcément assises sur des impôts dont nous n'avons pratiquement pas le contrôle, ni l'autonomie, ça il faut le savoir.

Donc, qu'est-ce qu'on dit ? Qu'est-ce qu'on dit aux contribuables ce matin ? Que les impôts régionaux n'augmenteront pas ?

Je pense que Xavier Bertrand a perdu une occasion de se taire.

Bon, d'accord ; donc, on va le lui dire. Vous êtes en train de constituer les listes pour les élections régionales ; et on a noté qu'objet d'une enquête préliminaire menée par le Parquet de Paris, Julien Dray qui est député, vice-président sortant de la région que vous présidez, Jean-Paul Huchon, a été écarté de la liste socialiste de l'Essonne pour les élections régionales. "C'est inadmissible, a dit dimanche, Ségolène Royal, qu'il ait été écarté". Pourquoi l'a-t-il été ?

Ecoutez, il y a eu un vote des militants. C'est la procédure. Les militants ont souhaité qu'il y ait une liste présentée et que la tête de liste soit leur premier secrétaire, le premier secrétaire jeune qui s'appelle Carlos Da Silva, voilà, c'est tout ce que j'ai à vous dire...

Non, ce n'est pas tout ! parce que...

Les militants l'ont souhaité et je préfèrerais qu'on parle de la semaine qui commence à s'ouvrir où il y aura les chiffres du chômage, les batailles de chiffres autour du chômage, etc. Et puis, surtout, la situation très, très difficile dans laquelle se trouvent les jeunes dans certaines villes à plus de 40% de chômeurs sur les 15-25 ans.

On préfère toujours parler des choses qui ne sont pas embêtantes ! C'est ça ?

Ecoutez, c'est les militants qui ont voté. C'est une procédure qui est la procédure du Parti socialiste ; et en plus, comme vous le savez, les militants ont voté pour un  premier secrétaire qui a annoncé qu'il se désisterait si Julien Dray était débarrassé de ses ennuis judiciaires.

Mais Julien Dray n'est accusé de rien, condamné de rien et il dit sur son blog : "Le Parti socialiste foule aux pieds les valeurs fondamentales". Alors, présomption d'innocence, etc.

Je vous le dis : à partir du moment où les militants de l'Essonne ont voté, c'est la loi qui s'applique.

Et ce n'est pas un peu dérangeant de voir que quelqu'un à qui on ne reproche rien,  est écarté d'une liste ? Il est quand même un vice-président !

Ecoutez, on a voulu un renouvellement très important sur les listes. Ca a été très douloureux pour une série de camarades qui ont disparu des listes parce qu'on a renouvelé à 60%, vous entendez bien : 60% de nos candidats n'étaient pas là la dernière fois. C'est donc douloureux pour tout le monde, et c'est le cas en Essonne comme c'est le cas dans les Hauts-de-Seine ou ailleurs.

Et si les militants ont voté, donc écarté Julien Dray, il n'y a pas de raison qu'il revienne après ?

Mais écoutez, ils ont admis cette formule qui est quand même une formule sage qui consiste à dire : si les choses évoluaient, on pourrait faire modifier la tête de liste.

Ce n'est pas embêtant de condamner quelqu'un avant qu'il ne le soit par la Justice, Jean-Paul Huchon ?

Je ne comprends pas là, le sens de votre question ?

Vous le condamnez avant qu'il ne soit condamné par la Justice ?

Ah !... (très long silence) Je pense que j'ai assez commenté votre question.

D'accord, on va dire ça comme ça. Face à vous durant la campagne électorale, ce printemps, vous trouverez Cécile Duflot, qui est secrétaire générale des Verts. Les Verts ont géré la région avec vous, Cécile Duflot est sévère avec le Parti socialiste. Elle dit, par exemple, dans "Paris Match" cette semaine : "Le Parti socialiste est dépressif et totalement déprimant". Vous êtes dépressif ?

Ecoutez, si vous voulez bien cesser de me parler du Parti socialiste, parce que ce n'est pas...

C'est votre parti quand même !

... Non  mais, ce n'est pas une élection purement nationale, c'est le choix qu'a fait Sarkozy, il veut mettre des Sarkozy partout dans toutes les régions. Nous, nous avons fait le choix d'une campagne qui tienne compte des préoccupations des Franciliens, qui soit régionale. Donc moi, madame Duflot, elle porte les critiques qu'elle veut sur le Parti socialiste, mais j'aimerais qu'elle me dise pourquoi elle se présente, de son côté, par rapport à un président de région socialiste qui a géré son exécutif avec les Verts, les Communistes, les Chevènementistes, les Radicaux sans aucun incident, vous entendez bien, sans aucun incident... Vous n'avez pas entendu parler de la région, ni d'incidents à la région, pendant douze ans.

Cette division peut vous coûter la victoire ?

Je pense qu'il faut que la campagne soit très convenable, très correcte de part et d'autre de manière à ce qu'on n'ait pas une difficulté à retrouver tout le monde au deuxième tour parce qu'au deuxième tour, ce qui est clair, c'est que la Droite sera battue.

Jean-Paul Huchon, président sortant de la région Ile-de-France, était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée.

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