3 min de lecture Patrick Buisson

Sondages de l'Élysée : Patrick Buisson est mis en examen

L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy a été entendu par la police et poursuivi ce mercredi. Pierre Giacometti, également ex-conseiller du président de la République, a été placé en garde à vue.

Patrick Buisson, le 15 octobre 2010. (archives)
Patrick Buisson, le 15 octobre 2010. (archives) Crédit : MIGUEL MEDINA / AFP
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Six autres anciens proches de Nicolas Sarkozy avaient été entendus en juin. Ce mercredi 29 juillet, la police judiciaire a interrogé à Paris deux ex-conseillers de l'ancien chef de l'État, Patrick Buisson et Pierre Giacometti. Le premier a été mis en examen et le second placé en garde à vue.

Pierre Giacometti est en garde à vue dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance économique, dans le 13e arrondissement. De son côté, Patrick Buisson s'est rendu "au pôle financier pour être entendu chez le juge", a déclaré son avocat Gilles-William Goldnadel. Il a été mis en examen pour recel de favoritisme, abus de biens sociaux et détournement de fonds publics par un particulier. "L'audition de mon client a été très rapide, il s'exprimera plus tard sur le fond du dossier, mais il reste parfaitement serein", précise Me Goldnadel à l'AFP

La Cour des compte tire le signal d'alarme en 2009

L'instruction, menée par un juge financier, porte sur la régularité des contrats conclus sous le quinquennat Sarkozy entre l'Élysée et neuf instituts de sondage, notamment la société Publifact de Patrick Buisson, ainsi que celle de Pierre Giacometti, Giacometti-Peron. Six anciens collaborateurs de Nicolas Sarkozy, dont Claude Guéant et Xavier Musca, qui s'étaient succédé au poste de secrétaire général de la présidence de la République, ainsi qu'Emmanuelle Mignon, l'ancienne directrice de cabinet, ont été entendus début juin. À l'issue de leurs interrogatoires, ils ont été relâchés. Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy est protégé par son immunité présidentielle, puisqu'il était en poste à l'Élysée.

La polémique débute en 2009, après la publication d'un rapport de la Cour des comptes qui épingle sévèrement une convention signée le 1er juin 2007 entre l'Elysée et le cabinet de Patrick Buisson, "pour un coût avoisinant 1,5 million d'euros". "Aucune des possibilités offertes par le code des marchés publics" n'a été appliquée, juge alors la Cour, déplorant "le caractère non seulement très succinct de la convention (une seule page) mais également exorbitant au regard des règles de l'exécution de la dépense publique". Signée par Emmanuelle Mignon, cette convention donne à Publifact "une totale liberté d'appréciation" sur les dépenses à engager, s'inquiète la Cour.

Des sondages sur Carla Bruni ou DSK

À lire aussi
Claude Guéant, le 5 décembre 2018 Nicolas Sarkozy
Sondages de l'Élysée : Claude Guéant et d'ex-proches de Sarkozy renvoyés en correctionnelle

En février 2010, l'association de lutte contre la corruption Anticor porte plainte. Elle n'obtient que fin 2012, au prix d'une longue bataille procédurale, que le juge Serge Tournaire puisse enquêter sur des faits présumés de favoritisme dans l'attribution des contrats et détournement de fonds publics. Les investigations sont ensuite étendues à l'ensemble des contrats de conseil ou sondages commandés durant le quinquennat Sarkozy, chiffrés à plus de 9 millions d'euros dans une plainte ultérieure d'Anticor. Dans un rapport de contrôle en 2010, la Cour des comptes note "un sérieux effort de rationalisation et d'économies" de la part de l'Élysée, relevant que la convention avec Publifact n'a "plus donné lieu à commandes de nouvelles études" après septembre 2009.

Selon la plainte d'Anticor, certains sondages étaient "étrangers" à la fonction de chef de l'État. L'association cite ainsi un sondage sur la perception par les Français de la liaison entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, ou encore sur des adversaires potentiels du président, comme Marine Le Pen et Dominique Strauss-Kahn. 

Des perquisitions sont menées en avril 2013 chez Patrick Buisson. Ce dernier, venu de l'extrême droite - il a dirigé le journal Minute - est réputé très influent auprès de Nicolas Sarkozy durant son quinquennat et la présidentielle perdue de 2012. Il refait parler de lui avec les fameux enregistrements clandestins qu'il réalisait à l'Élysée. En juillet 2014, la cour d'appel de Paris confirme sa condamnation à verser des dommages et intérêts à l'ex-président, qui a coupé les ponts avec lui.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Patrick Buisson Nicolas Sarkozy Justice
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants