3 min de lecture Élections sénatoriales

Sénatoriales 2017 : mode de scrutin, rapport de force... Le guide pour tout comprendre

ÉCLAIRAGE - Trois mois après les législatives, le renouvellement partiel de la chambre haute du Parlement est prévu le 24 septembre.

L'hémicycle du Sénat vu depuis le bureau du président de la Chambre haute
L'hémicycle du Sénat vu depuis le bureau du président de la Chambre haute Crédit : AFP / Archives, Lionel Bonaventure
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Au printemps 2017, la France élisait son président et renouvelait les 577 sièges de l'Assemblée nationale. En ce début d'automne, les regards seront braqués sur l'autre chambre du Parlement, le Sénat. Dimanche 24 septembre, le mandat de six ans de près de la moitié des sénateurs prend fin.

Un scrutin national est donc organisé pour renouveler les 171 sièges concernés (150 sièges dans 38 départements métropolitains, 6 dans les départements d'outre-mer, 6 pour les Français de l'étranger et un siège vacant). C'est la première fois dans l'histoire de la Ve République que les élections présidentiellelégislatives et sénatoriales se déroulent la même année.

Dans la Constitution de la Ve République, le Sénat, composé de 348 sièges, est l'une des deux chambres du Parlement. Avec l'Assemblée nationale, il concentre le pouvoir législatif, c'est-à-dire le vote et la proposition de lois. Comme au palais Bourbon, les 348 sénateurs sont répartis au sein de commissions permanentes telles que les Affaires économiques ou les Affaires sociales mais n'ont pas la primeur dans l'adoption des lois. En cas de désaccord avec leurs homologues députés, les sénateurs sont contraints de céder.

Qui est concerné ?

Ces élections sénatoriales concernent 171 sièges, soit environ un sur deux. Au choix, tous les sénateurs issus des départements d'Île-de-France ainsi que ceux allant, dans l'ordre minéralogique, de l'Indre-et-Loire (37) aux Pyrénées-Orientales (66) remettront leur mandat en jeu ou quitteront leurs fonctions. Les départements de la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie et Saint-Pierre-et-Miquelon verront, eux aussi, leurs sénateurs renouvelés. Le même sort est réservé aux six sièges des Français hors de France. Les candidats aux élections sénatoriales devront déposer leurs candidatures avant le 8 septembre.

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À l'inverse, en 2014, lors des dernières élections sénatoriales, les autres départements (de l'Ain à l'Indre et du Bas-Rhin au Territoire-de-Belfort) étaient en première ligne.

Comment sont-ils élus ?

Les sénateurs sont élus au scrutin majoritaire à deux tours dans les départements représentés au maximum par trois sénateurs. Dans ces cas-là, un second tour est donc nécessaire si un binôme titulaire-suppléant n'obtient pas plus de 50% des voix au premier tour.

En revanche, dans les départements de quatre sénateurs ou plus, ils sont élus à la représentation proportionnelle. Les partis doivent présenter une liste alternant homme et femme. Seule condition pour être candidat : être âgé d'au moins de 24 ans.

Qui les élit ?

Contrairement aux députés, les sénateurs ne sont pas élus directement par les Français. Il s'agit d'un suffrage universel indirect. En clair, ce sont notamment les élus municipaux, départementaux et régionaux, réunis dans un collège d'environ 75.000 grands électeurs, qui vont être sollicités pour ce scrutin.

Les sénateurs représentant les Français établis hors de France sont élus par les députés et sénateurs des Français de l'étranger, ainsi que par les conseillers et délégués des consulats.

Quels enjeux politiques ?

Depuis son accession à l'Élysée, c'est le premier test électoral grandeur nature pour Emmanuel Macron. Après un été des plus compliqués et une rentrée sociale qui s'annonce agitée pour le président et le gouvernement, La République En Marche, qui compte actuellement 29 sénateurs dans ses rangs, a annoncé la couleur. Pour le parti majoritaire à l'Assemblée nationale, la messe est dite : "Il n'y aura pas de raz-de-marée" La République En Marche aux sénatoriales.

La prédiction est signée Christophe Castaner, secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, également porte-parole du gouvernement. "On sait très bien que la base électorale n'est pas la nôtre. Ce ne sont pas les Français qui votent, ce sont des gens qui ont été élus avec des références qui sont celles du temps d'avant", analysait-il à la fin du mois d'août sur BFMTV.

Si Les Républicains, majoritaires depuis 2014, jouent leur leadership, ces élections sénatoriales sont cruciales pour le Parti socialiste mais aussi pour les écologistes et les communistes, dont le nombre de sièges pourrait être réduit à peau de chagrin. Pour rappel, un groupe parlementaire peut voir le jour au Sénat s'il est composé d'au moins dix élus.

Le Sénat, chasse gardée de la droite

Les élections sénatoriales sont organisées tous les trois ans dans l'Hexagone. Historiquement, la droite est hégémonique dans l'Hémicycle du palais du Luxembourg. Au 6 septembre 2017, 142 sénateurs sont encartés ou apparentés au groupe Les Républicains contre 86 pour le groupe socialiste et 29 pour le jeune groupe La République En Marche, créé dans la foulée de l'élection présidentielle.

La gauche avait arraché une victoire historique en 2011 - une première depuis l'après-guerre -, après avoir raflé la quasi-totalité des élections intermédiaires (municipales en 2008, régionales en 2010 et cantonales, appelées aujourd'hui départementales, en 2011). Le socialiste Jean-Pierre Bel avait alors présidé l'institution jusqu'en 2014, date à laquelle la droite - avec Gérard Larcher à sa tête - avait repris le pouvoir. L'élu, qui a débuté sa carrière à Rambouillet en 1983, avait déjà présidé les débats de la chambre haute entre 2008 et 2011.

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