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Séisme à droite avec la vague François Fillon

REPLAY - Largement en tête au premier tour de la primaire, l'ancien Premier ministre a coulé les ambitions de Nicolas Sarkozy.

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Séisme à droite avec la vague François Fillon Crédit Image : Eric FEFERBERG / POOL / AFP | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

La France n'est pas prête et pourtant elle n'est pas à l'abri, et ça pourrait lui coûter cher. C'est bien de séisme dont on parle, pas de séisme politique, ça ce sera plus tard, non le séisme le vrai, celui qui fait trembler la terre. Le Parisien-Aujourd'hui en France publie ce matin une étude qui estime que la France n'est pas préparée à un tremblement de terre. Le bureau de recherche géologique et minière a évalué la facture potentielle en s'appuyant sur les séismes les plus forts survenus chez nous. Qui se souvient qu'en 1909 un séisme de 8,5 avait secoué la Provence et fait 46 morts à Lambesc ? C'est dans les Pyrénées que la facture serait la plus élevée, si un séisme de l'ampleur de celui de 1660 survenu à Bagnères-de-Bigorre devait se produire aujourd'hui, il causerait de 5 à 8 milliards d'euros de dégâts. Le but de cette étude est d'alerter les élus locaux pour qu'ils stoppent les constructions sur les terrains les plus vulnérables.

Fillon, "la victoire de la droite tranquille"

L'autre séisme du jour est politique. Les éléments se déchaînent à la une de la presse ce matin. "Le raz-de-marée François Fillon" en une du Courrier Picard, de Presse Océan et du Populaire du Centre, "la vague Fillon coule Sarkozy" en une de L'Ardennais, "la tornade Fillon emporte tout sur son passage" en une de la Charente Libre, "la déferlante" en une du Figaro. Et les éditorialistes de s'interroger : de quoi la victoire écrasante de l'ancien Premier ministre est elle le nom ? "Un vote anti-Sarkozy ne suffit pas à expliquer ce résultat", écrit Stéphane Albouy dans Le Parisien, car dans ce cas les scrutins se seraient reportés plus massivement sur Juppé.

Non ce 20 novembre, les électeurs ont choisi un homme dont le discours ne varie pas depuis des années. "C'est la victoire de la droite tranquille", explique Alexis Brézet dans Le Figaro. François Fillon a su s’installer aussi sur les thèmes "conservateurs" qui ont le vent en poupe à droite. Son autorité sereine dans les débats télévisés a fait le reste. L'Opinion rappelle la fameuse réaction de François Mitterrand. "Quelle histoire, mais quelle histoire", avait laissé échapper Mitterrand en apprenant  la victoire de Chirac en 95, Chirac revenu de nulle part et qui avait signé une incroyable remontée face à Balladur le grand favori. L'histoire se répète. Dans Les Échos, Cécile Cornudet utilise la même formule qu'Alba Ventura ce matin sur RTL. "C'est la revanche du collaborateur", et il "n'y a pas plus belle revanche pour François Fillon que de la prendre sur celui qui avait transformé leur couple exécutif, en un permanent supplice vexatoire". C'est, dit autrement par Laurent Joffrin, dans Libération, "le clown blanc a eu raison de l'auguste".

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Une "humiliation" pour Sarkozy

L'élimination de Nicolas Sarkozy, autre séisme de ce premier tour. "Plus qu'une élimination, c'est une humiliation", écrit Michel Urvoy dans Ouest-France. On savait que cette primaire serait un référendum pour ou contre l'ancien président, elle l'a été au-delà de ce qui avait été imaginé. Ébloui par la ferveur de son premier cercle, Nicolas Sarkozy n'a pas mesuré le degré de rejet de son propre camp. "La honte de sa vie", écrit Jean-Claude Soulery dans La Dépêche du Midi. "Au revoir président", ironise en une Libération, champagne façon pub pour le loto. "Il n'a pas vu venir la dynamique Fillon", écrit Marion Mourgue dans Le Figaro, mais surtout Sarkozy estimait qu'il était le plus en résonance avec le mood de la société française, les polémiques sur nos ancêtres les gaulois ou sur la double ration de frite à la cantine l'étonnaient voire l'amusaient. Elles reflétaient selon lui la bien pensance et les débats interdits, mais elles ont aussi réveillé l'anti-sarkozysme.

Résultat, c'est "la retraite à 62 ans", s'amuse Alain Aufray dans Libération tandis que Laurent Joffrin jubile : "Sarkozy karchérisé". S'est-il réellement retiré de la vie politique ?  "Des collaborateurs en pleurs, un candidat qui embrasse et console disent mieux que tous les mots la fin d'un parcours", écrit Mathieu Gouar dans Le Monde de cet après-midi. "Personne n'a d'ailleurs jugé utile de demander s'il fallait annuler le grand meeting prévu ce soir à Troyes chez François Baroin". Carla bruni était en larmes. "Quelquefois les meilleurs perdent , bravo mon amour je suis fière de toi", a-t-elle écrit cette nuit sur son compte Instagram.

"Une leçon pour tout le monde"

Et maintenant ? Après un séisme, on guette les répliques. Et quand la terre tremble il y a des fissures. "Juppé s'effrite", titre Le Figaro, sans que l'on sache s'ils l'ont fait exprès. Qui sont les autres perdants ? François Hollande affirme Nicolas Beytout dans L'Opinion pour qui "quatre millions de Français" ont voté "pour enclencher l'alternance et priver le président de celui qu'il croyait être un adversaire à sa portée". "La fin du sarkozysme appelle la fin du hollandisme",  assène Jean-Louis Hervois de La Charente Libre.

"Ce qui s'est passé ce dimanche est aussi une leçon pour tout le monde", écrit Anne Sinclair sur le Huffington Post. "On n'imposera plus, sauf au Front national et encore, la candidature d'un chef incontesté". "Nicolas Sarkozy est l'exemple d'un monde d'hier dont les Français ne veulent plus. François Hollande va devoir mesurer s'il peut encore incarner le monde de demain. S'il veut se représenter, il va lui falloir des talents de magicien, d'anesthésiste, d'euphorisant, pour repeindre en 'ça va mieux' une France qui dit de mille manières que 'ça ne va plus'". D'autres séismes sont à venir, mais on est peut-être mieux préparés à ceux-là...

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2016-11-21 09:57:14
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