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Serge July : "Nicolas Sarkozy, le récidiviste"

Du lundi au vendredi à 18h25, le fondateur de "Libération" et grand observateur de la vie politique depuis trente ans, propose un billet d'humeur. L'occasion de livrer son regard sur une actualité qui l'a marqué.

Serge July
Serge July
Serge July
Serge July et La rédaction numérique de RTL

Nicolas Sarkozy en déplacement au commissariat d'Orléans est revenu sur l'assassinat de Laetitia et il a demandé des sanctions contre les responsables des dysfonctionnements judiciaires et policiers. Il est toujours convaincant sur le sujet?
Comme à son habitude, le chef de l'état s'est emparé de ce fait divers terrible. Il a voulu démontrer comme à chaque fois qu'il était toujours  le président des victimes, et qu'il allait mobiliser l'ensemble de l'appareil d'état pour défendre des Français menacés par principe. Mais ce qui est  frappant c'est que cette fois, la captation de ce fait divers ne fonctionne plus, comme si Nicolas Sarkozy avait épuisé toutes ses ficelles de son théâtre politique. Les lois sur la récidive, depuis 2002 il en a fait 5,  l'année prochaine ca fera une tous les 2 ans. Donc travail mal fait: il y en a au moins 4 de trop. Rien que cet énoncé est terrible. Pire ces lois  sont inappliquées, parce que les recrutements, les investissements qu'elles impliquaient n'ont pas été faits.  Sans devenir un récidiviste caricatural, il ne pouvait pas se lancer dans une 6e loi. Voilà pourquoi il a été  contraint faute de munitions de se lancer dans la recherche de boucs émissaires parmi les magistrats, la pénitentiaire  et les policiers. En prenant le risque de mettre le feu  à ces professions.

Cette mise en cause est peut-être justifiée, des erreurs ont peut-être été commises ?

C'est évident qu'il y a des gens qui étaient en responsabilité.  Mais dans quelles conditions. C'est vraiment parce qu'il ne peut pas faire autrement qu'il a pris le risque de déclencher des polémiques  et provoquer d'inévitables effets boomerang. Le gouvernement est accusé de ne pas s'être donné les moyens de mener la politique qu'il avait fait voter. En cause le service pénitentiaire d'insertion et de probation de Nantes. L'alerte a été donnée depuis très longtemps. 4 postes de juges d'application des peines. L'un d'eux est vacant depuis 1 an. Jamais remplacé, donc chacun de des 3 juges doit traiter 1300 dossiers. Les bracelets mobiles équipés GPS pour des personnes jugées à risque toutes catégories mais laissées en liberté, il y en a en tout en pour tout 43 en France,  les autres sont des bracelets fixes en  substitution à la prison, en faudrait le double. Il manque 800 postes de psychiatres pour individualiser les suivis des délinquants sexuels. Quant aux conseillers de probation il y en a 1 pour 135 cas en moyenne en France, mais au Canada, où çà marche très bien,  il y en à un pour 20. Ce n'est pas du tout le même ratio.

Quelle conséquence vous voyez pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy ?

Cette affaire montre qu'il est déjà confronté à une vraie difficulté. Sur le sujet, il en a beaucoup fait, sur une très longue période. Il  va donc être renvoyé à son bilan. Et ce bilan ressemble à du gruyère, c'est à dire qu'il y a beaucoup de trous: les effets d'annonce y ont compté plus que la réalité des changements et  les moyens n'ont jamais vraiment été mobilisés comme l'aurait requis une vraie priorité politique. Vous voyez le problème? Les Français risquent de regarder son bilan global à travers le prisme de sa priorité, c'est à dire la sécurité.

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Politique Chroniques L'édito de Serge July
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