1 min de lecture Serge July

Serge July : "Nicolas Sarkozy, le choix eurosceptique"

Du lundi au vendredi à 18h25, le fondateur de "Libération" et grand observateur de la vie politique depuis trente ans, propose un billet d'humeur. L'occasion de livrer son regard sur une actualité qui l'a marqué.

Serge July
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Serge July Journaliste RTL

Place de la Concorde dimanche, Nicolas Sarkozy a demandé que la BCE soutienne la croissance. Est-ce que ce n’est pas finalement ce que demandait François Hollande? 

Vous souvenez que l’engagement du candidat socialiste de renégocier le traité budgétaire européen ou d’obtenir à côté un engagement sur la croissance avait été accueilli par des éclats de rires. Le Président, les ténors de l’UMP, n’avaient pas de mots assez cruels pour décrire l’inexpérience crasse du socialiste. A une semaine du 1er tour, volte-face présidentielle, le candidat Sarkozy semble abonder dans le même sens que son adversaire. Je le cite « Entre la déflation et la croissance l’Europe n’a pas le choix ». Et ce n’est pas la 1ere volte-face de la semaine écoulée. Après avoir raillé le caractère je cite « soviétique » du projet de François Hollande visant à encadrer les loyers, vendredi le président sortant s’est rallié à son tour à cette politique.

Faut-il en conclure que Nicolas Sarkozy a décidé, de faire campagne pour François Hollande?

Non  bien sûr. Mais comme sa campagne panouille, il essaie de rectifier dans un sens à la fois plus beaucoup plus social,  c’est le sens du ralliement à l’encadrement des loyers, en agitant par ailleurs la clochette de la croissance, mais surtout en étant beaucoup plus eurosceptique. Car il a fait l’éloge de la politique de la chaise vide menée par de Gaulle à partir de 65. Cette décision avait été,  pendant près de 10 ans, dévastatrice pour la construction européenne, contre l’introduction de la règle majoritaire et pour le retour à l’unanimité. Cela ressemble à une véritable promesse souverainiste de blocage de l’Europe, et dans la manœuvre, il fait un cadeau collatéral à François Hollande. Pendant toute l’année 2011, il a bagarré avec Angela Merkel sur le rôle de la BCE, jusqu’à novembre dernier où il s’était accordé avec elle sur le fait de ne plus parler de la BCE. Et le président depuis s’était tu. Elle est aujourd’hui sacrifiée. Le candidat Sarkozy a une urgence absolue: il veut mobiliser son électorat et surtout celui de la France du non en adoptant cette attitude guerrière. Nicolas Sarkozy est à très court terme, 1er et surtout  2e tour, tandis que François Hollande se place à moyen terme à la recherche d’un vrai bonus de croissance.

Votre carnet de notes : 9 sur 20 à François Fillon.

Le 1er ministre qui pense à lui et qui compte bien candidater pour la mairie de Paris s’est exprimé à la Concorde et il s’est laissé aller je cite »De cette place de la Concorde je vois le chemin tracé par nos rois », et il poursuit par tous les héros français . Et il conclut : « Vous en êtes les héritiers. Et aujourd’hui Paris oui, Paris est à nous ». C’est touchant un Fillon concupiscent.

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2012-04-16 18:30:00
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