3 min de lecture Les Républicains

"La bande du Bellota-Bellota" ou les prémices du basculement des Républicains

RÉCIT - Ces ex-Républicains avaient l'habitude de se réunir dans un restaurant parisien, le "Bellota-Bellota", pour discuter de l'avenir de leur parti.

Thierry Solère, Édouard Philippe, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire
Crédit Image : AFP

Il y a eu la promotion Voltaire avec François Hollande, puis Senghor avec Emmanuel Macron. Et il y a aussi le "groupe du Bellota-Bellota". Pour ce dernier, rien à voir avec une solidarité étudiante, il s'agit plutôt d'une bande. "Une bande de copains", comme l'explique Le Journal du Dimanche, composée de Thierry Solère, Franck Riester, Édouard Philippe, Gérald Darmanin, Benoist Apparu, Gilles Boyer et Bruno Le Maire.

Ces compères issus des Républicains et devenus macronistes pour la majorité avaient pour habitude de se réunir "régulièrement dans un restaurant espagnol du VIIème arrondissement de Paris, le Bellota-Bellota. Entre deux tranches du célèbre jambon ibérique, ces jeunes parlementaires tenants d’une droite ouverte adorent se lancer dans des imitations de Nicolas Sarkozy ou d’Alain Juppé. Au palais Bourbon, ils côtoient le nouveau ministre de l’Économie", raconte Le Journal du Dimanche.

Les Constructifs avant l'heure

Tout a commencé en 2012, "autour d'une bonne tablée" à ce restaurant, précise Le Parisien. L'un des participants raconte au quotidien : "La droite était en lambeaux après la défaite de Sarkozy, il y avait un truc à reconstruire". C'est ainsi que les dîners se multiplient et le groupe s'élargit. C'est un concentré d'une partie des Républicains. En pleine campagne pour la primaire de la droite, Édouard PhilippeBenoist Apparu et Gilles Boyer sont du côté d'Alain Juppé ; Gérald Darmanin milite pour Nicolas Sarkozy ; Franck Riester et Thierry Solère sont avec Bruno Le Maire.

Et c'est justement au Bellota-Bellota qu'ils "s’écharpent sur les dossiers sérieux : la montée du FN et du chômage, le 'tout-sécuritaire', le cumul des mandats, sujet sensible pour les provinciaux de la bande", rapporte GQ. "Puis ils se réconcilient à l’aide de leur mantra, la conviction que l’époque et le besoin de changement leur seront assez favorables pour monter d’un cran : 'On se rend bien compte qu’on est à la fin d’un jeu de l’oie, mise un convive, le parcours du jeune giscardien, ou chiraquien, qui passe par toutes les cases pour terminer dans un grand ministère, c’est terminé' (...) Si le charme des tempes argentées peut encore opérer à l’Élysée et Matignon, ce serait fini au gouvernement : 'Les Français ne veulent plus de vieux ministres bedonnants', assure l’un deux, qui sait qu’il n’aura pas toujours 40 ans et joue contre la montre", peut-on lire.

Pro-Macron et anti-Wauquiez

"Au fil du temps, les conversations deviennent plus confidentielles et la bande se délocalise chez Solère, à Boulogne", souligne Le Point. Stratégie confirmée dans Le Journal du Dimanche, qui narre que "dans la semaine qui précède la passation de pouvoir, certains d'entre eux rencontrent discrètement le président élu. Quand La République En Marche dévoile la liste de ses candidats aux élections législatives, tous sont épargnés par le nouveau pouvoir. Seul Gilles Boyer héritera d'un adversaire REM après avoir choisi de se situer 'dans l'opposition'". 

Le signe révélateur pour "le groupe du Bellota-Bellota" fut la nomination d'Édouard Philippe à Matignon. Un habitué du restaurant confie au JDD : "Au début, on se disait que Macron n'oserait jamais mettre un premier ministre de droite. Mais quand il a nommé un membre de la bande à Matignon, on s'est dit : 'Banco'". "Preuve en tout cas qu'ils ont du flair : pour les 46 ans d'Édouard Philippe, deux jours après le second tour de la primaire, ils ont offert à leur ami, grand collectionneur de boutons de manchette, des boutons siglés Superman", ajoute Le Point.

Comme pour n'importe quelle relation, certains ont pris leur distance, comme Bruno Le Maire au moment où il a eu "sa carte chez En Marche !", indique Le Parisien, qui ajoute que "si les dîners se sont espacés, la complicité est intacte. 'Solère est toujours fourré à Matignon, souvent le soir', confie un conseiller ministériel, qui raconte que le Premier ministre avait discrètement soumis à son ami, dès la fin juin, le texte du discours de politique générale qu'il allait prononcer le 4 juillet devant l'Assemblée". Un élément semble les avoir soudés : "Ils détestent Laurent Wauquiez", lâche Le Parisien

La rédaction vous recommande
Contenus sponsorisés