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Serge July : "Un 8 mai, deux Présidents"

Du lundi au vendredi à 18h25, le fondateur de "Libération" et grand observateur de la vie politique depuis trente ans, propose un billet d'humeur. L'occasion de livrer son regard sur une actualité qui l'a marqué.

Serge July
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Serge July Journaliste RTL

Nicolas Sarkozy a invité François Hollande a célébrer avec la commémoration du 8 mai 45, de la victoire sur l’Allemagne nazie. Vous dites c’était une cérémonie politique. Mais vous avez été ému ?  
Oui, çà l’était. Parce qu’il y avait une symbolique très forte dans ce côte à côte paisible de deux présidents, une seule gerbe, devant la tombe du soldat inconnu. Après une bataille électorale souvent féroce, nous avons assisté à des retrouvailles dans la maison commune, à savoir la République Française. Les assauts du débat de l’entre-deux tours, c’était il y a 6 jours seulement. Mais il y avait pourtant en ce 8 mai comme un petit air de cohabitation avec la dose de respect qui accompagne des rites partagés. Le président de droite sortant et le président de gauche entrant, ont donné à voir,  au son de la Marseillaise et du Chant des partisans, qu’il y avait une continuité de l’état, par-delà la gauche et la droite, qui plus est commémorant la victoire sur le nazisme et la fin de la guerre en Europe, à l’heure où l’avenir de celle-ci est en jeu !

Vous m’avez dit, c’était politique. Ça l’était pour Nicolas Sarkozy ?
D’abord c’est lui qui a pris l’initiative de partager cette cérémonie avec François Hollande. C’est la 1er fois que cela se produit entre un président qui s’est représenté et son opposant qui a été élu. En 1995, il y a bien eu Chirac et Mitterrand mais celui-ci ne s’était pas représenté une 3e fois. Nicolas Sarkozy met en scène sa sortie. Il sait que cette cérémonie est l’avant dernière de son quinquennat, avant la passation de pouvoir. Il a voulu laisser de lui l’image d’un président apaisant. C’était un souci pour lui, après avoir mené une campagne électorale clivante, avec des noms d’oiseaux où il avait stigmatisé beaucoup de monde. Il lui fallait laisser une toute autre impression et cette invitation y contribuait largement. D’autant plus que l’UMP aborde les législatives dans une position difficile en avait bien besoin. Et puis Nicolas Sarkozy n’a aucune envie d’insulter son propre avenir.

Et François Hollande a accepté. Pourquoi ?
Les premiers gestes pour un nouveau président marquent toujours les esprits. En bien ou en mal. Cette invitation était une aubaine : le message de François Hollande c’est le rassemblement et la réconciliation de ceux qui ont voté pour lui et de ceux qui n’ont pas voté pour lui. Il n’y avait pas pour lui de situation plus éloquente. Il ne s’en pas privé d’autant que Nicolas Sarkozy avait réparti élégamment les rôles : en maitre de cérémonie, il lui a fait les honneurs de la place et lui a laissé répondre aux médias, tandis qu’il s’offrait un dernier bain de foule. Tous deux avaient intérêt à ce festival de symboles, d’images et d’émotions. Comme disent nos Présidents : Vive la République ! Vive la France !

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Du lundi au vendredi à 18h25, le fondateur de "Libération" et grand observateur de la vie politique depuis trente ans, propose un billet d'humeur. L'occasion de livrer son regard sur une actualité qui l'a marqué.
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2012-05-08 18:27:00
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